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E-achats : des fournisseurs euphoriques, des clients pragmatiques

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L'étude e-achats 360° menée par IMA et Demat-Infos depuis huit ans s'illustre cette année par le paradoxe entre l'optimisme des offreurs, d'une part, et le pragmatisme des demandeurs, de l'autre. Une édition marquée aussi par le besoin des directions achats d'être accompagnées par la Daf.

E-achats : des fournisseurs euphoriques, des clients pragmatiques

Les perspectives de développement des projets e-Achats sur 18 mois sont très encourageantes... même si la demande reste mesurée face à l'optimisme exceptionnel de l'offre. " Il y a toujours une part de méthode Coué provenant des éditeurs pour qualifier un marché très concurrentiel. Par ailleurs, certains grand comptes ont renouvelé leur SI Achats en 2013 avec de gros contrats à la clé pour les éditeurs ", reconnaît Arnaud Salomon, Directeur IMA, et MBA Spécialisé Ingénierie et Management des Achats. En revanche, parmi les faits marquants de cette édition, soulignons le besoin croissant des Directions Achats d'avoir le soutien et l'implication de la Daf (et de la DSI dans une moindre mesure) dans la mise en place des projets. " Une nécessité accrue de proximité et d'accompagnement dans les projets achats ", souligne Arnaud Salomon.

Un marché de la demande devenu mature

Plus de la moitié des entreprises s'estime désormais bien informée sur les solutions e-achats présentes sur le marché. En matière de source d'information, le réseau professionnel (41%) constitue un complément important aux informations apportées par la presse spécialisée (46%). Côté prescripteurs, les directions achats restent, dans une large majorité (70%), les principaux prescripteurs, suivi par les DSI (35%). Parmi les décideurs, à noter une implication croissante des directions générales (+ 20 points) par rapport à l'année dernière. En cas de décision unilatérale, 50% émanent des DG. " Cette augmentation traduit peut être une volonté de garder les dépenses et leur destination sous contrôle ", précise Arnaud Salomon.
Le potentiel d'équipements en modules applicatifs e-achats reste important. Même si le parc des solutions de dématérialisation de factures reste modeste (de nombreuses solutions e-achats sont toujours développées en interne notamment via Microsoft Excel), " la situation pourrait évoluer favorablement ", remarque Arnaud Salomon. A souligner également qu'une majorité des solutions achetées par les entreprises (environ 62%) possède une ancienneté de plus de trois ans.

Le partage de l'information toujours en tête

Les principaux bénéfices apportés par la mise en oeuvre de solutions e-achats restent sensiblement les mêmes comparés à l'an dernier : partage de l'information (22%), harmonisation des processus achats (19%) et productivité (19%) qui lui gagne une place. Quant aux freins, les résistances techniques et humaines (28 %) persistent et représentent des obstacles majeurs au changement, sans oublier les coûts d'acquisition avec ROI incertains. D'ailleurs, à la question, " comment estimez-vous le déploiement de votre S.I. achats ? ", 38% des entreprises se déclarent encore faiblement avancées.

Une faible visibilité de projets e-achats sous 18 mois...

Les prévisions de développement sont faibles. Le manque de visibilité à moyen terme sur la performance de l'entreprise semble engendrer de la prudence quant aux prévisions d'investissements e-achats. Les axes de travail retenus par les directions achats sont principalement la productivité administrative via la dématérialisation des factures et le e-procurement, sans oublier la maitrise des risques Fournisseurs avec la mise en place d'un référentiel fournisseurs et d'une contrathèque.

...qui contrastent avec l'optimisme des offreurs

Fin 2011, les prévisions pour 2012 étaient : croissance nombre de projets : + 17% ; croissance du CA : + 8% ; fin 2012, les prévisions pour 2013 étaient : projets + 22% ; croissance CA : + 18%. Par ailleurs, en 2012 : 5% des offreurs étaient... (carrément) inquiets ; 62% moyennement optimistes et 33% plus optimistes qu'en 2011. En 2013 : 14 % des offreurs étaient moins optimistes qu'en 2012 ; 43 % moyennement optimistes et... 43 % plus optimistes !
Les offreurs ont donc changé d'avis sur la possibilité de voir une reprise poindre en 2014. Ils sont nettement plus positifs que l'an passé. Et pour ceux qui ne le sont pas, ils se sentent plus forts et à l'abri d'un impact sur leur business. D'ailleurs sur 2014, aucun licenciement n'est prévu, avec des effectifs en hausse de 11%.

Ergonomie et mobilité attendues

Enfin, le trio de tête des interlocuteurs privilégiés des offreurs sont les DHA, les DSI et les DG (ces derniers opèrent une forte remontée/années précédentes) au détriment du responsable SI HA et fonctionnel HA. Quant aux attentes annoncées par les donneurs d'ordres, l'ergonomie et la mobilité seraient toujours - selon les fournisseurs - les deux principales évolutions attendues par leurs clients.



Méthodologie côté offre

37 entreprises représentatives du paysage économique franc?ais ont partagé leurs expérience et vision (BTP, Pharmacie, Agro alimentaire, banque-assurance, etc.). Interlocuteurs qualifiés, contactés par téléphone, puis interrogés lors d'échanges téléphoniques ou par voie électronique (Consultations effectuées entre 20/12/2013 et le 10/02/2014). Les Informations recueillies ont été traitées anonymement.

Méthodologie côté demande

Elle reste inchangée depuis 8 ans. 15 offreurs intervenant dans le domaine de l'e-Achats (édition, conseil, services) ont répondu à l'enquête e-Achats 360° : ils représentent environ 70 à 80% du CA de l'e-Achats en France. Les interlocuteurs ont été contactés par voie électronique + verbatims.