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L'entretien automobile, un enjeu financier à bien évaluer

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Même si le poste entretien ne représente en moyenne "que" de 10 à 15 % du TCO d'une flotte auto, il n'est pas inutile de travailler sa marge de rentabilité. Focus sur les pistes à la disposition des acteurs publics.

L'entretien automobile, un enjeu financier à bien évaluer

La lecture du manuel d'entretien d'un constructeur automobile peut certes être considérée comme du b.a.-ba, pourtant, inciter les conducteurs à s'y reporter est loin d'être inutile. " Il contient par exemple le rappel des contrôles obligatoires déterminés par le constructeur, en fonction de la durée de vie ou du kilométrage du véhicule ", rappelle Bruno Ricci, responsable commercial chez LeasePlan. Au-delà des préconisations données par le constructeur, les besoins d'entretien sont liés à l'usage qui est fait du véhicule et aux pannes occasionnelles (bris de glace, carrosserie froissée, etc.).

Le boîtier électronique sous-exploité

" La difficulté majeure d'un entretien efficace se situe souvent au niveau du suivi et des alertes à déclencher, tant côté loueur que côté client ", explique Gérald de Chalonge, directeur commercial chez Athlon Car Lease. Pour que ces alertes soient lancées en temps voulu, l'équipement du véhicule avec un boîtier électronique capable de remonter les kilomètres parcourus s'avère indispensable. Or, le taux d'équipement reste assez faible (moins de 20 %) en raison de son coût (entre 15 et 20 euros par mois par véhicule). S'ajoute à cela une barrière mentale ou culturelle : certains conducteurs assimilent ce boîtier à du "flicage". Néanmoins, optimiser son entretien, ce n'est pas juste faire une remontée du kilométrage parcouru pour effectuer la maintenance requise au fil du temps : c'est aussi exploiter les données relatives aux conditions d'utilisation des véhicules. " Connaître le comportement au volant permet, le cas échéant, de corriger la conduite afin de minimiser l'usure des véhicules ", confirme Bruno Ricci.

Une fiabilité des véhicules accrue

Différents leviers peuvent être actionnés pour optimiser l'entretien de sa flotte, à commencer par le mode de gestion choisi. En effet, une collectivité ou un organisme public peut choisir d'acheter ses véhicules (via éventuellement un financement) en s'appuyant sur le remboursement des frais kilométriques. Les coûts d'entretien seront donc absorbés en fonction des coûts de détention.

Or, avec la fiabilité accrue des véhicules (qui arrivent à dépasser les 200 000 km sans difficulté majeure), le coût de cette maintenance devient intéressant. Opter pour une location longue durée (LLD) exige de budgétiser son entretien, présenté alors comme une prestation. " L'avantage de la LLD est de faciliter la gestion de l'entretien. En revanche, les coûts d'entretien seront plus élevés ", explique Maxime Sartorius, dirigeant de Direct Fleet, société spécialisée en gestion de parcs automobiles.

Autre option, celle qui consiste à externaliser l'entretien via des réseaux de réparation au lieu de déléguer la maintenance à son loueur. Il n'est pas rare en effet de voir une collectivité ou une entreprise publique traiter directement avec des réseaux de centres automobiles spécialisés et réaliser des gains estimés entre 20 et 30 %. Il ne faut pas non plus négliger la question de la durée de détention. Un renouvellement annuel du parc supprime quasiment l'entretien, mais nécessite la prise en compte du coût correspondant.

Attention aux modèles et aux frais de ­restitution

Bien choisir son véhicule permet également d'en optimiser l'entretien. En effet, certains modèles possèdent des défauts chroniques référencés par les ­constructeurs. De même, les pièces détachées peuvent présenter un grand écart de prix d'une marque à une autre. Soit dit en passant, les voitures françaises sont connues pour être moins chères en pièces et main-d'oeuvre que leurs voisines allemandes.

Autre point de vigilance, les frais de remise en état lors des contrats établis avec les LLD. Ces frais ne sont en effet pas pris en compte dans le loyer, et oscillent entre 400 et 500 euros par véhicule restitué. " Il s'agit d'une facturation supplémentaire, encore trop rarement anticipée par les gestionnaires de parcs ", souligne Maxime Sartorius. Les loueurs proposent parfois des solutions pour les anticiper et les lisser. " Il est également possible d'établir périodiquement un état des lieux des véhicules en cours de contrat ", précise Hervé Trosset, président d'Elat, loueur longue durée. Renégocier avec le loueur les conditions spécifiques de valorisation des frais de restitution constitue aussi une option bonne à étudier.

Enfin, optimiser son entretien nécessite d'être outillé pour le faire. Si le véhicule est loué, les loueurs mettent à la disposition des gestionnaires de parcs des outils logiciels pour le gérer. Les conducteurs peuvent également y accéder afin d'obtenir des infos sur leurs véhicules, les prestations souscrites par sa société, le niveau d'entretien, etc. Si le véhicule a été acheté, les gestionnaires de parc disposent de deux solutions principales, SIP2 édité par Infoparc ou Winflotte par Delta Tech. Au final, les gestionnaires disposent d'une multitude de moyens pour faire de l'entretien un réel facteur d'optimisation de leur flotte !