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« Le panel fournisseurs est mieux maîtrisé et les accords-cadres sont respectés »

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Pour optimiser ses achats d'intérim, Eiffage vient d'investir dans un outil de dématérialisation. Retour d'expérience avec Nicolas Rigot, responsable de l'intérim au sein de la direction de la coordination des achats du groupe de BTP.

Nicolas Rigot, Eiffage

Nicolas Rigot, Eiffage

Quels process avez-vous mis en place pour vos achats d’intérim ?

Nicolas Rigot : Historiquement, nos clients internes sur les chantiers passaient leurs commandes par téléphone, fax ou e-mail, avec un principe de base à respecter : 100 % des intérimaires devaient émaner de fournisseurs référencés, avec un objectif de 80 % de contrats nationaux et 20 % de contrats régionaux, laissés à l’appréciation des responsables achats régionaux afin de couvrir leurs besoins spécifiques et de recourir à des prestataires locaux. Pour mieux maîtriser nos dépenses sur cette famille d’achats, la direction générale a décidé de mettre en place un outil de gestion de l’intérim dans le cadre de la refonte du SIRH. RH et achats ont travaillé en binôme pour sélectionner puis mettre en œuvre cet outil baptisé “Sextant intérim”. Il permet à nos clients internes de préciser leurs demandes sur une interface web sécurisée, demandes qui sont ensuite automatiquement transmises à une liste d’agences de travail temporaire qui ont toutes été référencées dans le cadre de nos contrats nationaux et régionaux. Aujourd’hui, Sextant intérim est déployé à 75 %, le déploiement devant s’achever en juin 2013.

Quelles sont les principales vertus de ce type de logiciel ?

D’un point de vue opérationnel, l’outil assure la dématérialisation de l’ensemble du cycle de gestion d’une mission : de l’envoi de la demande aux ETT (entreprise de travail temporaire), jusqu’à la préfacturation, en passant par le renseignement des bordereaux horaires et la signature électronique du contrat par les différentes parties. Le premier avantage est donc la maîtrise du process intérim dans les 500 établissements du groupe Eiffage. C’est également un moyen efficace de limiter les risques en ne consultant que les fournisseurs du panel. Enfin, cela permet à tous nos partenaires référencés de mettre en avant leurs viviers et leur réactivité, car nous interrogeons systématiquement quatre ou cinq agences pour chaque besoin. D’un point de vue achats, l’intérêt réside dans une meilleure maîtrise de notre panel fournisseurs, mais aussi dans le contrôle des conditions de prix et de services négociés dans nos accords cadres.

Quelles sont les prochaines pistes d’optimisation sur l’achat d’intérim ?

L’optimisation passera par l’exploitation des datas issues de Sextant intérim. Nous serons capables de juger de la qualité de services de nos ETT référencées, de veiller au développement de l’intérim d’insertion, mais également de développer la délégation de travailleurs handicapés. L’optimisation des coûts représentant, elle, une part minime dans une famille aujourd’hui mature chez Eiffage, nous allons continuer à améliorer notre panel de fournisseurs.

En matière d’achats d’intérim, quelles sont les erreurs à ne pas commettre ?

La première erreur est de concentrer toute son énergie sur les coûts. À vouloir trop faire baisser les prix, nous nous retrouvons avec des fournisseurs ne répondant plus à nos demandes, et donc avec les plus beaux accords-cadres du monde, mais avec un taux d’adhésion quasi nul. L’accord parfait est celui qui satisfait à la fois le client interne, l’ETT et l’acheteur. Et c’est possible ! Enfin, il faut être vigilant sur les nombreuses entreprises qui sont en mesure de vous proposer de la main-d’œuvre étrangère. Ceci n’est pas illégal, mais il y a beaucoup de règles à respecter afin d’éviter les risques pour l’entreprise. Mon conseil est, si le besoin existe, de s’appuyer sur les majors du travail temporaire pour couvrir ce genre de besoins.