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Une députée veut interdire la vente à perte pour les fournisseurs

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La députée UMP, Muriel Marland-Militello, va proposer d'encadrer les enchères inversées, lors du débat sur le projet de loi pour "le développement de la concurrence au service des consommateurs". Elle souhaite interdire de la vente à perte pour le fournisseur et la garantie de son anonymat s'il remporte l'enchère, afin de préserver sa stratégie commerciale.

Le Parlement va mettre son nez dans les enchères inversées. Cette pratique, qui se répand désormais dans les achats privés comme publics, va faire l'objet d'un débat devant l'Assemblée nationale, qui examinera à partir du 21 novembre le projet de loi pour "le développement de la concurrence au service des consommateurs". La députée (UMP) de la majorité Muriel Marland-Militello (Alpes-Maritimes) a révélé jeudi 15 novembre qu'elle prendra position pour l'encadrement de la pratique des enchères inversées. "Dans la ligne de l'engagement de Nicolas Sarkozy en faveur du pouvoir d'achat des Français", elle souhaite "encourager la baisse des prix dans le respect de la rentabilité des fournisseurs".  Elle constate en effet que "cet outil de négociation moderne devrait permettre (...) de répercuter les économies réalisées sur le prix final par le consommateur (...) cette pratique incite néanmoins certains fournisseurs à négliger leur rentabilité pour remporter à tout prix un marché", regrette-t-elle. En conséquence, elle proposera notamment l'interdiction de la vente à perte pour les fournisseurs et la garantie de l'anonymat du fournisseur ayant remporté l'enchère, afin de préserver sa stratégie commerciale. Décriée depuis l'origine par les fournisseurs, la pratique des enchères inversées était à nouveau placée sous les feux de l'actualité cet été, au bénéfice des acheteurs cette fois-ci. En juillet dernier, le Conseil de la concurrence avait en effet condamné cinq fournisseurs d'EDF pour "entente illicite", à l'occasion d'une enchère inversée portant sur des câbles électriques . Les prestataires en cause avaient procédé, la veille de l'enchère, à une simulation complète de leur comportement, afin de  fixer les niveaux de prix  et les séquences où ils devaient enchérir sur chacun des lots. Selon le Conseil, "sur un marché ayant donné lieu à une enchère électronique, la sophistication du mécanisme est un facteur aggravant". Ayant reconnu les faits, les cinq fournisseurs avaient été condamnés à une amende de 19 millions d'euros.

A lire prochainement sur le site de Décision Achats : une interview de Muriel Marland-Militello.