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Achats de prestations intellectuelles : intérim, portage salarial, indépendant, quel statut privilégier?

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Parce que les risques contractuels sont différents en fonction du type de contrat choisi, le Club des acheteurs de prestations intellectuelles a organisé une conférence dans le but d'éclairer les acheteurs sur les différents statuts possibles des prestataires et pointer les avantages et les risques.

Achats de prestations intellectuelles : intérim, portage salarial, indépendant, quel statut privilégier?

L'achat de ressources externes est le poste de dépenses le plus important pour la plupart des sociétés (2,7 trilliards d'euros chaque année), a rappelé Pixid, société française spécialisée dans la gestion dématérialisée de l'intérim.

Une dépense qui a augmenté de 41% en 5 ans mais qui est encore aujourd'hui mal gérée en interne par les RH et les achats car 55% de ces ressources externes ne sont pas suivies, ce qui a pour conséquences directes : un coût de prestation plus élevé, l'existence d'un risque juridique, une dépense éparse et peu efficace, une absence de contrôle des fournisseurs et souvent, une sur-facturation.

Dans l'entreprise, les populations concernées par ces achats de prestations intellectuelles sont nombreuses car vont des ressources humaines (conseil, formation, recrutement, coaching) à la direction générale (conseil, coaching) en passant par la finance (auditeurs, avocats/juristes, huissiers) ou la communication & marketing (conseil, agences).

Dépenses de prestations intellectuelles sur l'IT : 49,2 milliards

- Conseil et services informatiques : 61%

- Édition de logiciels : 21%

- Conseil en technologies : 18%

Interim vs prestations

Intérim ou prestations, les enjeux d'achats sont différents. Quand les achats d'intérim nécessitent une grande vigilance dans le respect des contrats cadre, d'une traçabilité en cas de litige, d'une capacité à contrôler des factures complexes et à gérer la contractualisation électronique, l'achat de prestations implique une bonne gestion des appels d'offre, des imputations de coûts, de contrôle des risques de dérive et de bonne gestion des aspects contractuels.

Si les enjeux sont distincts, les contextes d'achats sont eux aussi différents. Obligation de moyens pour l'intérim et de résultats pour les prestations mais cela ne s'arrête pas là. Dans le cadre d'un achat d'intérim la ressource est sous la responsabilité du client (coefficient négocié) alors qu'elle est gérée par le fournisseur dans le cadre d'un achat de prestations (prix du forfait négocié).

Par ailleurs, les profils ne sont pas les mêmes : il n'y aurait ainsi que 10% de cadres en intérim, l'essentiel étant des cols bleus.

Portage salarial, autoentrepreneur, entreprise individuelle

Le cabinet Valor consultants, spécialisé dans le portage salarial pour les entreprises, a rappelé aux acheteurs le fonctionnement de cette pratique dont l'ordonnance vient d'être ratifiée avec le vote de la loi Travail (El Komhri) le 8 août dernier.

Solution simple et facile, le portage salarial permet de répondre aux besoins du moment de l'entreprise en faisant appel aux services d'une personne extérieure compétente, sans recourir au recrutement. A la clé, de nombreux bénéfices : flexibilité, réactivité, productivité tout en gardant la maîtrise de son budget.

Plus protecteur pour le consultant que le statut d'auto-entrepreneur (pas d'assurance responsabilité obligatoire, pas d'indemnisation Pôle Emploi,...) et moins risqué notamment en terme de dépendance économique que l'entreprise individuelle, le portage salarial connaît une croissance de 20% par an et concerne 7 millions de salariés (portés) dont près de 63 150 en France.

Les missions effectuées en portage salarial sont limitées à 36 mois (contre 18 mois maximum en intérim) et le motif du recours n'est pas obligatoire contrairement à l'achat d'intérim qui doit être justifié par un accroissement d'activité ou un remplacement dans le cadre d'un congés maternité par exemple.