Mon compte Devenir membre Newsletters

Consommation d'énergie : un enjeu à multiples facettes pour les entreprises

Publié le par

Depuis quelques années, le pilotage des consommations d'énergie dans les bâtiments tertiaires s'est imposé comme un dossier-clé sur lequel les directions immobilières et les responsables de l'environnement de travail sont attendus de pied ferme. Le point sur un chantier technique et loin d'être clos.

Consommation d'énergie : un enjeu à multiples facettes pour les entreprises

Si de plus en plus de grands comptes initient des démarches visant à réduire leurs consommations d'énergie, c'est bien sûr parce que cela génère des économies substantielles. Mais c'est aussi parce l'impact est réel sur la santé des collaborateurs et la politique de l'entreprise en matière de développement durable. " Depuis le début de l'année 2012, cette prise de conscience est même devenue une obligation légale, car tous les baux signés entre bailleurs et locataires pour les surfaces de plus de 2 000 m² doivent comporter une annexe environnementale, rappelle Patrick Nossent, président de Certivéa, l'organisme qui délivre la certification HQE Bâtiments en exploitation dans les locaux non résidentiels. Cette mesure, prise dans le cadre de la loi Grenelle 2, peut s'accompagner de contrats de performance énergétique qui imposent à l'exploitant technique de réaliser des économies d'énergie, avec un système de bonus/malus à la clé. "

Placée généralement sous la responsabilité du directeur immobilier ou du patron des services généraux, la gestion technique des bâtiments dans les grands comptes est le plus souvent sous-traitée à des facilities managers, comme Vinci Facilities, Cofely ou Dalkia. " Que le dossier soit géré en interne ou en externe, finalement peu importe, estime Patrick Nossent. Ce qui compte, c'est le professionnalisme des équipes. " Et c'est souvent là que le bât blesse pour Alfonso Ponce, directeur adjoint real estate en charge du développement durable chez Deloitte Finance. " Les bâtiments deviennent en effet de plus en plus sophistiqués en termes d'équipements et de plus en plus difficiles à opérer. Or, les équipes d'exploitation ne possèdent pas toujours toutes les compétences requises. "

Trois leviers à activer


Pour optimiser les consommations d'énergie, trois grands leviers peuvent être activés.

  • Le premier concerne la qualité intrinsèque du bâtiment. " La plupart du temps, les bâtiments récents ont été conçus avec des équipements performants et bien adaptés, souligne Alfonso Ponce. Dans les bâtiments plus anciens, il faut envisager toute une série d'actions, qui peuvent aller du déploiement d'ampoules à basse consommation jusqu'au changement des fenêtres pour limiter les déperditions de chaleur. "
  • Le second levier porte sur la qualité de l'exploitation. Avant d'engager toute démarche d'optimisation, il faut analyser l'ensemble des consommations d'énergie attachées au bâtiment : le chaud et le froid, la ventilation, l'éclairage, le transport vertical... " Il faut aussi mesurer les consommations liées à l'activité humaine comme le restaurant d'entreprise et l'informatique, complète Patrick Nossent. Ce n'est que lorsque l'on connaît parfaitement ses consommations que des plans d'amélioration sur les postes jugés prioritaires peuvent et doivent être engagés. " La plupart des informations sur les consommations sont fournies par les outils de gestion technique des bâtiments (GTB) qui équipent aujourd'hui la quasi-totalité des bâtiments récents de plus de 15 000 m². " Les GTB sont des serveurs informatiques capables de piloter le chauffage, la ventilation, la climatisation, mais aussi l'éclairage, les circulations verticales ou la vidéosurveillance, explique Pierre Duchesne, président d'Avob. Ils peuvent même automatiser la gestion d'énergie dans chaque bureau ou dans chaque open space. "

Pour centraliser leur factures énergétiques, les grands comptes qui possèdent plusieurs sites investissent dans des solutions spécialisées dans le monitoring comme Vizelia, Ubigreen ou NetSeenergy. Il existe également des logiciels, comme Building Energy Saver for BMS d'Avob, Tririga d'IBM, Smart Building Solution d'Accenture, Struxure Ware de Schneider Electric ou Panoptix de Johnson Controls, qui ont eux pour ambition d'optimiser le pilotage des consommations. " Ces outils récupèrent des flux de données dans les GTB, et pour certains dans les systèmes d'information de l'entreprise, pour les analyser avec des méthodes de calcul qui se rapprochent du big data, explique Pierre Duchesne. Ce qui leur permet de générer des algorithmes qui piloteront beaucoup plus finement la définition des températures, la gestion des consommations dans les bâtiments... "

  • Le troisième et dernier levier d'optimisation concerne le comportement des utilisateurs. " Lorsque vous expliquez aux collaborateurs comment fonctionne le bâtiment et que vous leur distribuez des petits guides pratiques dans lesquels on leur rappelle que ce n'est pas la peine de venir en hiver avec son chauffage individuel, qu'il ne faut pas ouvrir les fenêtres quand la climatisation marche, ou qu'il faut éteindre les lumières en partant le soir, vous obtenez aussi des résultats très probants ", rappelle Patrick Nossent. Les économies générées peuvent en effet être substantielles. " C'est bien simple, résume Patrick Nossent, Sur certaines rénovations spectaculaires de bâtiments, les consommations d'énergie ont été divisées par quatre. Et lorsque l'on optimise l'exploitation et les usages, vous pouvez économiser jusqu'à 30 % de consommation d'énergie. "
Pour découvrir comment SFR a réduit sa consommation énergétique en travaillant avec EDF et ses exploitants multitechniques, consultez notre édition print de septembre 2013.