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Les entreprises françaises pensent être à l'abri des risques de fraudes

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Seulement 6 % des personnes interrogées en France affirment qu'un cas de fraude s'est déjà produit dans leur entreprise, contre 24 % au niveau mondial, selon une enquête d'Ernst & Young.

Les entreprises françaises se déclarent moins confrontées à la corruption que le reste du monde. L’enquête 2008 d’Ernst & Young révèle en effet que seulement 6% des personnes interrogées en France affirment qu’un cas de corruption ou de fraude s’est déjà produit dans leur entreprise, contre 10 % en Europe de l’Ouest et 24 % au niveau mondial.

Seuls 10 % des salariés interrogés en France déclarent qu’une commission occulte a déjà été demandée à leur entreprise pour garder un contrat ou en obtenir un nouveau, contre 23 % dans le reste du monde. Cependant, seulement 6 % déclarent en France que leur entreprise a perdu un contrat face à un concurrent qui, lui, aurait versé une commission occulte. Ce chiffre s’élève à 18 % au niveau mondial.

La majorité (67 %) des répondants de l’enquête au niveau mondial s’accorde à penser que la régulation anti-fraude a été renforcée depuis 2002. Cette tendance est encore plus forte en France, où ce chiffre atteint 82 % des personnes interrogées. Ainsi, la France se démarque sur ce point aussi bien du reste du monde que de l’Europe de l’Ouest qui compte 68 % de réponses positives.
Autre spécificité française dans la lutte anti-fraude, l’attention particulière portée aux audits internes de la conformité aux régulations. Ainsi, 64 % des répondants français mentionnent ces derniers en première place parmi les mesures efficaces de gestion des risques de corruption et de fraude. Ce chiffre n’atteint que 49 % au niveau mondial, où l’on privilégie la vigilance et les formations des salariés.

"Aujourd’hui, en France, la prévention de la fraude n’est plus considérée comme un simple équilibre entre coût de la conformité aux réglementations et montant des sanctions financières à la suite d'une éventuelle fraude, analyse Jean-Michel Arlandis, associé en charge du département Fraud Investigation and Dispute Services (FIDS) chez Ernst & Young. Les entreprises ont pris conscience que les impacts d’une fraude dépassent le seul aspect financier. Elles accroissent leur vigilance, préférant ainsi perdre un contrat que faire face à des risques de corruption."

La 10e édition de l’enquête Fraude : « Corruption or compliance – weighing the costs » a été menée dans 33 pays en Amérique du Nord, Amérique Latine, Europe, Afrique, Moyen Orient et Oceanie. 1186 interviews anonymes ont été réalisées avec des personnes sensibilisées aux problématiques abordées dans l’étude, faisant partie des plus grandes entreprises de chaque pays : DAF, responsables de l’audit interne, responsables juridiques et d’autres cadres dans les domaines de la finance, de la gestion des risques, de l’audit interne ou des directions juridiques. Le focus spécifique pour la France est basé sur 50 interviews dans des entreprises françaises.