Exclusif - Baromètre HEC Achats Responsables : la RSE devient une priorité

Publié le par

Le 6e Baromètre HEC Achats Responsables acquiert pour la première fois une dimension mondiale. Une édition qui, dans le contexte international actuel des Achats RSE, met l'accent sur le rôle important de la France, et des sujets RSE désormais bien ancrés dans les priorités des directeurs achats.

Exclusif - Baromètre HEC Achats Responsables : la RSE devient une priorité

La 6e édition du Baromètre HEC Achats Responsables est qualifiée pour la coupe du monde... serait-on tenté de dire, en raison de sa nouvelle dimension internationale ! Démarré sur un positionnement franco-français en 2003 (avec 38 entreprises ayant participé), le Baromètre HEC Achats Responsables a donc franchi une étape importante puisque 133 entreprises sur 24 pays sont désormais concernées. " Après l'avoir étendu sur le plan Européen en 2007 - 2009 et 2011, la dimension internationale nous paraissait désormais évidente afin de répondre à un engouement mondial sur les achats responsables. D'autant plus que l'ONU a lancé une initiative achats responsables à Rio en juin 2012 ", confie Olivier Menuet, Directeur Achats Responsables à la SNCF, enseignant à HEC Paris et co-auteur du Baromètre HEC Achats Responsables.

La France en tant que précurseur

" La France est le premier pays à avoir créé une norme ISO 26000 déclinée sur la fonction achats, norme qui est exploitée sur le plan international, co-pilotée par la France et le Brésil. Une quarantaine de pays ont emboité le pas ", affirme Olivier Menuet, avant de poursuivre, " Nos outils portants sur les moyens sont efficaces. A nous désormais de basculer sur des outils de résultats pour démontrer ce qu'une démarche RSE peut apporter ". L'Amérique du Nord est actuellement sur une stratégie de mise en conformité de réponses face aux nouveaux risques, alors que l'Europe se positionne davantage par rapport à une demande client de plus en forte, sur les questions de l'éco responsabilité.

Une approche défensive de la RSE

Le premier fait marquant relevé par cette 6ème édition reste finalement l'approche défensive de l'éco-responsabilité des acheteurs. 93% des répondants avouent que c'est une priorité de le faire, mais la première motivation (voir tableau 1) repose avant tout sur une anticipation des nouveaux risques suscités par la RSE, " qui sont liés à l'image, aux comportements sur les marchés, de rupture d'approvisionnement ", précise Olivier Menuet.

La deuxième motivation, toujours défensive, consiste à se mettre en conformité face aux nouvelles lois (En France, le Grenelle de l'environnement, aux USA, Conflict Minerals, etc.). En revanche, la réponse aux demandes clients est davantage considérée comme une approche offensive. " Face aux demandes croissantes des clients, donc de leurs acheteurs sur les marchés fournisseurs, ces derniers réalisent qu'il y a du "business" à faire sur les aspects RSE ", confirme Olivier Menuet.

Ne pas oublier également les raisons internes : éviter les ruptures d'approvisionnement, développer un avantage compétitif, réduire les coûts, motiver ses équipes d'acheteurs, etc. " Finalement, la RSE c'est l'occasion de redonner du sens aux achats. A la SNCF, nous nous sommes très vite positionnés sur les questions RSE dans une optique de vision : la fonction achats ne peut pas se développer sans tenir compte des enjeux de responsabilité car ceux-ci permettent de créer de la valeur business, éthique et humaine ", souligne Olivier Menuet.

Une organisation et des pratiques plus concernées par la RSE

Dans les éditions précédentes du baromètre, il était frappant de constater un écart entre les déclarations d'intention et les pratiques. Aujourd'hui, les changements d'organisation sont une réalité (voir tableau 2). 57% des répondants affirment avoir formé leurs équipes aux achats responsables. Près de la moitié des personnes interrogées avouent avoir nommé un responsable aux achats responsables, " ce qui est une évolution majeure constatée au fil des années ". Encore plus fort, 40% des entreprises assignent (contre 16% en 2009) des objectifs individuels intégrant des critères de RSE.

Une évolution est constatée au niveau des outils mis en place (voir tableau 3) qui se traduit par exemple, par des clauses apportées dans les contrats, mais également par l'évaluation des fournisseurs selon des risques RSE. " Les entreprises n'hésitent plus à développer pour les acheteurs des programmes de partages de bonnes pratiques liées aux achats responsables ", reconnait Olivier Menuet.

Une amélioration sur la méthodologie des mesures est constatée. Jadis, environ 30% des entreprises ne se penchaient pas sur des outils de mesures. Aujourd'hui, 96% des entreprises affirment en avoir mis en place, et 84% possèdent un standard. " Il faut tout de même relativiser ces chiffres puisque les entreprises ont tendance à privilégier des indicateurs de moyens et de conduite de changement, au lieu de ceux consacrés aux résultats ayant un impact réel sur leur développement de business ", précise Olivier Menuet (voir tableau 4).

Mesurer la création de valeur par les achats responsables

La création de valeur par les achats responsables peut se mesurer selon trois facteurs (tableau 5). Le ROI est obtenu par la réduction des coûts (tableau 6) puisque la pratique du développement durable permet par exemple d'avoir des produits qui consomment moins d'énergie. Le deuxième facteur se trouve dans la réduction des risques (tableau 7) procurée par la pratique d'achats responsables, sans oublier la possibilité de créer de nouvelles affaires (tableau 8).

" Maintenant que la majorité des entreprises savent prendre en compte cette dimension RSE, il est temps désormais de mesurer combien cette démarche peut rapporter. Ceux qui arrivent à mesurer cet apport détiennent un avantage compétitif. C'est le message clé de notre étude ! Nous faisons appel à des "nouveaux leaders" qui auront la vision, le courage et l'intelligence pour mener à bien la transformation profonde du métier des Achats vers une Direction des Ressources Externes dans une perspective de performance globale et partagée avec l'ensemble des parties prenantes ", conclut Olivier Menuet.

Le baromètre, téléchargeable ici a été co-écrit par :

  • Olivier Bruel - HEC Paris
  • Olivier Menuet - SNCF and HEC Paris
  • Pierre-François Thaler - EcoVadis
  • Robert Kromoser - A.T. Kearney

Le manque de soutien hiérarchique: frein n°1 à la création de valeur

13% des directeurs achats rejoignent la direction générale