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Le groupe Chèque Déjeuner fait des économies en "hybridant" sa flotte auto

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Le groupe Chèque Déjeuner s'est engagé dans une démarche RSE qui l'a conduit à réviser la gestion de sa flotte et à verdir sa "car policy", en optant notamment pour des motorisations hybrides. Le point avec Pascal Amico, directeur achats, immobilier et services ­généraux de Chèque Déjeuner.

Le groupe Chèque Déjeuner fait des économies en 'hybridant' sa flotte auto

Sur quels fondements repose votre "car policy" ?

Pascal Amico : Notre travail s'inscrit dans le cadre de la démarche RSE du groupe. Il porte sur les produits mais aussi sur l'impact environnemental du siège social. La démarche ne se limite pas aux émissions de CO2. La flotte étant composée de plus de 220 véhicules, il était donc naturel de se pencher aussi sur la gestion en revoyant notre "car policy".

Quelles actions avez-vous mis en place pour cela et quelles sont les modalités de la nouvelle "car policy" ?

Nous avons d'abord réalisé un diagnostic de la flotte. Celui-ci a révélé que nous disposions d'un parc très disparate avec six catégories d'attribution de véhicules suivant le niveau hiérarchique du collaborateur et le budget alloué. Aucune contrainte n'était imposée, si ce n'est de choisir une marque française et un véhicule disposant d'un niveau minimum de sécurité. Résultat : plus de quarante modèles différents composaient le parc. Nous avons donc totalement revu la "car policy" en travaillant sur des critères d'attribution des véhicules selon les populations et les budgets. Les catégories ­d'attribution sont passées de six à quatre : les voitures de société pour les commerciaux (avec un budget maximum de 17 000 € HT(1)), les berlines compactes dédiées aux commerciaux seniors et aux jeunes cadres (24 500 € TTC), les berlines ou monospaces pour le management intermédiaire (29 500 € TTC), les berlines pour les cadres supérieurs (32 500 € TTC) et un modèle hors catégorie pour les membres du comité de direction et du conseil d'administration (avec un budget validé annuellement). Une seule dérogation est accordée aux cadres pères/mères de famille nombreuse avec le choix possible d'un véhicule sept places. Nous disposons désormais de sept véhicules dans notre catalogue au lieu de 40 précédemment. Le confort et les moteurs hybrides sont privilégiés. Mais ce choix d'optimisation s'accompagne d'une contrainte : les utilisateurs ne sont plus libres de choisir leurs modèles.

Comment avez-vous assuré la conduite du changement auprès des utilisateurs ?

La qualité des véhicules proposés est supérieure, elle apporte donc davantage de satisfaction aux collaborateurs. Par exemple, dans la catégorie des voitures de société, nous avons opté pour la Peugeot 208 (cinq portes, deux places) finition confort, pack clim et motorisation EHDI 92. Ce modèle confortable et sécurisant a reçu un très bon accueil auprès des 70 commerciaux y ayant droit. Les 3008 et 507 hybrides séduisent également leurs utilisateurs. Nous n'avons pas eu de mal à emporter leur adhésion, d'autant que l'exécutif a montré l'exemple en acceptant un seul véhicule, la DS5 hybride, fleuron de l'industrie automobile française.

Quels sont vos objectifs ?

L'objectif est de diminuer l'empreinte CO2 du parc de 10 % par an et ce, dans les meilleurs délais. Suivant la politique RSE de l'entreprise et compte tenu des faibles écarts en termes de coûts (les véhicules hybrides sont 5 à 10 % plus coûteux que les autres motorisations sur la base d'une comparaison en coûts complets, hors ­carburant), nous avons décidé de faire basculer la flotte vers des motorisations hybrides lorsque les constructeurs les ­proposaient dans les catégories que nous avons retenues. Ainsi, notre objectif est de disposer d'un parc comptant plus de 50 % de véhicules à motorisation hybride avant la fin de l'année. Pour autant, grâce aux négociations que nous avons menées, nous avons obtenu un prix de loyer inférieur à celui que nous supportions en 2012. Nous sommes dans une démarche efficace d'optimisation des coûts tout en privilégiant la réduction de notre empreinte carbone.

Le saviez-vous ?

A l'occasion de la 5ème édition des Trophées Arval " Environnement & Sécurité " , le groupe Chèque Déjeuner a remporté le Trophée " Green Car Policy ". Ce trophée est venu récompenser la meilleure initiative en termes de choix des véhicules composant une flotte (véhicules essence ou diesel faiblement émetteurs de CO2, véhicules alternatifs de type GNV, hybrides, biocarburants...).

Quels sont les résultats ?

Cette politique a été mise en place en ­février 2013. Les premières commandes de véhicules ont été passées en avril, ­sachant que nous passons deux commandes par an et que nous renouvelons 60 à 70 véhicules chaque année. Les motorisations hybrides émettent en moyenne 88 grammes de CO2 au km. À titre de comparaison, le taux précédemment constaté était de l'ordre de 125 g/km. Grâce aux 80 véhicules hybrides de notre flotte, qui émettent 30 % de CO2 en moins, nous misons sur une réduction d'un peu plus de 10 % par an.

Comment avez-vous négocié avec vos fournisseurs, constructeurs et loueurs ?

Nous avons sollicité les constructeurs nationaux et européens (Opel, Fiat, ­Volkswagen, PSA et Renault) sans faire appel aux marques premium. Nous souhaitions nous faire accompagner par les constructeurs dans le choix des modèles et par des prestataires de LLD pour la phase de chiffrage. Le parc est loué à 99,9 %. Nous avons demandé aux loueurs d'établir leur proposition en considérant le couple "durée de location/km". Après une étude sur la durée de location, il s'est avéré qu'une durée de 36 mois constituait l'option la plus pertinente, plutôt que 48.

Puis nous avons comparé des modèles dont le prix d'achat catalogue avant remise était quasi identique. Une marque est ressortie de manière significative dans l'optimisation de la tarification locative avec le concours d'Arval. Il s'agit de Peugeot. L'arbitrage suivant a porté sur le niveau de confort que nous avons pu rehausser grâce aux économies obtenues par les négociations sur les remises des constructeurs, associées à l'optimisation des loyers par Arval.

Pour autant, nous n'avons pas souhaité entrer dans une relation d'exclusivité avec une marque afin de rester flexible et de pouvoir revoir nos choix chaque année, à la faveur des innovations et des remises consenties par les constructeurs. Nous attendons ainsi la livraison de notre ­premier véhicule électrique : la Zoé de Renault, achetée à titre exceptionnel.

À combien se montent les économies ­ainsi réalisées en termes de coûts ?

L'optimisation économique annuelle ­devrait être de l'ordre de 90 000 à 100 000 euros sur la totalité des loyers. Cette économie, de l'ordre de 10 %, aurait pu être supérieure si nous n'avions pas opté pour des véhicules propres et apportant davantage de confort et de sécurité aux conducteurs. Grâce à cette stratégie, nous allons également réaliser des économies de carburant, que nous n'avons pas prises en compte dans le calcul initial.

(1) La TVA pouvant être récupérée sur les véhicules de société, le budget communiqué est HT, contrairement aux berlines, assimilées à des véhicules de tourisme, pour lesquels la TVA n'est pas récupérable.

Retrouvez cette interview et d'autres articles sur le fleet management dans notre supplément Auto à paraître au mois de novembre avec DA 169.