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Make or Buy, une décision à aborder avec méthodologie

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Prendre la décision d'externaliser ou non se heurte à de nombreux obstacles: enjeux idéologiques, objectivité des comparaisons, bouleversement de l'organisation interne... Le CPO doit donc procéder avec méthode et ne pas hésiter à collaborer avec les autres directions.

Make or Buy, une décision à aborder avec méthodologie

Faire ou ne pas faire, telle est la question... Une question qui n'est peut-être pas encore assez prise au sérieux dans les entreprises. En effet, la réponse se résume souvent à la dimension économique: si on peut faire aussi bien ailleurs mais pour moins cher, allons-y! Pourtant, la problématique du make or buy englobe de nombreux aspects: économiques, certes, mais également stratégiques, sociaux, d'image... Elle ne peut en aucun cas être balayée d'une simple considération financière.

Mais comment l'aborder? Si le make or buy se situe dans le top 3 des priorités pour 41% des CPO (étude Synapscore, novembre 2015), ces derniers se heurtent à des enjeux d'ordre dogmatique et politique et surtout à la difficulté de comparer de manière totalement objective les différentes possibilités. Cela doit passer par une méthodologie rigoureuse, faisant intervenir l'ensemble des directions de l'entreprise et validée par la direction générale. Si le make or buy doit être porté par les achats, ces derniers ne peuvent en aucun cas répondre seuls à cette question complexe.

Améliorer l'un des trois piliers: qualité, coût, délai

Avant toute chose, il est nécessaire de se poser la question suivante: pourquoi souhaiter externaliser une activité de l'entreprise? La réponse ne peut pas - et ne doit pas - être uniquement économique. Elle doit être avant tout stratégique. Chez ST Microelectronics, fabricant de matériel électronique, tout est traditionnellement intégré, depuis la conception de la technologie jusqu'à la fabrication du produit final. Mais, depuis peu, la société commence à s'ouvrir aux sous-traitants, sous l'impulsion d'Aymeric Fuchet, directeur des opérations et du développement business de la division imagerie, qui a "l'intime conviction que, pour être performantes, les sociétés doivent désormais s'associer avec des partenaires afin de co-innover".

À la notion de make or buy serait donc associée celle de performance: on externaliserait des tâches pour bénéficier d'une expertise extérieure à l'entreprise. "La question du make or buy se pose quand l'entreprise souhaite améliorer l'un des trois piliers: qualité, coût ou délai, observe Jacques-Emmanuel Durand, président d'Experbuy. Cela peut concerner des entreprises en croissance comme des entreprises qui, au contraire, vont mal. À chaque fois, on cherche à récupérer la valeur ajoutée que peut apporter un prestataire."

Une valeur ajoutée qui peut être économique - le prestataire propose de le faire pour moins cher - ou technique - le prestataire dispose de compétences qu'on n'a pas en interne. L'objectif étant au final de proposer un produit de meilleure qualité au client, ou moins cher, ou plus innovant, ou disponible plus rapidement, ou d'offrir un meilleur SAV... Pour répondre à la stratégie globale de l'entreprise, cette décision de faire ou faire faire doit donc être stratégique et émaner de la direction générale. "Si le directeur achats gère le projet de make or buy, il ne décide pas seul. Sa décision doit se faire de concert avec la direction générale", insiste Jean-Louis Cailloux, spécialiste de la fonction achats au sein de la société de conseil Dirigeants Conseil Alsace. D'autant plus que cette question recèle des enjeux politiques et sociaux, auxquels les achats ne sont pas en mesure de répondre.

Ce qui ne veut pas dire que le directeur achats n'a aucun rôle à jouer vis-à-vis de cette question: c'est à lui de suivre la démarche make or buy de bout en bout, depuis la sensibilisation de la direction générale jusqu'à la possibilité d'externaliser, y compris le choix et le pilotage des fournisseurs.

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