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La RFID dans le viseur des responsables achats

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Promise à un bel avenir, la technologie RFID peine cependant à conquérir un large public professionnel. Le potentiel est pourtant bien réel, notamment auprès des services achats qui souhaitent contribuer à optimiser la gestion des stocks aux côtés de leurs collègues de la supply chain.

La RFID dans le viseur des responsables achats

Jusqu'à 18 000 produits identifiés à l'heure en mode RFID, contre 2 500 avec un opérateur, les performances parlent d'elles-mêmes. Pour rappel, la RFID (Radio Frequency Identification) consiste à pouvoir lire "en aveugle", à distance et sur d'importants volumes, un produit grâce à un tag (appelé aussi puce) placé sur l'objet, à l'aide d'un lecteur adéquat. Les tags peuvent être assimilés à des étiquettes susceptibles d'être "durcies", autrement dit d'être encapsulées dans un packaging pour les protéger des agressions extérieures. Côté lecteur, portique, tunnel, table de lecture ou terminal mobile cohabitent sur ce marché. Ces deux parties, hardware et software, étant pilotées par un logiciel ad hoc. D'abord utilisée dans l'industrie aéronautique et textile, la technologie RFID s'applique à de nombreux métiers à partir du moment où une problématique d'inventaire, de gestion de stocks et de supply chain est présente. Un dossier suivi de près par les responsables achats, a fortiori quand ils ont aussi la casquette de responsable de la supply chain !

Une gestion des stocks fine

Avec la mise en place d'un tunnel RFID, des dizaines de milliers d'articles sont identifiables à l'heure et à la volée, sans devoir ouvrir les contenants. En outre, la fiabilité de lecture estimée à près de 100%. À titre de comparaison, un inventaire classique de codes-barres réalisé par un opérateur ne permet de scanner que 300 à 350 articles, avec des risques d'erreurs potentielles.

Que ce soit pour les réseaux de chaînes de magasins ou pour les entreprises ayant à gérer un stock de produits, le marquage RFID donne une idée précise du stock en temps réel. Par ailleurs, des inventaires quotidiens peuvent être lancés afin d'assurer le réapprovisionnement rapide des marchandises. " Grâce à ces inventaires qui assurent la disponibilité des articles en rayons, il est possible d'augmenter son CA de 1,5 à 3 % ", affirme Jean-Christophe Lecosse, directeur général du CNRFID, association pour le développement de la RFID. Même bénéfice pour la gestion de stocks puisque la RFID, en garantissant une gestion plus fine de ces articles, permet de réduire ses lignes produits afin de réduire son espace de stockage. Un gain de place en entrepôt estimé à près de 40%. Enfin, grâce aux armoires "intelligentes" équipées de lecteurs RFID, il est possible à tout moment de savoir qui a pris quoi, depuis combien de temps, etc.

Le textile et l'aéronautique aux avant-postes

Le marquage des produits via un tag peut s'effectuer soit à la source - sur le lieu de production -, soit en mode logistique en marquage déporté sur le lieu de stockage. " Tout l'intérêt de la RFID est exploité lorsque le marquage est réalisé à la source, puisque la chaîne logistique du produit est assurée dès le départ ", précise Olivier Burah, directeur merchandise visibility de Checkpoint, spécialiste dans l'identification des produits. Même si les cas d'application sont infinis, l'industrie du textile est bien adaptée à la RFID. Que les vêtements soient pliés, sur cintre ou "en vrac", l'identification ne pose aucun problème. Des marques de grandes renommées se sont déjà lancées : Marks & Spencer, Levis, Serge Blanco notamment. De son côté, Décathlon déploie actuellement un vaste projet RFID afin d'intégrer, dès la conception de ses produits, des tags RFID. La grande distribution n'est pas restée non plus insensible à cette technologie. Grâce au marquage afin d'assurer la gestion des stocks en entrepôt, les enseignes peuvent tracer les produits (en réserve, sur le lieu de vente...), ou connaître la profondeur de stock. Enfin, dans l'aéronautique, Airbus, Eurocopter ont déjà mis en place des projets, qui leur permettent de savoir à tout moment si les pièces ont été révisées, à quelle date, quelle maintenance a été réalisée, etc.

Certaines limites tenaces

Elément-clé d'un projet RFID, le taguage doit être effectué à la source, ce qui présuppose une maîtrise de la chaîne de production, dès la conception du produit, ou tout au moins de s'entendre sur un choix unique d'identifiants lus par toutes les entreprises. Ce qui n'est pas le cas notamment dans la grande distribution. " Plus la supply chain est complexe et plus l'hétérogénéité des produits est forte, plus la RFID aura du mal à les gérer. Or, si l'entreprise doit taguer les articles en entrepôts, ou pire, en magasins, la RFID perd une bonne partie de son intérêt ", souligne Jean Christophe Lecosse. Par ailleurs, la RFID doit être perçue comme un projet d'entreprise qui nécessite une fine analyse de son ROI. Sachant que le coût d'une étiquette est compris entre 7 centimes jusqu'à 5 ou 6 euros, pour un lecteur dont le prix démarre à 1 200 euros, il convient de se demander si l'opération est rentable. " Inutile de se lancer tête baissée. Il est impératif de confronter la technologie et son coût par rapport à ce qu'elle peut rapporter ", conclut sagement Olivier Burah.


Témoignage

Spécialiste des courses urgentes de plis, mais également de tournées régulières ou de livraisons de commandes pour des sites d'e-commerce, Top Chrono (Groupe Phone Régie) a mis en place une traçabilité sécurisée "à la demande" en associant aux éléments du colis que l'on souhaite protéger des étiquettes qui les lient entre eux et au destinataire. " Notre objectif est d'éviter le moindre doute vis-à-vis de l'intégrité de nos transporteurs lors de l'acheminement d'objets critiques ou de grandes valeurs ", précise Stanislas de Berc, le directeur général. En collaboration avec SenseYou, jeune société issue d'INRIA, experte dans les solutions de sécurisation du transport, Top Chrono a mis au point une solution matérielle et logicielle pour s'assurer que le bon colis avec le bon contenu soit remis au bon destinataire. Le principe repose sur trois actions : le contrôle de l'intégrité du contenu des colis au-delà du seul suivi du contenant (le colis lui-même), la prise en compte du transfert de responsabilité dès la préparation d'un colis, jusqu'à sa livraison, et l'authentification automatisée et non répudiable du destinataire. Pour cela, l'étiquette est apposée lors de la préparation du colis, et le contrôle est effectué par le livreur aidé par le logiciel de couplage qui assure la conformité de la commande à effectuer. Un tel procédé est facturé aux clients Top Chrono environ 400 euros par mois.

Top Chrono - Groupe Phone Régie

Activité : Transport urgent de plis et colis

CA 2012 (avec Phone Régie) : 209 M€

Effectif (avec Phone Régie) : 7 050 personnes

Volume d'achats avec Phone Régie 2012 : NC

Effectif service achats en 2012 : NC