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Commandes, factures, suivi des contrats : les bienfaits de la blockchain selon Pascal Pelon, DA d'Axa France

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Automatisation et fluidification du process d'achats, mise sous tension de la chaîne de fournisseurs, sécurité des approvisionnements, ... les bénéfices de la blockchain pour les achats semblent nombreux. Pascal Pelon, directeur achats d'Axa France nous explique pourquoi.

Commandes, factures, suivi des contrats : les bienfaits de la blockchain selon Pascal Pelon, DA d'Axa France

"Si le directeur achats d'Airbus avait recours à la blockchain cela lui permettrait de suivre chaque boulon de la vis du constructeur jusqu'au produit fini", explique Laurent Benichou, chargé d'innovation, veille et prospective chez l'assureur Axa à l'occasion d'une conférence organisée par le cabinet Meotec sur le sujet. Ce dernier a pour mission de traiter de la blockchain avec les directions métiers de son entreprise.

Blockchain. C'est le nouveau terme auquel on ne peut pas échapper. Mais quel intérêt pour les achats? Laurent Benichou liste la plus-value de la blockchain pour les achats : "Ce système permet une meilleure automatisation et fluidification du process d'achats, la mise sous tension de la chaîne de fournisseurs ou encore le tracking des éléments d'approvisionnement". Pascal Pelon, directeur achats Axa France était présent [cf photo]. L'occasion de lui poser quelques questions.

Quel intérêt peut représenter la blockchain pour les achats ? Et pour quelles applications métiers ?

Pascal Pelon : La technologie blockchain permet de fluidifier, sécuriser et rendre transparente aux acteurs autorisés une transaction. Ce dispositif peut alors s'appliquer à plusieurs domaine dans les achats : création d'un smart contrat (équivalent d'une commande aujourd'hui) : le client s'engage à payer un fournisseur en l'échange d'une prestation. Le smart contrat créé en technologie blockchain, porte, alors, les conditions de la prestation mais aussi les conditions de règlement qui sera déclenché à réception de la prestation par le client.

La seule difficulté que l'on peut voir aujourd'hui est le paiement qui s'effectuerait en " monnaie blockchain " (Bitcoin, ether ou autre), devises non reconnues par la plupart des entreprises, et le fait que pour garantir un paiement automatique, l'acheteur devrait mettre sous séquestre " dans la blockchain " le prix de la prestation dès la commande. Par ailleurs, la facilité de mise en oeuvre des smart contrats permettrait, lorsque cela a du sens, de solliciter de manière plus fréquente les fournisseurs pour plus de valeur pour le client in fine.

Concernant l'envoi de factures, la blockchain permettrait d'acheminer de manière sécurisée une facture d'un fournisseur vers son client. Celle-ci pourrait même porter une référence au contrat (la preuve cryptographique du contrat de prestation pouvant être annexée au smart contract), qui lui-même aurait pu être constitué puis signé de manière sécurisée entre le fournisseur et son client. Le fournisseur aurait alors une visibilité totale sur le process de bout en bout : il pourrait observer en direct où en est l'exécution et le paiement de la prestation, à la manière du suivi d'un colis. Cela permettrait aussi de suivre de manière automatique la bonne application des contrats par les opérationnels détenteurs de budget (conformité).


Sur quelles problématiques spécifiques cela peut-il intéresser votre direction ?

Pascal Pelon : La technologie blockchain peut être utilisée sur l'ensemble du processus achats. La facilité de mise en oeuvre permettrait de solliciter de manière plus fréquente le marché lorsque cela apporte de la valeur, de fluidifier et automatiser les échanges entre le fournisseur et son client (contrat, signature, commande, paiement...) tout en assurant une transparence et une sécurisation du processus tout au long de la chaîne.

Enfin, songez-vous à une expérimentation au sein de votre direction?

Pascal Pelon : Nous travaillons avec la direction de l'innovation du Groupe Axa avec laquelle nous sommes en phase d'expression de notre besoin achats et d'exploration des prestataires en capacité d'y répondre. Une expérimentation se fera très certainement sous forme de Proof of Concept courant 2016.