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[Tribune] Anticiper une crise fournisseurs pour mieux la piloter

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La vague d'incertitude dans les entreprises engendrée, ces dernières années, par la crise, a profondément modifié les relations entre acheteurs et fournisseurs. Il convient alors de se préparer à gérer une crise fournisseur.

[Tribune] Anticiper une crise fournisseurs pour mieux la piloter

Le besoin de rationalisation des coûts, d'une part, et la nécessité de rendement, de l'autre, imposent de mettre en place de nouvelles pratiques. Dans un climat qui ne cesse de se durcir, l'acheteur se retrouve face à des tensions d'un nouveau genre.

Par les temps qui courent, la situation financière d'une entreprise peut se dégrader d'un trimestre à l'autre. Et l'activité d'un fournisseur être impactée par n'importe quel événement, comme une rupture de matière première, des mouvements sociaux ou encore une instabilité boursière. La réaction des fournisseurs se fait ainsi de manière plus brutale : augmentation de prix, menace d'arrêt de livraison ou même dépôt de bilan.

Déterminer le degré de la crise

Autant de situations auxquelles un acheteur doit savoir faire face, en mettant en place les solutions adéquates. À ce titre, il faut savoir dissocier les différents niveaux de criticité pour définir de quelle manière l'activité va être impactée (production perturbée, blocage du processus...). Déterminer le degré de la crise va permettre de définir les éléments qui pourraient l'aggraver, ce qui facilitera le rôle de l'acheteur pour agir en conséquence lors de la mise en place de son plan de résolution de litige. Ce dernier doit cibler et décrire précisément les risques auxquels l'entreprise a à faire face.

Une identification des problèmes qui permettra de trouver des axes de résolution beaucoup plus précis et efficaces. La mise en place du plan d'action devra s'accompagner d'un plan de communication à destination des différentes parties impliquées.

Anticiper et gérer les défaillances fournisseurs

Certains signaux permettent d'anticiper et d'élaborer un plan de gestion des risques adéquat, d'autant plus facilement qu'un plan de gestion des fournisseurs ou SRM (supplier relationship management) aura été développé. Ainsi, si un fournisseur présente des risques de défaillance, plusieurs possibilités s'offrent à l'acheteur pour éviter d'être exposé à un risque sérieux pour l'activité de son entreprise.

Premier réflexe ? Se garder d'augmenter le chiffre d'affaires du fournisseur en lui attribuant de nouveaux marchés. La diversification de son panel fournisseurs reste un des moyens les plus sûrs de se prémunir contre les risques du même nom. Dans le cas où le produit ou le service ne pourrait être rendu par un autre fournisseur, l'acheteur doit s'appuyer sur un fournisseur du même secteur ou sur son service R&D pour trouver ou développer des solutions alternatives.

D'autres réponses, plus rapides, nécessitent l'élaboration d'un plan d'urgence afin de permettre la continuité de l'activité. Si le dépôt de bilan d'un fournisseur n'a pas été anticipé, l'acheteur devra faire preuve de réactivité pour débloquer la situation en cherchant les solutions les plus efficaces (concurrents, produits alternatifs, stock de sécurité, etc.), en minimisant les pertes auprès du fournisseur en faillite.

En identifiant toutes les activités critiques et bloquantes pour la production et en y associant des solutions alternatives, l'acheteur anticipe les crises et augmente les chances de réussite lors de la mise en place d'un plan d'urgence. Le SRM analysant le risque de défaillance de l'entreprise en fonction de sa criticité vis-à-vis de la production devient indispensable en temps de crise.

La conjoncture a fait de la gestion du risque fournisseurs un métier à part entière. Une situation qui impose à l'acheteur anticipation et réactivité à la hauteur de la faille.

Le SRM?: en cas de crise, mais aussi efficace au quotidien
L'objectif du SRM est de permettre à une entreprise d'améliorer la?communication avec ses fournisseurs, de partager des process et d'avoir une meilleure connaissance de chacun d'eux afin d'optimiser le processus d'approvisionnement. Inversement, il s'agit de faire en sorte que les?fournisseurs connaissent bien le métier de l'entreprise, ses produits, ses?services, sa saisonnalité, afin d'obtenir un approvisionnement adapté.