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Le recours aux enchères fait toujours débat

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Pas de chiffres, que des ressentis. L'institut TNS Sofres dévoile les résultats de son étude sur les enchères dans les secteurs privé et public à partir des témoignages d'acheteurs et de fournisseurs.

Pour les acheteurs privés comme publics, la principale finalité des enchères est de faire baisser les prix. Tel est le résultat d’une étude qualitative réalisée par l’institut TNS Sofres pour le compte du ministère de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi*.

Plusieurs autres motivations ont également été recueillies, mais jouent dans une bien moindre mesure: gagner du temps en supprimant les phases de négociation, stimuler l’émulation d’un marché, identifier plus facilement les offres les plus avantageuses par lot… Selon les sondés, de nombreux freins expliquent la faible pratique des enchères: le manque de notoriété de cette pratique, le poids du cadre réglementaire, le nombre insuffisant de fournisseurs sur certains marchés, la difficile qualification des marchés auxquels doivent être appliquées les enchères, la réduction de la relation client/fournisseur à la seule dimension du prix… La nécessité de mettre en place des plateformes spécifiques pour les enchères s’avère aussi être un point de résistance: elle est synonyme de conflits avec les services informatiques, de problèmes liés à la saturation du réseau, etc.

Dans le secteur public, l’insuffisance de la structuration de la fonction achats ainsi que le manque de moyens humains expliqueraient également la faiblesse du recours aux enchères. En effet, si les acheteurs publics gardent une vision positiviste de cette pratique, ils considèrent que la culture achats est trop peu développée dans leur structure pour que soit mise en place une véritable réflexion stratégique en la matière. A terme, une majorité d’entre eux souhaite voir cette procédure se généraliser.

A contrario, les acheteurs privés considèrent les enchères comme une procédure à part entière qui s’intègre déjà dans les politiques d’achats à leviers multiples. Ceci étant, ces derniers ne comptent pas accentuer le recours à cette pratique, cantonnée pour l’heure à certains types d’achats précis et adaptés (achats généraux, automobile, etc.). Quant aux fournisseurs interrogés, ils préfèrent nettement aux enchères les appels d’offres classiques, qui leur permettent de se différencier plus facilement sur leurs atouts autres que le prix de leur production.

Selon l’étude, pour favoriser et légitimer le recours aux enchères, il faudrait remettre ces dernières à leur juste place pour qu’elles constituent un outil classique au service d’une politique achats qui se voudrait plus organisée, cohérente et équipée. Ce qui passe, entre autres, par le déploiement de campagnes de communication auprès des parties prenantes et le développement de moyens humains (formation, etc.) et informatiques (plateforme dédiée, etc.) plus conséquents.

 

Participez à votre tour à notre sondage en ligne, en cliquant sur ce lien.


*26 entretiens ont été menés entre le 23 juillet et le 24 septembre.