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Pour une meilleure collaboration achats et supply chain

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Comment doivent collaborer la supply chain et les achats pour une meilleure performance de l'entreprise? Quels sont leurs pistes de travail communes? Eléments de réponses avec une enquête de l'Aslog, association française de la supply chain et de la logistique.

Pour une meilleure collaboration achats et supply chain

"Les achats et la supply chain ont un objectif commun : assurer la continuité et la fiabilité des flux, du fournisseur jusqu'au client final, au meilleur coût", explique Félix Papier, ESSEC, professeur de supply chain à l'Essec à l'occasion du salon supplychain Event2016.

Dans 70% des cas, les fonctions achats et supply chain sont dissociées au sein d'une entreprise. Et un tiers d'entre elles sont managées conjointement par une direction des opérations.

Les achats sont impliqués à 87% dans les choix de la supply chain

Or, ces deux fonctions ont des champs d'action complémentaires. Ainsi, les achats sont impliqués à 87% dans les choix de la supply chain : flux, impact fournisseur, promesse client, etc. et à 75% dans l'achat des prestations logistiques. De même, la supply chain est impliquée dans le process d'achat (cahier des charges, contraintes, coûts logistiques, etc) à 82%. Et en cas de décision de sourcing lointain, la supply-chain est impliquée en amont (pour le transport, l'impact entrepôt, etc) à 82%.

Ces chiffres révélateurs de la nécessaire collaboration entre les achats et la supply chain sont extraits d'une enquête de l'Aslog, association française de la supply chain et de la logistique, présentée lors du salon supplychain Event2016.

Selon l'Aslog, ces fonctions sont encore insuffisamment intégrées. Et les chiffres lui donnent raison. Ainsi, plus de 40% des entreprises considèrent que l'intégration est insuffisante, avec des pertes évidentes de synergies et d'opportunités de gains. Cette intégration achat/supply chain doit être une priorité dans les 3 ans pour 65% des sondés. Une des raisons avancées? A l'heure actuelle, pour 43%, chacun optimise les coûts sur son périmètre, sans voir les impacts sur l'autre. Un manque de visibilité qui s'explique par le fait que dans plus de 50% des entreprises, les objectifs et indicateurs de pilotage sont séparés.

Pour des savings partagés

Pour une meilleure collaboration des 2 fonctions, l'Aslog recommande de définir des objectifs partagés et des mécanismes d'incitation comme un objectif de réduction des stocks, un système de bonus/malus sur les ruptures... Mais cela passe aussi par des savings partagés ou tout simplement ... un rapprochement des bureaux.

L'Aslog plaide pour une implication de la direction financière et le contrôle de gestion pour identifier les gains et chiffrer les réalisations. Il convient également d'être vigilant sur la prévision et l'approvisionnement, zones d'interface entre achats et supply chain car dans 30% des cas, il n'y a pas d'élaboration commune de la stratégie d'approvisionnement. Il s'agit donc de renforcer la collaboration sur ce domaine et aligner les objectifs (par exemple prix au volume vs écoulement du stock).

Enfin, la supply chain doit être impliquée en tant que co-client dans les décisions de sourcing prises par les achats mais aussi dans l'établissement du cahier des charges. Et à l'inverse, les achats peuvent apporter une professionnalisation de l'achat des prestations logistiques. Une collaboration gagnant-gagnant qui a notamment fait ses preuves chez Kiabi.

"L'entrepôt souhaite faire un nouvel investissement et établi son cahier des charges seul. Devant le montant important de l'investissement, le service achat a regardé le dossier de plus près. Une pièce dans l'installation coûte assez cher car elle est faite sur mesure du fait de sa longueur (poutre de 12m de long). Le service achat a alors challengé la supply chain pour voir si cette poutre pouvait être réduite et si oui jusqu'à combien de mètres. Le résultat? Le choix d'une poutre de 8 m avec un prix 30% moins cher. Grâce à la collaboration entre les 2 services, la société a re?alisé un évitement de coût important (plusieurs dizaines de milliers d'euros)", rapporte Gregory Scalabre, directeur des achats non-marchands de Kiabi.