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Achats : sur quels leviers repose une politique d'optimisation ?

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Manager opérationnel, le directeur des achats occupe un poste-clé qui se rapproche de plus en plus de la décision stratégique de l'entreprise. De quels outils dispose-t-il pour mener à bien sa mission ? Le point sur les tendances et les solutions du marché.

Achats : sur quels leviers repose une politique d'optimisation ?

Alors que 67 % des entreprises pensent que la transformation des filières fournisseurs constitue un vecteur de croissance, le directeur des achats pèse de plus en plus dans la définition et l'orientation de la stratégie. C'est ce que révèlent les résultats du 8e Observatoire des Achats(1) publié, en juin dernier, par le cabinet de conseil BearingPoint, en partenariat avec l'Essec et Novamétrie. Les entreprises s'attellent à repenser fondamentalement la manière dont elles interagissent avec leurs fournisseurs, afin de mettre davantage l'accent sur la valeur que ces derniers peuvent apporter.

Cet objectif offre aux directeurs des achats une opportunité de prendre les commandes d'une mission dont les résultats, s'ils sont positifs, pourraient bien les aider à asseoir leur autorité au sein du top management. " Ils ont une opportunité exceptionnelle d'apporter de la valeur à leur entreprise. La raison est simple : les dirigeants saisissent de mieux en mieux l'importance de leurs filières fournisseurs, si bien que les acheteurs se rapprochent du coeur de la prise de décision stratégique ", commente Philippe Chaniot, associé dans l'équipe supply chain management de BearingPoint.

Évidemment, la réduction des coûts reste le facteur numéro un de la transformation des filières fournisseurs (selon 56 % des sondés), à plus forte raison lorsque le contexte économique est tendu, mais les entreprises sont désormais conscientes de la création de valeur générée par les fournisseurs. L'Observatoire des Achats nous apprend également que la recherche de savoir-faire (16 %) et la gestion des risques (15 %) entrent dans le champ des préoccupations des directions. " Ce sont deux facteurs sur lesquels les fournisseurs peuvent apporter, là encore, leur contribution de manière significative ", souligne Jérôme Courgeon, l'un des auteurs de l'étude.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter l'article suivant : L'acheteur doit acquérir une posture de leader.

Vers des stratégies ''glocales''

L'heure est à la mise en oeuvre de dispositifs mieux équilibrés d'un point de vue géographique. L'étude de BearingPoint montre ainsi une exacte répartition des stratégies d'achat entre local et global (46 % chacune). En outre, 63 % des entreprises considèrent que plus de 50 % de leurs fournisseurs sont locaux. Ces résultats confirment la tendance selon laquelle les pays low cost (LCC) ne constituent plus nécessairement une priorité. " Ce mouvement de relocalisation s'explique par l'incertitude qui pèsent sur les volumes et qui conduit les acheteurs à privilégier des fournisseurs plus proches auxquels ils commandent des quantités moindres ", indique Mitch Free, p-dg de la place de marché MFG.com, qui suit les tendances économiques en matière d'achats industriels.

Enfin, si la transformation de la filière fournisseurs est bel et bien considérée comme un vecteur de croissance, elle se heurte par ailleurs aux réalités économiques, en raison de la restriction des budgets. En effet, 32 % des directions des achats indiquent que les contraintes budgétaires sont le principal obstacle à cette transformation. Ceci explique probablement que seulement 15 % d'entre elles estiment être des contributrices à part entière de la transformation des filières au sein de leur entreprise.

(1) L'Observatoire des Achats 2014 est publié par BearingPoint, Essec et Novamétrie. Il est le résultat d'une enquête menée auprès de 500 directeurs des achats interrogés en Europe et en Asie, dont 150 en France, représentatifs de toutes les tailles d'entreprises.

La piste du (re)design to cost

La question de l'optimisation des achats pose, en corollaire, celle de la méthodologie employée, car l'acheteur doit à la fois réduire les coûts et veiller à ce que ses clients internes soient satisfaits. Une équation difficile à résoudre. Une solution consiste à recourir au (re)design to cost (conception à prix objectif en français), c'est-à-dire à intégrer l'optimisation du coût dès la conception du produit.