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"Nous constatons, année après année, la montée en puissance des achats responsables"

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L'ObsAR a organisé, la semaine dernière, la 8e édition de son forum. Un événement qui a été l'occasion de faire un point d'étape sur la Charte des relations fournisseurs responsables et de pointer ce qui marche et ce qui freine encore le déploiement des politiques.

'Nous constatons, année après année, la montée en puissance des achats responsables'

Cette 8e édition a permis aux acheteurs de décrypter les achats responsables via différents prismes: l'enjeu environnemental (prise en compte du cycle de vie des produits et services, éco-conception et économie circulaire); la RSE et la gouvernance achats (relations avec les parties prenantes, analyse du risque et création de valeur, impact sur l'écosystème de l'entreprise,...), les démarches de progrès avec les fournisseurs (achat collaboratif, soutien à l'innovation, simplification des procédures).

"Nous oeuvrons pour que l'acheteur prenne le pouvoir"

Un moment idéal pour rappeler aussi que la Charte des relations fournisseurs responsables approchait les 600 signataires."Ce n'était pas gagné d'avance", a tenu à souligner Pierre Pelouzet, le médiateur des relations inter-entreprises et président de l'ObsAR. Cette charte édite les 10 bonnes pratiques à respecter dans les relations clients-fournisseurs. "Nous avons lancé cette charte avec une vingtaine d'entreprises et nous avons été nous-même surpris par l'engouement et la force qu'a pris cette charte et le nombre d'entreprises qui nous ont depuis suivies".

Cette charte a t-elle eu un impact sur l'image de l'acheteur dans les entreprises ? "Je l'espère car tous les travaux que nous menons vont dans ce sens. Nous oeuvrons pour que l'acheteur prenne le pouvoir. Via le baromètre de l'ObsAR, nous constatons, année après année, la montée en puissance des achats responsables et, dans la plupart des grands groupes désormais, une personne porte le dossier, ce qui n'était pas le cas il y a cinq ans", a tenu à ajouter Pierre Pelouzet.

Des blocages persistent

Mais tout n'est pas rose, loin de là, car malgré l'engouement visible, des blocages persistent au sein des entreprises et impactent le déploiement des plans d'action des acheteurs. L'enjeu est aujourd'hui de parvenir à convaincre les clients internes.

Le frein numéro 1 pointé par le récent baromètre ObsAR : les contraintes budgétaires. Son président a toutefois tenu à marteler que "non, les achats responsables ne sont pas plus chers !" ajoutant que "nous nous battons tous les jours contre le dogme qui oppose l'économie et les achats responsables". Dans ce contexte peu favorable, l'acheteur doit donc essayer de faire bouger les lignes en ayant notamment une approche TCO.

Autre ombre au tableau et non des moindres: les délais de paiements. La LME (loi de modernisation de l'économie, entrée en vigueur le 1er janvier 2009, NDLR), pourtant très claire sur le sujet, n'est pas respectée. Elle prévoit que les délais de paiement conventionnels ne doivent pas excéder 60 jours à compter de la date d'émission de la facture, ou 45 jours fin de mois, à l'exception de quelques accords dérogatoires. "Nous constatons aujourd'hui que les délais réels tournent plutôt autour de 72 jours ! relève Pierre Pelouzet. Deux conséquences : il manque 15 milliards d'euros dans les caisses des PME et cette situation est responsable de 25% des faillites d'entreprises".

La mise en place d'une politique d'achats responsables dans une entreprise qui ne respecterait pas, volontairement ou involontairement, les délais de paiement, n'a donc pas beaucoup de sens...

Par ailleurs, payer en retard ses fournisseurs coûte cher dans la mesure où les entreprises doivent passer plus de temps à courir après leurs règlements qu'à chercher de nouveaux clients, tout en pouvant être confrontées également à des problématiques de sous-qualité.

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