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[Tribune] Conduire le changement

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L'entreprise passe son temps à se métamorphoser. L'acheteur a un rôle-clé dans l'accompagnement de ce processus, notamment en sachant identifier les résistances au changement et en mettant en place une démarche de communication auprès de ses clients internes. Analyse.

[Tribune] Conduire le changement

La conduite du changement est un processus qui va de l'identification d'un problème d'organisation ou de structure à la mise en place d'actions qui permettent de proposer une solution applicable. Pour l'acheteur, la conduite du changement peut se résumer en trois étapes :

- la première étape consiste à prendre en compte la dimension humaine. Pour préparer au mieux le terrain du changement, l'acheteur s'intéresse à la dimension humaine. Il doit identifier les ­résistances au changement au travers d'une démarche de communication auprès de ses clients internes. L'objectif est de leur permettre de comprendre et d'accepter le nouveau mode de fonctionnement qui est une conséquence du processus de changement ;

- la deuxième étape est de pouvoir résoudre la problématique organisationnelle. L'acheteur doit être en capacité de trouver des solutions qui répondent à la problématique d'organisation. Par exemple, dans le cadre d'une fusion, l'acheteur peut contribuer à l'amélioration de l'organisation au travers de la mise en oeuvre de démarches, de procédures et d'outils ;

- la dernière étape se caractérise par l'accompagnement du changement par l'acheteur. Ce dernier peut organiser et accompagner le projet de restructuration au travers de l'utilisation d'une méthodologie de conduite de projets. Il fera un état des lieux de l'existant et proposera entre autres de fusionner les systèmes d'information afin de proposer des synergies.

Les principaux facteurs qui poussent l'entreprise à changer et/ou à se réorganiser peuvent être d'origine interne et externe. Ces facteurs conduisent l'entreprise à adapter son comportement afin d'améliorer sa performance.

Le facteur culturel est un facteur-clé.

Lorsque les valeurs de l'entreprise évoluent en profondeur, l'acheteur se doit d'intégrer et de retranscrire ces paramètres dans son travail, notamment quand les enjeux liés à l'environnement l'y conduisent. L'acheteur a un rôle important à jouer dans le déploiement de la démarche de développement durable. Dans la gestion de son panel fournisseurs, il devra prendre en compte des critères sociaux, environnementaux et économiques.

Le changement innovant

Le changement peut aussi venir de la mise en place d'une nouvelle stratégie. Concrètement, c'est le cas lorsque l'entreprise adapte son organisation à un changement de stratégie qui peut être le résultat d'une évolution du marché (diversification de la clientèle, intensification de la concurrence). L'acheteur accompagne l'entreprise en captant l'innovation sur le marché. Il a la responsabilité de dénicher les produits ou les services de demain, ceux qui apporteront un avantage concurrentiel à leur entreprise. Par exemple, dans le secteur de la grande distribution, l'acheteur peut être chargé de trouver les matières premières (tissus, fournitures) et de les négocier au meilleur prix pour des produits qui ne se vendront que la saison suivante.

Pour résumer, le changement résulte ainsi d'une inadéquation entre le fonctionnement d'une organisation et ses objectifs. De par son rôle dans ­l'entreprise, l'acheteur se doit donc d'orchestrer ces bouleversements dans le but d'aider celle-ci à adapter son cadre de référence.

L'expert : Olivier Wajnsztok est directeur associé du cabinet ­AgileBuyer, ­spécialisé dans les équipiers achats, le conseil stratégique et le coaching d'acheteurs.