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[PORTRAIT DE FILIERE] Les entreprises adaptées

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L'Union Nationale des Entreprises Adaptées dont le congrès national s'est tenu en juin dernier a mandaté le cabinet KPMG pour obtenir une photographie précise et actualisée du secteur adapté qu'elle supervise. Un quart des entreprises adaptées, soit 178 sur 702, ont répondu à cette grande enquête.

L'entreprise adaptée, ne l'oublions pas, n'est pas une entreprise totalement comme les autres. L'EA s'engage à recruter et à s'adapter aux besoins et capacités des 80% de ses salariés de production, en situation de handicap. Ces salariés se tournent vers l'entreprise adaptée quand ils ne peuvent intégrer (au moins pour un temps) l'entreprise dite " ordinaire ". Celle-ci est donc un formidable outil d'insertion ou de réinsertion de personnes bien souvent peu qualifiées.

L'entreprise adaptée leur permet, pour 91% d'entre elles, de bénéficier d'un contrat à durée indéterminée très majoritairement à temps plein (86%). Fin 2011, les Entreprises Adaptées employaient sur toute la France, environ 30 000 salariés.

Ceci étant, l'entreprise adaptée est une PME comme les autres dont l'objectif et de développer son chiffre d'affaires et de se maintenir sur un marché concurrentiel : L'entreprise adaptée est bel et bien une entreprise à part entière ... au service d'un projet : celui d'une insertion globale, en permanente ébullition.

Un quart des Entreprises Adaptées (dites EA) a été créé il y a moins de 10 ans, ce qui traduit la vitalité du secteur. La demande croissante de personnes en situation de handicap, dans l'expectative de structures professionnelles adaptées à leur situation de handicap, détermine fondamentalement la création d'environ 25 EA, chaque année, sur le territoire national depuis 2008.

L'EA, une PME dynamique

Contrairement aux stéréotypes dont est bien souvent victime le secteur, les EA sont souvent des PME dynamiques et en pleine mutation. Dans leur grande majorité, celles-ci préfèrent opter pour une création de juridique commerciale, contrairement au statut associatif favorisé avant 2006. Ce statut permet une plus grande réactivité et une adaptation plus rapide aux besoins de leurs clients dans la plupart des cas.

De nouvelles activités en forte progression

Le secteur ordinaire réclamait au secteur adapté, une meilleure adéquation entre offre et demande, lui permettant, pour partie, de répondre à son obligation d'emploi demandée par la loi handicap.

Contrairement à ce que l'on pouvait constater antérieurement, la sous-traitance industrielle n'est plus le secteur d'activités leader du secteur. Les entreprises adaptées ont su percevoir la demande du marché, combinée aux savoir-faire et aux besoins de leurs salariés handicapés. Près de 42% d'entre elles proposent des prestations de services, répondant aux besoins des entreprises françaises.

Les organisations contractuelles communément mises en place avec leurs clients partenaires, se trouvent être les activités liées à la sous-traitance industrielle (réalisée au sein de l'EA ou chez son client) et aux prestations de service sur site.

L'étude KPMG indique que 66% des EA proposent plus de trois activités différentes (25% plus de 5). Cette multi-activité pourrait sembler déconcertante pour les entreprises ordinaires ; cette spécificité indique nonobstant une adaptabilité permanente de ces entités aux besoins du marché et de ses salariés.

Un nouveau poids financier incontestable

En 2011, le chiffre d'affaires estimé du secteur était de 1 050 000 000 euros. L'activité de l'EA est réalisée à 74% avec le secteur privé, sachant que le chiffre d'affaires réalisé avec les collectivités progresse régulièrement.

Un nouveau challenge : la formation des salariés en EA

" C'est notre cheval de bataille depuis plusieurs années " nous dit Pascale Lecoq, Directrice de l'entreprise adaptée ACVO. Je la suis dans une salle informatique rutilante, dans laquelle salariés et formateurs s'affairent. "Les formations sont de mieux en mieux adaptées aux besoins, et des salariés, et des clients " me répète Sébastien Citerne, Directeur Général de l'UNEA. " Même si ces formations demandent un effort important de mise en oeuvre et de repérage en matière de besoins bien identifiés, les EA ont bien conscience que la formation est notre challenge quotidien ".

Les entreprises adaptées ont consacré presque 20 millions d'euros à la formation professionnelle en 2011 et ce chiffre est amené à progresser largement dans les années à venir. Plusieurs sources de financement doivent être développées ; OPCA, subventions spécifiques, fonds privés répondent ensemble à ce programme ambitieux mais restent encore trop limités.

Des besoins d'adaptation

Gardons en tête qu'investissements et chiffre d'affaires en hausse, dynamisation du secteur et adaptation aux besoins de leurs clients, sont les réponses phares mises en exergue par cette étude qui permet au secteur de continuer à croître.

Malgré ces bons indicateurs, lorsqu'on interroge les dirigeants d'EA sur les principaux freins au développement de leurs entreprises, ils citent en priorité la conjoncture économique et les difficultés de recrutement.

L'UNEA réclame l'accès facilité au crédit, un meilleur accompagnement des salariés vieillissants qui nécessitent parfois une prise en compte médico-sociale avant leur départ à la retraite, des moyens supplémentaires pour les formations des salariés en situation de handicap et pour les encadrants d'EA, entre autres. Il serait aussi particulièrement opportun, d'assouplir les modalités d'attribution des aides au poste, la redistribution des aides non attribuées, et le système de contingentement. Une meilleure homogénéité des aides et d'obtention de l'agrément EA, entre les régions semble juste et attendue.

Enfin, une réglementation facilitant le développement des EA, en particulier dans le cadre de l'article 15 du Code des Marchés publics (1) est également proposée par l'UNEA et permettrait au secteur de mieux répondre aux besoins des collectivités et de permettre de développer davantage sa mission d'intégration sociale.

Certains marchés ou certains lots d'un marché peuvent être réservés à des entreprises adaptées ou à des établissements et services d'aide par le travail mentionnés aux articles L. 5213-13, L. 5213-18, L. 5213-19 et L. 5213-22 du code du travail et L. 344-2 du code de l'action sociale et des familles, ou à des structures équivalentes, lorsque la majorité des travailleurs concernés sont des personnes handicapées qui, en raison de la nature ou de la gravité de leurs déficiences, ne peuvent exercer une activité professionnelle dans des conditions normales.
L'avis d'appel public à la concurrence fait mention de la présente disposition.
(sources : Legifrance.gouv - mai 2013)