Mon compte Devenir membre Newsletters

“Les juristes doivent être impliqués plus en amont du processus achats”

Publié le par

Acheteurs et juristes sont souvent amenés à collaborer au sein de l'entreprise. Décryptage de leurs relations par Franklin Brousse, avocat au barreau de Paris, qui collabore régulièrement avec des directions achats sur des sujets IT, télécoms ou de supply chain.

Maître Franklin Brousse, avocat au barreau de Paris.

Maître Franklin Brousse, avocat au barreau de Paris.

Décision Achats: Comment peut-on qualifier la collaboration entre acheteurs et juristes ?

Maître Franklin Brousse : Ces deux populations professionnelles n’ont pas la même culture universitaire. Cela peut engendrer des incompréhensions. D’un côté, les acheteurs peuvent se plaindre du manque de réactivité des juristes souvent débordés au sein de leur entreprise. De plus, ces mêmes acheteurs ont trop tendance à percevoir les juristes comme des freins à l’exercice de leur métier. De leur côté, les juristes peuvent avoir le sentiment de n’être que des « pompiers » appelés trop tardivement pour pouvoir être efficace. Il est vrai que ces derniers doivent être impliqués plus en amont du processus achats.

D. A: Pensez-vous que les directions achats doivent intégrer des juristes au sein de leurs équipes ?

MeF.B : Dans la grande majorité des cas, les directions achats n’ont pas de juristes au sein de leurs équipes. Cependant, les achats auraient souvent à intégrer ces profils sur des familles d’achats spécifiques qui requièrent des compétences métiers et techniques très précises. Travailler avec ces professionnels du droit au sein d’une même équipe engendrerait davantage de proximité et par conséquent de réactivité. Ainsi, par manque de compétences en interne ou de disponibilité, de nombreuses entreprises ont tendance à externaliser leurs contrats d’achats auprès de cabinets d’avocats. Des prestations qu’elles peuvent externaliser de manière temporaire ou plus régulière.

D. A: Intégrer le contrat dès l’appel d’offres, est-ce une bonne pratique ?

Me F. B: Il est essentiel de joindre le contrat dès l’appel d’offres. Un contrat qui ne doit pas être standardisé mais spécifique à la famille d’achats. Car, la négociation par la suite est toujours plus longue dans les cas de ces contrats standardisés. Ce contrat doit se baser sur les documents joints à l’appel d’offres. Joindre le contrat dès l’appel d’offres est une démarche qui prend du temps mais c’est autant de temps de gagné par la suite. De plus, cette bonne pratique permet d’obtenir de meilleurs résultats contractuels. Autre sujet : les bibliothèques de contrats et les logiciels automatisés. Les services achats doivent être vigilants sur le recours systématique à ces bibliothèques et ces logiciels. Ils dévalorisent non seulement le travail du juriste mais également celui de l’acheteur dans la mesure où ils ne reflètent pas la spécificité des contrats et de la stratégie de l’acheteur.