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RSE et travel policy font-elles bon ménage?

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Longtemps inexistante dans les débats liés au voyage d'affaires et au travel management pour des raisons de coûts, la RSE semble désormais y prendre peu à peu une vraie place.

RSE et travel policy font-elles bon ménage?

La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) est "la contribution des entreprises aux enjeux du développement durable". Plus généralement, elle consiste à intégrer aux activités professionnelles les impacts sociaux et environnementaux visant à l'amélioration de la société et à la protection de l'environnement. Longtemps, cet aspect RSE a été réduit au minimum, voire occulté dans les politiques voyages car jugé trop coûteux, contraignant et bien loin des préoccupations majeures, portées davantage sur l'aspect économique. Néanmoins, certains facteurs comme le renforcement de la responsabilité de l'entreprise sur le plan légal, la sécurité des voyageurs de plus en plus mise à mal, ou encore la prise de conscience collective en matière d'écologie sont autant de raisons expliquant l'inversement progressif de cette tendance. Car, dans les faits, développement durable et optimisation des coûts peuvent être deux notions compatibles, grâce notamment à l'essor de la techno­logie.

Promouvoir la RSE dans sa travel policy

Dans le cadre d'une politique voyages, le sujet RSE peut être abordé de manière incitative ou obligatoire. Cette dernière est néanmoins minoritaire, s'apparentant davantage au recours systématique à un prestataire référencé ayant intégré la problématique du développement durable à ses activités ou au canal on line. Rendre automatique cette méthode de réservation a clairement son importance en termes de respect de politique RSE via la culpabilité visuelle (consommation de CO2 affichée sur la page de résultats), la responsabilisation des managers, l'accès à un reporting consolidé et la géo­localisation des voyageurs.

Certaines actions peuvent être mises en place en interne afin d'opérer ce tournant sociétal et environnemental de manière efficace, tant au niveau collectif qu'individuel et sur des domaines qui concernent l'aspect mobilité dans son ensemble. Une attention particulière sera portée à la communication et à l'éducation des collaborateurs, qu'ils soient opérationnels ou décisionnels. Même si l'impact en termes sociétal et environnemental peut sembler minime, cela prouve la volonté du prescripteur de s'inscrire dans une démarche responsable consistant, en premier lieu, à déterminer les solutions alternatives au déplacement. Le déplacement revêt-il un caractère obligatoire et, si la réponse est négative, peut-on y substituer un moyen audiovisuel ? Dans le même ordre d'idée, les transports en commun ou l'autopartage sont à préférer aux autres moyens de locomotion. Des objectifs évidemment favorisés par des outils de réservation en ligne qui ne cessent de s'inscrire dans des logiques de "door-to-door".

En matière de sécurité, l'accent doit être mis sur l'information et la prévention, tant au niveau de la protection des personnes que des données. Un certain nombre de conseils sont à distiller, comme les comportements à tenir à l'étranger, la consultation en amont du voyage des fiches pays ou encore les contacts et procédures en cas d'urgence.

Par Christophe Drezet, consultant au sein du cabinet de conseil Epsa, spécialisé dans les achats
hors production, et -notamment les voyages d'affaires.