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En 2013, vous serez «value in» ou «cost out» ?

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AgileBuyer et le Groupement Achats & Supply Chain de HEC publient leur étude annuelle sur les priorités achats. À noter : si 73 % des professionnels achats interrogés font de la réduction des coûts leur priorité n° 1, les entreprises commencent juste à passer du “cost out” au “value in”.

En 2013, vous serez «value in» ou  «cost out» ?

La stratégie achat adoptée en 2013 peut se résumer en quelques questions : les acheteurs ont-ils des objectifs d’achats « made in France » ? Le Développement Durable ou la RSE resteront-ils en ligne de mire dans la fixation des différents objectifs ? Dans ce contexte de crise économique, est-ce que le risque fournisseurs est réellement pris en compte par les acheteurs ? Sur quels axes sont calculées les primes attribuées aux acheteurs ? Voilà quelques questions centrales auxquelles l'étude annuelle (1) sur les priorités achats tente de répondre.

Les achats en pays à  bas coûts en repli

Pour 2013, 55 % des professionnels achats interrogés affirment leur manque d’intérêt pour une démarche d’achats dans les pays à bas coûts contre 48 % en 2012. De plus en plus de services achats n’ont pas d’objectif de « localisation » d’achats. 32 % du panel déclare vouloir augmenter la part des achats en pays à bas coûts. Ils étaient 40 % en 2012. Il y a une baisse d’intérêt (8 points) des entreprises pour les achats dans les pays à bas coûts. Nous notons également que 2 % des sondés souhaitent diminuer leurs achats en « Low Cost Country », LCC. Ce n’est pas encore une tendance à la relocalisation mais cela traduit plutôt les actions correctives à la suite de mauvaises expériences d’achats dans les pays à bas coûts. Bien souvent, les questions de qualité, les coûts de transport ainsi que les variations de taux de change sont sous-estimés en amont. L’importance du calcul du Total Cost of Ownership (TCO) prend alors tout son sens.

Acheter "Made in France" ou "Made in Europe"  : pas une priorité

Acheter « Made In France » est un objectif pour seulement 19% des départements achats. Les objectifs de coûts semblent donc prendre le dessus sur cette volonté affichée par certains médias ou certains politiques de privilégier les achats en France. Il n’y a pour l’instant aucune tendance d’achat faisant de l’achat « Made in France » un objectif fort. Il est entendu que nous parlons ici d’achats entre entreprises (B to B) et pas d’achats du grand public (B to C). Souvent à tort, les entreprises industrielles de l’hexagone traînent une mauvaise réputation : trop petites, fragiles financièrement, rigides « socialement », non compétitives, peu solidaires les unes des autres… Pour améliorer leur image, elles devront progresser (assise financière) et casser certains dogmes (compétitivité).

La réduction des coûts : une forte pression mais en baisse

73 % des professionnels des Services Achats interrogés affirment que leur priorité numéro 1 reste la réduction des coûts pour 2013. Ce ratio est en diminution de 9 % par rapport à ce qui était observé pour 2012. Actuellement, de plus en plus de départements achats s’orientent vers des démarches créatrices de valeur en captant l’innovation présente chez les fournisseurs (Value In). Cette tendance semble donc prendre une place grandissante au dépend de l’approche réduction des coûts (Cost Out). L’année 2012 a vu le renforcement de la gestion de l’innovation fournisseurs que ce soit par l’innovation incrémentale, de rupture ou de l’open innovation. Il faut noter que les sondés des secteurs liés aux produits manufacturés sont 93 % à placer la réduction des coûts en tête de leurs objectifs.

Des acheteurs peu primés sur les résultats

37 % de la communauté des achats déclarent ne pas avoir de primes liées aux gains d’achat et 55 % des acteurs déclarent que la part de leurs primes liées aux résultats ne dépasse pas 50% du montant total de leurs primes. Ils sont seulement 8% de l’échantillon à révéler être essentiellement primés sur le seul critère des gains d’achat.

La faillite des fournisseurs : une attention redoublée des acheteurs jugée comme nécessaire

38% des services achats déclarent ne pas avoir eu de fournisseur qui ont fait faillite. 40% déclarent que moins de 1% de leurs fournisseurs ont fait faillite. 19% des acheteurs déclarent que 1 à 5 % de leurs fournisseurs ont fait faillite en 2012. C’est une confirmation du contexte économique compliqué des entreprises en France. Elles sont nombreuses à avoir connu des faillites de fournisseurs présents dans leur panel. La faillite d’un fournisseur est désormais un évènement « normal » de la vie d’un service achat. D’après Altares, le nombre de PME qui ont fait l’objet d’une défaillance a augmenté de 49,5 % sur un an (2). Cela s’est fait ressentir au niveau des départements achats de grandes entreprises. Le nombre d’entreprises respectant les délais de paiement est en recul au troisième trimestre 2012 (32,3% contre 33,3% au deuxième trimestre (3). Ces résultats nous montrent les signes de fragilité économique de certains acteurs et vont demander une attention particulière des acheteurs sur le panel fournisseurs afin de garantir une bonne continuité dans l’exécution des achats et des approvisionnements tout au long de l’année.

La RSE : un objectif en progression

Plus de la moitié (51 %) des sondés affirment qu’ils auront des objectifs RSE en 2013. ils étaient seulement 43% pour l’année 2012. Ces résultats sont le signe que la RSE décolle enfin au sein des entreprises et que les services achats continuent à y prêter de plus en plus d’attention et ce, malgré la crise. Cet aspect est en passe de s’installer durablement dans les objectifs des services achats. Cette tendance rejoint la nouvelle vision légèrement adoucie du « cost-killing » qu’ont les services achats. Ils se tournent désormais de plus en plus vers la création de valeur et l’achat durable.

Malgré les objectifs fixés aux acheteurs sur le RSE ou le développement durable, les responsables n’attribuent pas ou peu de primes concernant ces objectifs. Alors même que les acheteurs sont plus nombreux à avoir des objectifs RSE ou développement durable, cette stagnation des primes pourrait faire penser que les entreprises nouvellement converties ne considèrent pas cet objectif comme rémunérateur.

La gestion des risques fournisseurs : un objectif fort et stable

La gestion des risques fournisseurs est un objectif toujours très partagé dans le monde des achats. Pour 2012, nous notions déjà une augmentation de la prise en compte de ce paramètre. Pour 2013, le chiffre reste identique : 70 % des sondés ont des objectifs en terme de gestion de risque fournisseur. La crise s’est installée et les départements continueront à porter une attention particulière à la gestion du risque fournisseurs. Les départements ont intégré la crise dans leur stratégie et la gestion du risque restera un point central avec la réduction des coûts.

La charte des bonnes pratiques achats

Après trois ans d’existence, 69 % des sondés, toutes positions confondues, connaissent cette charte. Et ce, prioritairement au niveau des Directeurs (78 %). Ce pourcentage est en augmentation car l’année précédente, ils n’étaient que 66 % à connaître cette charte. Ces résultats montrent que la charte tend à s’installer durablement dans les esprits des services achats. Il faut cependant noter l’écart entre les directeurs et les acheteurs (16 points). L’importance accordée à la Charte est plus grande chez les directeurs achats que chez les acheteurs. Fin 2012, 34 % des sondés affirment que la charte des bonnes pratiques sera dans leurs objectifs de l’année suivante : Un chiffre faible mais en hausse par rapport à 2011. Nous voyons ainsi que la charte des bonnes pratiques achats commence à faire partie intégrante des objectifs des professionnels de l’achat.

La réduction du nombre de fournisseurs : un levier de crise

En 2013, 46 % des sondés affirment avoir pour objectif de réduire le nombre de leurs fournisseurs. En 2012, ils n’étaient que 42 %. Le nombre d’indécis a augmenté de 3 points et le nombre de personnes indiquant ne pas prévoir de réduire le panel de fournisseurs a fortement diminué (- 7 points). Cette évolution nous montre que les entreprises prévoient cette année de faire plus avec un nombre restreint de partenaires.

Les économies dégagées par ces regroupements de volume montrent bien la volonté des entreprises de vouloir réduire leur coût, l’objectif premier. Cependant, la prudence face à ce levier de réduction de coût est primordiale car elle signifie, par définition, la rupture de certaines relations commerciales. Il est important de noter que la rupture des relations commerciales est très encadrée dans le droit français.

En conclusion, l’analyse des tendances 2013 sur les relations « donneurs d’ordres » sous-traitants fait apparaître  que :

  1. - Les objectifs de réduction des coûts et d’achats en pays bas coûts marquent le pas
  2. - Les faillites fournisseurs semblent être un événement « normal »
  3. - Les approches de création de valeur et de développement durable progressent
  4. - Les professionnels des achats s’intéressent peu au « Made in France »

Cliquez ICI pour consulter l'étude dans son intégralité

(1) Méthodologie : La présente étude a été réalisée à partir d’un questionnaire administré électroniquement à un panel ciblé entre le mercredi 28 novembre 2012 et le mercredi 4 décembre 2012. Sur les 526 personnes qui ont répondu à ce questionnaire, seules 466 réponses ont été jugées « adaptées » ou « intégrables » du fait notamment que ces personnes étaient réellement liées au monde des achats. Les réponses aberrantes ont été écartées.

(2) Altares, publication du 10 juillet 2012

(3) Altares, publication du 22 novembre 2012