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"Le Facility Management gagne du terrain, c'est inéluctable"

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Responsable projet achats de la Fédération des établissements hospitaliers et d'aide à la personne (Fehap), et professeur de Facility Management au Desma de l'IAE de Grenoble, Véronique Chasse décrypte les résultats de l'enquête Deloitte/Arseg sur l'externalisation de l'environnement de travail.

Véronique Chasse

Véronique Chasse

Que vous inspirent les résultats de l'enquête publiée par Deloitte et l’Arseg sur l'externalisation de l'environnement de travail ?

Véronique Chasse : Cette étude confirme que les entreprises ont gagné en maturité et qu'elles se posent aujourd'hui les bonnes questions, notamment en matière de stratégie. Il y a une quinzaine d'années, on avait tendance à considérer de manière un peu linéaire que l'externalisation était LA solution. Aujourd'hui, la question n'est plus de savoir s'il faut externaliser ou pas, mais comment mieux externaliser, quelles sont les limites de l'externalisation, le niveau de sécurité à respecter… Dans ce type de démarche, vous ne pouvez pas faire l'économie de l'analyse des besoins, ni de l’analyse des process et de l’organisation. Vous êtes obligés de vous poser les bonnes questions et d'y apporter des réponses. Ce qui suppose de décliner une véritable méthodologie et de travailler en mode projet afin d'identifier les processus à déployer.

Et de trancher entre les différentes approches possibles…

Tout à fait. Il me semble d’ailleurs que sur ce point, les entreprises commencent par privilégier le modèle multi-technique pour des prestations « affectives » comme la restauration, pour s'orienter ensuite progressivement vers le Facility Management. Ceci étant dit, il faut toujours remettre cela en perspective avec la stratégie de l'entreprise. Si l’on s'oriente vers l'externalisation pour des raisons économiques ou qualitatives, il peut aussi y avoir des motivations ad hoc propres à chaque organisation. On peut en effet envisager l’externalisation comme un chemin vers la maturité des organisations.

Dans ce contexte, on peut comprendre que 85 % des entreprises ait souhaité conserver une direction interne pour couvrir les fonctions liées à l'environnement de travail ?

Effectivement, car cela renvoie à la maîtrise de l'externalisation. Ceci étant dit, dans 10 ou 15 ans, les entreprises arriveront peut-être à se passer de ces directions internes pour s'orienter vers des systèmes d'outsourcing plus élargis. Tout dépendra de l'évolution des acteurs en termes de maturité.

Est-ce que les résultats de cette étude corroborent ce qui a été mis en place dans vos établissements ?

Oui car nos 3 700 adhérents ont de plus en plus recours à l'externalisation. Et pour rebondir sur ce que je viens de dire, ils commencent eux aussi en général par le multitechnique, ce qui ne les empêchent pas d'avoir des contrats de sous-traitance pour le nettoyage ou la restauration. Et comme la plupart des entreprises, nos établissements s'orientent vers l’externalisation essentiellement pour des raisons économiques, les établissements hospitaliers traversant une mauvaise passe budgétaire.

Quels sont les activités les plus externalisées ?

Tout ce qui touche au multitechnique, à l'hôtellerie, la restauration, la blanchisserie et le nettoyage. Mais petit à petit, le Facility Management gagne du terrain, et cette évolution me semble inéluctable car nos établissements doivent se recentrer sur leur cœur de métier et se professionnaliser dans leur manière de gérer l'environnement de travail. Or, l’outsourcing constitue une bonne manière de répondre à cet enjeu de professionnalisation des organisations.