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Schneider Electric déplore les faibles marges de négociation avec la SNCF

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Les marges de négo sont faibles pour un acheteur travel face à un opérateur monopolistique. Même si la ponctualité des trains est meilleure, l'accès à des tarifs avantageux et plus transparents demeure une exigence forte. Le point de vue Tina Ple-Errigo, acheteuse travel chez Schneider Electric.

Schneider Electric déplore les faibles marges de négociation avec la SNCF

Quel regard portez-vous sur l'offre de la SNCF en direction des voyageurs d'affaires ?

La SNCF est aujourd'hui un fournisseur monopolistique. Les leviers de négociation restent donc très limités, et comme tout acheteur, je le regrette. Néanmoins, il faut reconnaître que la SNCF a évolué sur le sujet, car lorsqu'on se projette dix ans en arrière, 0 + 0 faisait 0. Depuis, un certain nombre de choses ont été faites sur le plan des tarifs corporates et de l'incentive en fin d'année, mais c'est encore insuffisant. J'ajouterais que l'offre en direction des voyageurs d'affaires est complexe car il y a un doux amalgame entre les tarifs loisirs, pleins tarifs et Prem's. Résultat, nos voyageurs ne savent jamais s'ils vont pouvoir échanger leur billet ou se les faire rembourser. En revanche, le service d'échanges par téléphone de la SNCF est rapide, précis et économique si l'on compare avec l'agence qui prend des frais pour tout changement.

Pour ce qui est de la ponctualité, les choses se sont nettement améliorées sur le TGV. En revanche, sur les TER, il y a encore des progrès à faire. Côté services à bord, le rapport qualité-prix du service de restauration n'est pas toujours optimum. Certains voyageurs nous disent même regretter l'ancien prestataire de restauration. Il y a enfin un sujet qu'on sera un jour amené à aborder avec la SNCF, c'est la sécurité à bord des trains. Les entreprises sont, en effet, de plus en plus responsables de la sécurité de leurs collaborateurs et c'est devenu un véritable enjeu. Sujet que la SNCF travaille déjà, notamment par la vérification du titre de transport avant la montée dans le train dans certaines gares.

Comment son offre devrait évoluer selon vous ?

Sur le plan tarifaire, j'aimerais que nos voyageurs d'affaires aient encore plus d'accessibilité aux tarifs pas chers. Les billets iDTGV ne sont toujours pas disponibles en agence, et encore moins dans les OBT. Je souhaiterais aussi que les Pleins Tarifs Pro et les détenteurs d'une carte d'abonnement puissent être remboursés lorsqu'ils ont manqué leur train, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Que ce système soit applicable sur les tarifs réduits, je peux comprendre. Sur les tarifs corporates que vous payez au prix fort, ce n'est pas normal. Dans l'aérien, cela ne fonctionne pas comme cela. Même les tarifs flexibles sont remboursables intégralement. Je finirais par une doléance un peu plus spécifique à Schneider Electric. Nous aimerions disposer d'un salon Grand Voyageur en gare de Grenoble, la ligne Paris-Grenoble générant à elle seule 40 % de nos volumes domestiques sur le train.

Comment opérez-vous l'arbitrage entre le rail et l'aérien ?

Chez nous, c'est très simple. Depuis plus de dix ans, dès lors qu'un trajet prend moins de 3:30 en train, l'avion est interdit. Et lorsque c'est le cas, nous sommes intraitables, car notre OBT n'affiche même pas les propositions aériennes. Tant et si bien qu'aujourd'hui, au départ de Paris, nous n'utilisons plus que les lignes Paris/Nice, Paris/Toulouse et Paris/Montpellier, surtout depuis que la gare TGV est en travaux. Nous avons malgré tout encore de gros volumes sur des lignes transversales comme Lyon/Bordeaux ou Lyon/Nice sur lesquelles nous privilégions les compagnies low cost, dès lors qu'elles sont présentes.

Schneider Electric
CA 2012 : 23,9 milliards d'euros
CA prévisionnel : NC
Résultat net 2012 : 2 023 M€
Effectif : 130 000 collaborateurs
Volume achats : Environ 50% du CA