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Les achats durables gagnent du terrain

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Selon le baromètre 2009 HEC-EcoVadis, les achats durables constituent désormais une priorité pour les acheteurs. Toutefois, nombre d'obstacles complexifient encore leur mise en œuvre.

Plus de 80% des directeurs achats considèrent le développement durable comme une priorité importante ou critique, juste derrière la réduction des coûts (sur les dépenses directes comme indirectes). Tel est le résultat du baromètre 2009 HEC-EcoVadis*. Par ailleurs, l’étude révèle une généralisation des démarches achats durables dans la quasi-totalité des secteurs d’activité, alors qu’en 2005, elles étaient surtout l’apanage de la grande distribution et du secteur public.
Signe fort de l’intérêt croissant porté par les directions achats au développement durable, seulement 11% des entreprises entendent réduire le budget affecté à ces sujets et, a contrario, 35% vont l’accentuer, malgré la généralisation des programmes de réduction des coûts.

Réduire le TCO

Selon l’enquête, trois facteurs-clés motiveraient le lancement de politiques d’achats durables. Tout d’abord, protéger l’image de l’entreprise (pour 2/3 des sondés) ou encore assurer le respect des réglementations environnementales des fournisseurs (63% des personnes interrogées). 41% des acheteurs affichent surtout des motivations d’ordre économique: développer les achats durables pour réduire le coût total de possession des produits (TCO) en agissant, par exemple, sur la réduction des consommations d’énergie en évitant les suremballages… Un quart des sondés y voient avant tout un moyen de capter les innovations environnementales des fournisseurs. Enfin, 21% des directions achats misent sur les achats durables pour développer la motivation de leur équipe.

Des freins multiples

Alors qu’il y a quatre ans, 80% des directeurs achats reconnaissaient n’avoir obtenu aucun résultat en matière d’achats durables, ils ne sont plus que 19% aujourd’hui. Toutefois, seuls 7% des sondés affirment avoir pleinement atteint leurs objectifs en matière de développement durable. En cause notamment, les freins multiples de nature technique, organisationnelle ou stratégique, qui ralentissent parfois le déploiement d’initiatives d’achats durables. D’ailleurs, près d’une direction sur deux cite des contraintes budgétaires en la matière tandis que 43% soulignent le manque d’indicateurs pertinents et simples pour mesurer la performance des achats durables. Sans oublier un autre problème majeur, de nature plus stratégique encore: la difficulté qu’ont 44% des acheteurs à faire converger les demandes contradictoires entre des objectifs d’économies à court terme et les enjeux à plus long terme du développement durable.

Une analyse des risques par familles d’achats

L’étude souligne que 37% des entreprises interrogées ont mis en place une direction achats durables, ou, pour le moins, une entité dédiée. Pour la moitié des sociétés, les acheteurs ont été sensibilisés ou totalement formés au développement durable. Rappelons que les outils spécifiques aux achats durables se sont largement développés, avec un accent particulier sur les outils d’évaluation des fournisseurs et d’analyse des risques par catégories d’achats ou par pays (+ 15% de déploiement sur un an). Ces méthodes d’évaluation ont pris plus d’importance (+ 5%) au détriment du jugement empirique des acheteurs (-11%). Toutefois, elles couvrent encore inégalement le portefeuille des fournisseurs, et seulement 11% des entreprises les appliquent à l’ensemble de leur panel.

À noter que 75% des entreprises intègrent les critères RSE dans le processus d’offres et 30% d’entre elles affectent un poids significatif à ces critères dans le système de cotation et de sélection.

* Cette étude a été réalisée auprès de 21 directeurs achats européens.