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Handicap : Dépasser l'obligation des 6% pour construire dans la durée

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A l'occasion du 1er salon Handicap & Achats, organisé par le groupe Les Echos la semaine dernière au Palais des Congrès de Paris, les intervenants sont souhaité rappeler que la qualité des prestations des ESAT et EA était aujourd'hui bien au RDV et qu'il était urgent de repenser la relation.

Handicap : Dépasser l'obligation des 6% pour construire dans la durée

Les idées reçues ont la vie dure. Recourir à des ESAT et EA pour la réalisation de prestations de services ? Trop cher, services peu innovants, qualification des salariés insuffisante, manque de professionnalisme de ces structures, non respect des délais,...

Mais alors, comment expliquer que sur le terrain, les entreprises qui ont recours à ces sociétés sont satisfaites à 98 % (baromètre IFOP pour Humanis "Osez l'ESAT-EA) ? Bizarre...

"Nous travaillons beaucoup notamment avec la direction des achats pour leur dire que, oui, la qualité des prestations des ESAT et AE est bien au rendez-vous. Nous ne sommes vraiment plus dans la charité !", a ainsi lancé devant un auditorium plein à craquer, le DRH du groupe Société générale, Edouard-Malo Henry.

Dépasser les 6 % pour construire

"Il est urgent aujourd'hui que les entreprises dépassent cette logique des 6% et se posent enfin les vraies questions : celles de la place de l'humain dans les organisations", a estimé de son côté Guy Tisserant, champion handisport de tennis de table et président et co-fondateur de TH Conseil qui promeut le "management équitable des singularités", qui représente à la fois un gage solide d'adhésion des équipes, de qualité de vie au travail et donc d'efficacité.

Certaines entreprises commencent à dépasser cette obligation pour transformer la contrainte en opportunité.

Car si la loi du 11 février 2005, imposant aux sociétés de 20 salariés l'obligation d'embaucher 6% de travailleurs en situation de handicap, certaines entreprises commencent à dépasser cette obligation pour transformer la contrainte en opportunité.

La construction de partenariats innovants avec le secteur a d'ailleurs fait l'objet d'une conférence sur le salon. Co-traitance, sous-traitance, conceptions et réalisation sur mesure, les initiatives se multiplient. Airbus, par exemple, a renouvelé son contrat avec CGI, société de services en technologies de l'information, contrat (3 ans) qui vise à soutenir son système mondial de ressources humaines.

Claude Pradal, responsable de la maintenance et du support informatique du domaine des Ressources Humaines d'Airbus Group, avait déclaré à l'occasion de ce renouvellement de confiance que "dans le cadre de notre politique d'appui au développement de l'emploi de personnes handicapées, nous avons mis en place une nouvelle stratégie achat-handicap qui réserve une part de nos appels d'offre de sous-traitance au secteur protégé (EA et ESAT). Nous incitons par ailleurs nos sous-traitants de 1er rang à s'inscrire dans cette dynamique en intégrant dans les critères d'évaluation d'offre de sous-traitance, la part du marché réservé au secteur protégé et la qualité de la coopération avec un acteur du secteur protégé. "

"Acheteurs, évitez les opérations one shot"

Afin de faciliter et optimiser le recours à ces structures, les intervenants (eux mêmes acheteurs ou non), ont souhaité partager quelques conseils avec les acheteurs présents : éviter les opérations "one shot" mais rechercher des opérations qui peuvent se répéter dans le temps, intégrer une réflexion handicap le plus tôt possible, allotir ou dimensionner le marché et encourager la co-traitance.

GRT Gaz a partagé son expérience et expliqué que le binôme DRH (via l'accord handicap) / Direction des achats, avait permis de mobiliser toute l'entreprise et attribuer un marché de nettoyage de vêtements à une entreprise du secteur adapté et protégé (STPA). Et le bilan est plutôt positif : un taux d'emploi de 4,82% (sur 6%) en 2015, 1,24 M€ commandés en 2015, organisation de Trophées Handi Achats. L'une des clés de réussite un tel projet, a expliqué un responsable de la direction achat/RSE de GTZ Gaz : "bien anticiper les dates de renouvellement des marchés pour convaincre les prescripteurs."

Quid des sanctions ? Les structures n'ayant mené aucune action en faveur de l'insertion des travailleurs handicapés doivent s'acquitter d'une sanction financière lourde : payer une contribution annuelle de 1 500 fois le Smic à l'Agefiph, Association de gestion du fonds pour l'insertion des personnes handicapées.