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La réduction des coûts, objectif majeur des achats en 2016

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Les directions achats renforcent pour 2016 leur objectif de générer des économies et d'être l'instigateur de réduction des coûts... risque d'impacter les stratégies à moyen et long terme des achats, notamment sur l'innovation fournisseurs, et de détériorer la relation clients/fournisseurs.

La réduction des coûts, objectif majeur des achats en 2016

Les objectifs de réduction des coûts n'ont jamais été aussi élevés depuis quatre ans, selon l'enquête AgileBuyer / X-Achats menée en fin d'année 2015 auprès de 492 départements achats (lire l'article "Les 10 priorités des départements achats en 2016") et qui sort ce 4 janvier. "Cet indicateur, en constante augmentation depuis 2013, témoigne d'une conjoncture économique toujours compliquée qui pousse les entreprises à chercher à réduire leurs dépenses en fixant aux directions des achats des objectifs de réduction de coût comme priorité", souligne Olivier Wajnsztok, directeur associé AgileBuyer.

Les départements achats sont ainsi très mobilisés autour de cet objectif lorsque l'environnement économique est incertain. Cette tendance se retrouve dans l'étude, 82% des professionnels des achats interrogés affirment que leur objectif premier pour l'année 2016 sera une nouvelle fois la réduction des coûts. Le chiffre augmente de 5 points par rapport à 2015.

Les directions achats renforcent donc pour 2016 leur objectif de générer des économies et d'être l'instigateur de réduction des coûts. "Cet objectif purement financier et court terme doit être suffisamment maîtrisé car il peut avoir des conséquences sur les stratégies à moyen et long terme des achats, notamment aux impacts sur l'innovation fournisseurs et au risque de détérioration des relations clients-fournisseurs", commente Olivier Wajnsztok. "Attention donc, réduire les coûts ne veut pas seulement dire réduire les prix faciaux. Réduire les coûts passe surtout par la prise en compte du coût complet, répondant au tryptique acheter moins, acheter mieux, acheter moins cher".

Un objectif premier consensuel

En 2016, le thème de la réduction des coûts est consensuel pour tous les secteurs. Les acteurs sont contraints de travailler à la réduction des coûts sur l'ensemble de leurs chaînes de valeur. Un effort économique qui est en plus grande partie endossé par les directions achats.

L'informatique et les télécoms se trouvent en tête du classement en 2016. Les sondés de ce secteurs se prononcent positivement sur ce thème à 93%. L'aspect hyper concurrentiel du secteur oblige les entreprises à rester compétitives sur les marchés, c'est "l'effet Free". Le secteur de l'automobile, de l'aéronautique voit quant à lui cet objectif bondir de 12 points par rapport à 2015, passant ainsi à 92% en 2016.

Corollaire de cette situation, les relations avec les fournisseurs se dégradent: "40% des répondants estiment que les relations avec leurs fournisseurs se sont tendues au cours des trois dernières années", rapporte Olivier Wajnsztok.

Le secteur de la mécanique, métallurgie, équipements électriques et électroniques, meubles, textiles, et autres industries manufacturières est le plus touché, à hauteur de 57% indiquant que les relations clients-fournisseurs se sont dégradées au cours des trois dernières années. Autre secteur ultra-concurrentiel, l'informatique et les télécoms estiment à 54% que les contacts avec leurs fournisseurs sont devenus difficiles. Les secteurs qui semblent épargnés par ce phénomène sont le secteur de la banque, assurance, communication / média, ingénierie et R&D, formation initiale et continue, qui estiment seulement à hauteur de 24% que les relations avec leurs fournisseurs se sont tendues au cours des trois dernières années.

Ces tensions s'expliquent à 65% par des objectifs de réduction de coûts accrus. Les relations de l'entreprise avec ses propres clients sont également plus difficiles, pour 45% des sondés et se répercutent sur la relation avec les fournisseurs.

Si, pour la plus grande part des sondés les tensions des relations sont provoquées par des demandes internes plus exigeantes, 29% d'entre eux déclarent que ces tensions proviennent des fournisseurs qui cherchent à faire passer des augmentations tarifaires. La crise est encore une réalité bien présente.

Lire la suite en page 2 : "Les objectifs du panel fournisseurs augmentent" - "Parts de marché des TPE, pas un enjeu pour les directions achats" - "Objectif de réduction du nombre de fournisseurs et TPE ne font pas bon ménage"