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La norme HQE vise l'international

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L'organisme Certivéa, en lien avec l'association HQE, a officiellement lancé la norme Haute qualité environnementale (HQE) à l'international le 7 juin 2012, à Bruxelles. L'objectif : étendre la prise en compte des bâtiments durables à l'échelle mondiale et harmoniser une réglementation existante.

L'immeuble Eolis (Bruxelles, Belgique) certifié HQE.[CB Richard Ellis Investors Arch. Assar Architects].

© Siebert Milosz

L'immeuble Eolis (Bruxelles, Belgique) certifié HQE.[CB Richard Ellis Investors Arch. Assar Architects].

« La Belgique lance un nouveau projet de loi sur la certification durable des bâtiments publics », annonce Ismaël Daoud, conseiller d’Évelyne Huytebroeck, ministre bruxelloise de l’Environnement, de l’Énergie et de la Rénovation urbaine, en prélude à la conférence de presse sur le lancement de la norme HQE à l’international par l’organisme spécialisé dans la certification des bâtiments en construction Certivéa, en lien avec l'association HQE.

Un scoop qui s’inscrit dans la réflexion sur la nécessité d’harmoniser la réglementation sur les bâtiments verts. Devant un parterre d’investisseurs en immobilier, professionnels du bâtiment et d’organismes comme Bureau Veritas, Certivéa a donc lancé sa certification HQE à l’international pour les bâtiments non résidentiels le 7 juin dernier, à Bruxelles, capitale européenne emblématique.

« Cette norme HQE à l’international est une réponse aux exigences réglementaires. Elle permettra d’améliorer les performances du bâtiment pour réduire les coûts d’exploitation, tout en valorisant l’image de marque de l’entreprise engagée dans la démarche », explique Patrick Nossent, président de Certivéa. Depuis sa création en 2006, Certivéa a ainsi certifié en France plus de 1 000 opérations, soit près de 13 millions de m² de bureaux.

Des opérations déjà certifiées au Maroc, en Allemagne et au Luxembourg

Développée depuis décembre dernier, la certification HQE à l'international a été expérimentée sur dix opérations pilotes en France, au Royaume-Uni, au Maroc, en Allemagne, au Luxembourg, en Belgique et en Italie. Citons par exemple, des opérations comme Citylights à Boulogne-Billancourt, qui a obtenu le passeport Bâtiment durable (niveau exceptionnel) pour la rénovation de 85 000 m² de bureaux.

La démarche est simplifiée par rapport aux 14 cibles qui composent la norme HQE en France. Ainsi, la norme propose une évaluation de la performance d’un ouvrage dans ses aspects environnementaux et énergétiques, mais également dans ses aspects de confort et de santé pour l’utilisateur. « Le facteur de santé des occupants n’est pas assez pris en compte en Europe, contrairement aux États-Unis », fait remarquer Jean Carassus, professeur et directeur du mastère spécialisé immobilier, bâtiment, énergie à l’École des Ponts ParisTech et auteur d’un blog dédié à l’immobilier durable. « Or, il existe un lien direct entre un immeuble vert et la productivité des salariés », souligne l'expert. Un argument qui risque de ne pas laisser de marbre les dirigeants d’entreprise. Cette certification internationale aura quatre niveaux de performance (bon, très bon, excellent et exceptionnel), contrairement aux trois niveaux précédemment requis par la norme HQE.

Une norme adaptée aux spécificités culturelles des pays

Enfin, cette certification se développera selon trois axes. Le premier géographique (de la France vers l’Europe et l’international), le second en fonction du cycle de vie du bâtiment (neuf, en exploitation ou rénové) et enfin un troisième axe basé sur l’échelle (du bâtiment au quartier vers la ville). La norme s’appuie sur une méthode de nouvelle génération compatible avec les indicateurs internationaux (type Subtainable Building Alliance, CEN TC 350). « Il n’y aura pas d’opposition entre les systèmes d’évaluation (Breeam, etc.), ni d’équivalence », précise Patrick Nossent de Certivéa, qui préfère évoquer « une prise en compte des modes de preuves ». 

Pour élargir la possibilité de certifier HQE des bâtiments à l’international, l’organisme Certivéa a décidé d’éditer un référentiel générique pour s’adapter aux contraintes et spécificités de chaque pays (notions de confort, météo, etc.). En parallèle, un partenariat est en train de se mettre en place avec Certivéa au Liban et un autre est en cours au Maroc.

Vers une “valeur verte” de l’immobilier

La question brûle les lèvres des investisseurs immobiliers présents dans la salle. Les progrès en termes d’efficacité énergétique des bâtiments engendreront-ils une décote des immeubles non verts ?

À cette interrogation, Jean Carassus (École des Ponts ParisTech) parle de “valeur verte” : « Il faut considérer deux éléments. L’existence d’une prime additionnelle pour des immeubles certifiés verts en comparaison avec des immeubles non certifiés ayant des spécificités similaires (localisation, taille, confort, etc.). Et le fait de donner une valeur inférieure à des immeubles non certifiés, en comparaison à des bâtiments certifiés ayant les mêmes spécificités. » Si les chiffres demeurent tabous quant à la plus-value réalisée par les investisseurs sur la revente ou la location d’immeubles rénovés HQE, il est légitime de se poser la question.

Retrouvez l'intégralité de la conférence de presse du lancement de la norme le 7 juin à Bruxelles ici.