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Technologies propres : des start-up chahutées par la crise, des grands groupes toujours moteurs

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GreenUnivers, site spécialisé dans l'information économique et financière sur le green business en France, publie un baromètre des start-up spécialisées dans les clean tech qui souligne que le financement public est toujours vital pour ces "jeunes pousses" chahutées par la crise.

Technologies propres : des start-up chahutées par la crise, des grands groupes toujours moteurs

GreenUnivers est un site spécialisé dans les informations économique et financière sur le green business en France. En complément de son panorama 2012 des technologies propres (ou clean-tech), le site vient de publier la deuxième édition de l’observatoire des start-up françaises des technologies propres. Près de 415 start-up actives ayant cinq ans ou moins ont été recensées, tous secteurs clean-tech confondus (agriculture et chimie vertes, air-environnement-carbone, consommation, eau et déchets, efficacité énergétique, énergies renouvelables, smart grid, services, stockage d’énergie, transports). 90 start-up ont répondu à un questionnaire entre octobre et novembre 2012.

Côté financement, 82 % des start-up ayant obtenu un financement public ont reçu une subvention et 50 % d’entre elles ont reçu un prêt. Le montant obtenu auprès de l’État varie ente plus de 1 million d’euros et moins de 200 000 euros et les objectifs de levée de fonds sont loin d’être atteints : 75 % en 2012 (prévisions) contre 36 % (réalisées). En 2013, ces start-up prévoient pour 9 % d’entre elles de ne créer aucun emploi, 57 % pensent créer de un à cinq emplois, 19 % de six à dix emplois et 12 % plus de dix. Une société sur deux pense que la création de la BPI (Banque publique d’investissement) est une initiative “très intéressante”. 71 % estiment que le statut de jeune entreprise innovante est très utile et 64 % condamnent sans appel la réforme de la fiscalité pour les entrepreneurs en la qualifiant de très négative et dissuasive pour la création d’entreprise…

Chiffres et données-clés à retenir de cette 2e édition

Répartition des start-up par secteurs

Une société sur trois est active dans les énergies renouvelables et les filières de l’efficacité énergétique et de l’éco-mobilité occupent un autre tiers.

En 2012, ces start-up ont revu leurs ambitions à la baisse en raison d’une croissance limitée (ci-dessus) et les créations d’emploi se sont avérées moins importantes que prévu (ci-dessous).

Rappel des principales conclusions du panorama 2012 des clean-tech

Cette volumineuse étude de 93 pages, publiée le 31 janvier dernier, dresse un panorama des clean-tech en France en 2012 et des investisseurs les plus actifs en s’appuyant sur un état des lieux de 12 secteurs-clés (solaire, éolien, biomasse, smart grid, efficacité énergétique, stockage d’énergie, voiture électrique, eau, déchets et recyclage, biocarburants et chimie verte) pour en tirer des perspectives.

L’année 2011 a vu une nette mutation des clean-tech en France : des secteurs tels le solaire et l’éolien terrestre reculent, mais sous l’impulsion de l’État, qui concentre ses efforts sur les filières industrielles les plus prometteuses, d’autres montent en puissance, comme les compteurs intelligents et l’éolien off-shore. Si les financiers ont privilégié la prudence, les grands groupes ont misé sur l’expansion avec d’importantes acquisitions. Ces efforts recentrés pourraient ne pas produire tous leurs effets en 2012, mais bâtissent un socle propice pour les années suivantes.

Des grands groupes locomotives et un État plus attentif au ROI de la manne publique

Les grands groupes français se sont montrés particulièrement offensifs dans les clean-tech en 2011 : parmi ceux déjà actifs, beaucoup se sont renforcés via des acquisitions à l’international, comme Total (solaire, biocarburants), Schneider Electric (efficacité énergétique, smart grid), Saint-Gobain (bâtiment vert), Alstom (énergies marines)… D’autres affichent désormais des ambitions fortes, tels Mersen (solaire) et Technip (énergies marines). En 2012, ils devraient continuer à se développer sur ces secteurs, mais avec, sans doute, plus de prudence dans leurs investissements. De son côté, l’État et les collectivités, dans une période de restrictions budgétaires, soutiennent toujours les clean-tech mais recentrent leurs aides sur les secteurs les plus prometteurs pour la croissance et les emplois. Le solaire en a fait les frais, alors que le smart grid et la mobilité durable bénéficient d’aides importantes. Et en 2012, l’Ademe, qui pilote le programme des investissements d’avenir pour les clean-tech, va accélérer : elle devrait engager plus de 800 millions d’euros sur une soixantaine de projets au premier semestre.

L'impact de la crise

Les clean-tech ont besoin d’investissements massifs, les financements publics et privés deviennent plus difficiles à obtenir. La crise affecte la transition vers l’économie verte : sans la remettre en cause sur le fond, la crise peut contribuer à ralentir cette transition. Elle se traduit par une diminution des soutiens publics et des difficultés potentielles de financement privé. Son impact peut se manifester de trois manières : d’abord, ne pas disposer des capacités financières nécessaires pour relancer l’économie au travers de politiques d’investissements massifs dans l’économie verte, comme cela avait pu être le cas lors de la première vague de 2008 ; ensuite, un manque de moyens des clients pour expérimenter des nouvelles technologies et/ou solutions ; enfin, la raréfaction du soutien public aux secteurs en phase de finalisation d’incubation.

Selon Philippe Martin, directeur de la recherche et de l’innovation du groupe Veolia Environnement, les priorités du futur gouvernement après l’élection présidentielle devraient être d’organiser un débat rigoureux sur les filières énergétiques, de procéder à un exercice détaillé de cartographie des technologies-clés, d’encourager les coopérations grands groupes/PME-TPE pour permettre à ces dernières de peut-être démultiplier leurs possibilités, de promouvoir les échanges au sein des industries de pointe et, enfin, de favoriser l’investissement dans les TPE/PME, en particulier celles à contenu technologique. Les secteurs des clean-tech les plus prometteurs pour l’économie française ? « Nous pourrions capitaliser sur des axes historiques forts, sur des technologies et services autour de la gestion du cycle de l’eau (efficacité énergétique, valorisation matière, réseaux d’eau intelligents…), l’efficacité énergétique (dans les bâtiments, dans les procédés industriels, dans la gestion de la ressource au sens large) et le recyclage matières (valorisation des éléments de valeur, seconde vie des produits…) », affirme Philippe Martin.