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Décentralisation : la performance au plus près du terrain

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La conférence "Quelle stratégie achats en contexte décentralisé ?" organisée par l'EBG, a été l'occasion de comprendre que des acheteurs placés au plus près du terrain peuvent constituer un formidable levier de performance. A condition d'assurer un support global et d'encadrer les pratiques.

Décentralisation : la performance au plus près du terrain

Difficile d'optimiser les achats dans une organisation décentralisée. Pourtant, comme en témoignent les expériences des groupes Auchan, Crédit Agricole et Engie (GDF-Suez), invités mi-mai par l'Electronic Business Group (EBG) à échanger sur le sujet, transformer cette apparente contrainte en opportunité est tout à fait envisageable.

Comment ? D'abord en adaptant l'organisation achats elle-même. En 2008, Auchan a ainsi opté pour la création d'une société en charge des achats indirects (4 milliards d'euros annuels), avec une direction par pays, et la mise en place d'un support groupe pour apporter de l'ingénierie, du savoir-faire, des techniques, etc. S'ils disposent d'une certaine liberté, les acheteurs, où qu'ils soient dans le monde, utilisent les mêmes outils dans le cadre de process harmonisés. "C'est un subtil mélange d'autoritarisme et de négociation avec les directeur généraux dans chaque pays, explique Pascal Delval, à la tête de la structure, précisant que "le plus important est d'être aux côtés des clients pour bien comprendre leurs besoins".

L'accent est mis sur le category management

Au Crédit Agricole comme chez Engie, l'accent est plutôt mis sur le category management. "Mais la mise en place de category managers dans certaines entités, chargés de piloter des familles d'achats au nom du groupe, n'est possible que si les fonctions support sont assurées au niveau du groupe, pour l'analyse des dépenses, la mesure du risque, la gestion budgétaire, etc.", considère également Sylvie Robin-Romet, directrice des achats du groupe bancaire (8 milliards d'euros d'achats annuels), chargée depuis sa prise de poste il y a deux ans de se focaliser sur les 20 filiales acquises pour les faire travailler ensemble dans les achats.

En plus des category managers, des acheteurs grands comptes ont été mis en place pour piloter les fournisseurs ayant un historique et un partenariat "lourd" à l'échelle du groupe, notamment dans le domaine de l'informatique (IBM, Microsoft, etc.). "En relation avec les category managers, la DSI, les opérationnels et les équipes achats sur le terrain, ils apportent une vision globale sur les contrats et la relation avec ces fournisseurs".

Chez Engie (19,2 milliards d'euros d'achats annuels, hors énergie), qui a adopté une approche similaire pour certains de ses fournisseurs multi-catégories, autour de la notion de "prefered supplier", pas moins de quarante category managers ont été déployés. "Placés dans les business units, ils fonctionnent en relation avec les opérationnels et les correspondants techniques, au plus près du terrain", explique Frédéric Bellon, domain manager à la direction des achats, Engie. Car pour instiller une "dose de transversalité" dans organisation fortement décentralisée du fait des multiples fusions/acquisitions réalisées au fil des années, le groupe a également mis en place des domain managers, chargés de coordonner les actions achats.

Lire la suite en page 2: "Des contrats de "performance" et de "rupture"