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Alors... toujours fans des années 90 ?

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Un directeur achats "anonyme" d'un service achats mature nous offre un point de vue rafraîchissant et espiègle sur son parcours professionnel. Un flashback plein d'humour sur les années 1990 fortement déconseillé aux adeptes de la langue de bois. Attachez vos ceintures !

Alors... toujours fans des années 90 ?

Ah, les années 90... Pour ceux qui s'en souviennent, c'étaient non seulement les années de chefs-d'oeuvre musicaux inénarrables (dans " inénarrables ", il y aussi " nanar " !) mais aussi celles des grands gourous des achats. Et là, la ligne était toute tracée : il fallait ré-duire le nombre de fournisseurs, entendez-vous ! On comptabilisait en ces temps-là tout ce qu'un fournisseur coûtait à entretenir en acheteurs, en systèmes d'information, et tant et plus.

Et la conclusion tombait, forcément inéluctable : tout cela est trop cher, il faut ré-duire et ma-ssi-fier. Parfois, lorsque le bon goût était de la partie, quelques visuels égayaient le propos... Comme par exemple: " un fournisseur par employé ", avec l'image d'icelui suant sang et eau à transporter un fournisseur sur son dos, tel un bien sympathique coolie !

Alors, la première année, pas fous, on s'y mettait. On réduisait le nombre de fournisseurs de 20% en un an, essentiellement par l'effet trivial, mais pour autant magique, d'un nettoyage des bases de données. La deuxième année, on s'y remettait en relevant les seuils. La troisième année, on commençait à massifier, au grand plaisir de la distribution spécialisée.

Et la quatrième année, la quatrième année, alors là... C'était le plus beau, si on était encore dans la ligne du parti. On trouvait une société de négoce qui voulait bien reprendre " en direct " (" en direct ", c'était tout de même plus élégant " qu'en margeant ") tout un tas de petites fournitures achetées à des PME. O merveille! O splendeur ! O puissance de l'indicateur ! Payer plus pour dépenser moins !

Et la morale de l'histoire est...

20 ans plus tard, les PME ne sont pas (toutes) devenues des ETI, les ETI ne sont pas (toutes) devenues des grands groupes, et les mêmes nous disent : vous n'aviez rien compris, il fallait réduire mais à bon escient enfin ! Un peu comme un copain qui vous aurait forcé à boire toute la nuit et qui vous raconte qu'il ne comprend pas pourquoi vous avez la gueule de bois...