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Paiements interentreprises : le fossé se creuse entre le nord et le sud de l'Europe

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En Europe, le retard moyen des paiements interentreprises s'établit à 13,4 jours, seuil en dessous duquel les entreprises peinent à descendre.

Paiements interentreprises : le fossé se creuse entre le nord et le sud de l'Europe

Dans sa dernière analyse des comportements de paiement des entreprises en France et en Europe, au deuxième trimestre 2012, le cabinet Altares révèle que si les paiements interentreprises s’assouplissent légèrement en France, le fossé se creuse entre le nord et le sud de l’Europe.

Une situation contrastée

Les comportements de paiement des entreprises européennes peinent à s’améliorer. Globalement, 41,8 % des règlements sont effectués à l’heure, soit près de 1 % de mieux qu’en début d’année. Néanmoins, la proportion de longs retards supérieurs à 30 jours augmente de 8,1 % à 8,4 %. Ce durcissement se traduit par un retard moyen constaté de 13,4 jours ce deuxième trimestre, contre 13,2 jours trois mois plus tôt. Cette tendance renforce la rupture marquée entre le nord et le sud de l’Europe.

Les entreprises allemandes dominent tous leurs partenaires commerciaux européens ; 73,1 % respectent les délais de paiement, voire anticipent les dates de règlement (retard moyen 6,2 jours).

Les entreprises néerlandaises sont également bonnes élèves ; 48 % payent leurs fournisseurs dans les délais contractuels prévus (retard moyen de 8,5 jours).

La Belgique confirme l’amélioration du comportement de paiement de ses entreprises, engagée il y a 18 mois.

Désormais, 44,9 % des sociétés belges payent leurs factures sans retard et le retard moyen s’établit à 11,2 jours. Les entreprises belges font donc mieux que leurs voisines françaises.

La Grande Bretagne est encore assez loin de la moyenne européenne avec un retard moyen constaté de 15,9 jours, mais confirme l’amélioration entamée depuis l’été 2010, en dépit d’un léger trou d’air en début d’année 2012. En dépit de cette détente, seulement 27,3 % des entreprises britanniques respectent les délais de règlement.

Au sud de l’Europe, en revanche, les tendances sont moins favorables.

Ainsi, en Italie le retard moyen (15,9 jours) est au plus haut depuis fin 2010 ; retard qui s’ajoute à un délai contractuel de règlement déjà long pouvant atteindre voire dépasser 120 jours. Pire, le report additionnel dépasse 30 jours pour 11,9 % des entreprises italiennes.

En Espagne, le retard moyen de paiement bute sur le seuil des 20 jours depuis un an et 15,5 % des factures sont payés avec au moins 30 jours de retard.

Au Portugal, le report moyen de paiement dépasse 28 jours et près de 22 % des règlements sont retardés de plus de 30 jours (19,6 % il y a trois mois).

« Alors que la contraction budgétaire focalise toutes les attentions, qu’elles soient politiques ou privées, l’économie réelle s’impatiente d’une reprise plus franche et de perspectives durables. Les trésoreries s’essoufflent privant les entreprises d’un ressort de croissance, sinon de survie, fondamental », note Thierry Millon, responsable des analyses Altares. « En effet, les entreprises doivent mobiliser des fonds pour financer leur cycle d’exploitation. Or, par contraction budgétaire ou pression réglementaire, elles peinent, voire hésitent à recourir aux financements externes. Dans ces conditions, l’alternative est la génération de cash, ou tout le moins le contrôle permanent du BFR. Pour avoir laissé glisser les retards de paiement clients, chaque année des milliers d’entreprises mettent la clé sous la porte. »

La gestion du financement du cycle de production (stocks + créances clients) au regard du crédit fournisseur tient encore souvent davantage de l’acrobatie comptable que de la rigueur financière. Ce deuxième trimestre encore, les deux tiers des entreprises défaillantes réglaient leurs fournisseurs avec des retards d’au moins 15 jours. Si le fournisseur ne s’en alarme pas, il accepte de fait le transfert de risque sur sa propre entreprise. Une défaillance sur quatre est due à des retards de paiement. Au-delà de l’attention naturelle portée aux factures à encaisser et aux factures à payer, la mise en place d’un pilotage du Besoin en fonds de roulement dans la direction financière donne un signal gagnant de maîtrise de la performance économique et financière de l’entreprise auprès de ses partenaires commerciaux, bancaires ou investisseurs. Plus qu’un indicateur de tableau de bord, le BFR est désormais un indispensable KPI (key performance indicator), gage de gouvernance, compétitivité et “prospectivité”.