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EA et Esat sont à même de performer comme des PME classiques

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Capitalisant sur le succès de la première édition de son salon Handicap Osez nos compétences, les organisateurs, dont le réseau Gesat, ont renouvelé l'expérience les 27 et 28 novembre au CentQuatre. Interview de Béatrice Amsellem, vice-présidente du réseau Gesat et reportage vidéo sur le salon.

Béatrice Amsellem, vice-présidente du Réseau Gesat et directrice d'ANR services

Béatrice Amsellem, vice-présidente du Réseau Gesat et directrice d'ANR services

Les PME et les grands comptes affichent-ils le même degré de connaissance des enjeux du secteur adapté et protégé ?

Béatrice Amsellem : Si les acheteurs des entreprises de plus de 1 000 salariés sont naturellement sensibilisés au sujet, en raison de la loi de 2005 et du décret du 3 août 2012 sur la surcontribution (1), ce n’est pas le cas des PME, auxquelles nous voulons mieux faire connaître les métiers et savoir-faire de nos entreprises sociales. Nous nous réjouissons donc cette année de compter parmi nos partenaires la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME).

Comment améliorer la connaissance qu’ont les donneurs d’ordres des EA (entreprises adaptées) et des Esat (établissements et services d’aide par le travail) ?

Nous avons commandé, en 2009, une enquête à LH2 sur les EA et Esat face à la crise. Nous en avions notamment conclu que nos entreprises sociales devaient renforcer leur image de marque en faisant évoluer notre offre métiers et nos modèles commerciaux. Les clients de nos entreprises expriment le souhait de voir notre offre se structurer. Cette demande est compréhensible. Un guichet unique, par exemple, ne peut être envisagé compte tenu du nombre de petites structures existant dans notre secteur. Toutefois, nous avons mis en place des comités de pilotage sur les univers de la D3E, de la conciergerie, du facility management et du nettoyage. Par exemple, pour la conciergerie, nous avons constitué une filière dédiée avec la marque Merci Oscar ! fédérant des acteurs aptes à répondre aux besoins de cette fonction.

Quel impact a la crise sur les EA et Esat ?

Le ralentissement de l’activité affecte le secteur, notamment tout ce qui touche à la sous-traitance industrielle. Toutefois, des grandes entreprises ont promis de maintenir leurs engagements. Côté public, nous comptons aussi sur la solidité des liens établis entre les grandes administrations, les collectivités et les EA et Esat.

Comment voyez-vous évoluer le secteur adapté et protégé dans les années à venir ?

Je suis confiante dans la capacité des entreprises sociales de notre secteur à performer tout comme des PE ou PME dites classiques. Il faut que la dichotomie EA-Esat s’efface dans la tête des acheteurs. Peu importe, au fond, le taux de handicap. Ce sont la qualité et le professionnalisme de la prestation qui doivent être retenus.

À l’échelle européenne, le secteur adapté et protégé dispose-t-il de moyens de lobbying ?

Les législations sont très différentes d’un pays à un autre et des ponts doivent être jetés entre les organisations française, belge, allemande, néerlandaise et canadienne. Workability Europe (1) y œuvre en défendant et promouvant le travail des personnes handicapées. En son sein, nous planchons sur la possibilité de proposer une offre transnationale aux groupes aux multiples implantations européennes.

Reportage vidéo sur le salon

(1) Le décret du 3 août 2012 sur la surcontribution

Quand aucune personne handicapée n’a été embauchée, qu’aucun contrat de sous-traitance n’a été passé avec une entreprise adaptée ou qu’aucun accord collectif en faveur des travailleurs handicapés n’a été appliqué pendant plus de trois ans, la contribution annuelle à l’Agefiph est portée à 1 500 fois le Smic horaire (au lieu de 400 à 600 fois) pour chaque travailleur handicapé qui aurait dû légalement être présent dans l’entreprise. Toutefois, constatant que certaines entreprises évitaient cette surcontribution en concluant un contrat de sous-traitance de faible montant avec un organisme spécialisé, les pouvoirs publics ont prévu que ce type de contrat allait devoir dépasser un seuil de dépenses fixé par décret pour permettre à l’entreprise d’échapper à cette surcontribution. Le seuil de dépenses à dépasser, hors taxes, et sur quatre ans, a été fixé par décret publié au JO le 3 août 2012 :

- 400 fois le Smic horaire pour les entreprises de 20 à 199 salariés ;
- 500 fois le Smic horaire pour les entreprises de 200 à 749 salariés ;
- et 600 fois le Smic horaire pour les entreprises de 750 salariés et plus.

Le chiffre

68 % des entreprises françaises recourent à la sous-traitance auprès du secteur protégé et adapté. Ce taux élevé traduit le changement de comportement des entreprises vis-à-vis du secteur, depuis l’instauration de la loi sur le handicap, le 11 février 2005. Néanmoins, seulement 4 % des acteurs déclarent connaître les innovations proposées et réalisées par ce marché. Des chiffres révélés lors de la publication du premier baromètre Humanis “Entreprises, osez l’Esat !”, en 2011. Humanis a souhaité approfondir les résultats, lors d’une nouvelle étude exploratoire. À suivre donc…