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L'acheteur doit muter en manager des ressources externes

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A l'occasion de la conférence annuelle organisée par la CDAF et le Club Achats EMLyon Forever, la nouvelle frontière de la globalisation des achats fut au centre des débats. Des échanges instructifs sur la mutation de la fonction en réponse à la globalisation/mondialisation de notre écosystème.

L'acheteur doit muter en manager des ressources externes

" En France, la globalisation fait peur alors qu'elle devrait être source de motivation et de perspective ", annonce Philippe Portier, responsable du Master Spécialisé Acheteur Manager International d'EMLyon. Tout le contraire finalement de l'approche chinoise pour qui, la globalisation est perçue à 91% comme une opportunité d'accroître son business. Une globalisation des achats que l'acheteur doit apprendre à maîtriser. Il faut établir des relations durables et équilibrées en fonction des pays avec lesquels les échanges sont initiés. Ce qui sous-entend la prise en compte de la corruption, comme le précise Jean-Pierre Rouffet, conseiller du Président du Groupe Legrand et Président de CDAF section Rhône-Alpes. " La corruption a tendance à pervertir les relations entre l'acheteur et son fournisseur, sachant que ce sont souvent les prescripteurs qui sont les corrupteurs ". La prise en compte des lieux d'échanges a son importance dans cette globalisation, puisque les impacts sur l'environnement et les performances économiques ne sont pas sans conséquences. Une catastrophe naturelle (inondation, séisme, etc.) peut provoquer l'arrêt d'une chaîne de production, entraînant une pénurie et une augmentation non négligeable sur le coût.

Un acheteur qui devient gestionnaire de relations

La globalisation doit également tenir compte des subtilités linguistiques. " En Chine, la notion autour du oui et du non est absente. En revanche, les chinois possèdent 14 façons différentes de dire "peut-être". Le succès d'une négociation peut donc se jouer sur la manière d'assimiler les subtilités d'un langage étranger ", souligne Jean-Pierre Rouffet. En réalité, l'acheteur d'aujourd'hui (et à fortiori de demain), doit être en mesure de gérer de nouvelles relations. " Il doit souvent oublier son rôle premier avec sa panoplie d'indicateurs, de ratios en tout genre... pour devenir un gestionnaire de relations commerciales et humaines. Tout en prenant en compte les spécificités des différents pays. Et précisément la façon dont on va acheter va dépendre de la manière dont on va gérer cette relation ", poursuit le président de la CDAF du Rhône-Alpes. Autrement dit, alors que les responsables du personnel sont devenus des DRH, les comptables sont devenus des Daf, " les acheteurs doivent devenir les prochains managers des ressources externes ", ose-t-il. Même constat, pour Nicolas Kourim, P-dg de Big Fish, " Face à un marché en constante évolution, face à des consommateurs qui changent régulièrement leur manière de consommer, les acheteurs vont devenir les gestionnaires d'un écosystème national et international ". L'acheteur de demain va devoir gérer un univers qui se complexifie. A lui de se doter des clés pour trouver les bonnes issues.