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L'acheteur, community manager de demain?

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Sourcing, veille fournisseurs, risques d'une mauvaise e-réputation... Si les directions achats s'emparent du digital, elles semblent encore peu au fait de l'utilité des réseaux sociaux. À quoi peuvent bien servir ces outils dans les achats? Enquête.

L'acheteur, community manager de demain?

LinkedIn, Facebook, Twitter... Les réseaux sociaux sont légion. Soit plus d'une trentaine si l'on en croit les spécialistes de Capgemini Consulting (voir encadré ci-dessous). Mais quels usages peuvent en avoir les achats? Peuvent-ils être utilisés pour faire de la veille fournisseurs? Les achats se sentent-ils concernés par les risques d'une mauvaise e-réputation? Un sujet à prendre à bras-le-corps, car, selon une étude du Forum économique mondial, en moyenne 25% de la valeur d'une entreprise sont directement liés à sa réputation.

Mais avant toute chose, les directions achats doivent prendre conscience de l'intérêt des réseaux sociaux. "Seuls 40% des directeurs achats ont une stratégie digitale dans leur métier: c'est peu. Cependant, les dépenses liées aux technologies sont en hausse. Ainsi, 16% des directeurs achats veulent investir dans les réseaux sociaux (contre seulement 6% l'année dernière)", commente Magali Testard, associée responsable conseil en achats et supply chain chez Deloitte, en s'appuyant sur l'étude annuelle mondiale sur la fonction achats(1) éditée par le cabinet.

"L'acheteur sera-t-il le community manager de demain?, s'interroge Alexandre Lassis directeur Corporate Excellence & Transformation chez Capgemini Consulting et de répondre: Les solutions collaboratives liées aux réseaux sociaux offrent l'opportunité d'un nouveau rôle à l'acheteur. Il devient orchestrateur et non plus simplement l'intermédiaire entre l'entreprise et ses fournisseurs."

En d'autres termes, cela permet d'organiser un dialogue direct entre les clients internes et les fournisseurs sans l'intermédiation des achats. Ces derniers seront alors simplement chargés d'animer ces échanges. "On gagne du temps! explique Alexandre Lassis, avant d'ajouter: En rapprochant les clients internes des fournisseurs grâce aux réseaux sociaux, les directions achats donnent de la réactivité sans perdre en efficacité."

(1) The Deloitte Global CPO Survey 2016.

Panorama des réseaux sociaux

Plus de 30 solutions sont disponibles sur le marché, à confronter aux usages achats et aux objectifs spécifiques de la direction achats: knowledge management, gestion de l'innovation, veille fournisseurs, animation de la fonction achats, gestion de processus, amélioration de la productivité, animation d'un réseau d'experts, développement de l'affinité avec les prescripteurs...


Témoignage: Pierre-Louis Frouein, sustainable purchasing chez Nokia

"Alertés sur un fournisseur, nous avons coopéré avec une ONG chinoise"

"Pour mesurer nos achats durables, nous utilisons différents outils. Cela passe notamment par des analyses de risques (santé financière, sécurité...), des évaluations et des audits fournisseurs avec Ecovadis et SGS. Nous nous appuyons également sur nos auditeurs internes", explique Pierre-Louis Frouein, sustainable purchasing chez Nokia. L'avantage de ces outils? "Nous pouvons comparer nos fournisseurs à la fois au niveau des risques et au niveau du business".

Des audits d'importance quand on sait que l'entreprise comptabilise au total près de 20000 fournisseurs. Suite à ces évaluations, des actions et des corrections peuvent être mises en place. Mais Nokia ne s'arrête pas là. L'entreprise est également vigilante sur ce que peuvent dire les acteurs de la société sur les fournisseurs. Le seul inconvénient? "C'est parfois difficile à vérifier et on ne peut pas comparer avec les autres fournisseurs car les méthodologies utilisées et les entreprises visées sont différentes", précise Pierre-Louis Frouein.

Ainsi, Nokia est en contact avec l'ONG chinoise IPE qui recense toutes les condamnations environnementales des fournisseurs. "Nous avons été contactés par IPE qui nous a alertés sur un fournisseur d'un fournisseur condamné pour avoir pollué une rivière", détaille Pierre-Louis Frouein. Un vrai sujet pour l'e-réputation de l'entreprise. Les équipes achats ont pris le sujet à bras-le-corps et même si l'entreprise ne travaillait déjà plus avec ledit prestataire, ils ont coopéré avec l'ONG chinoise pour organiser des ateliers work-shops RSE en 2011 et 2012 incluant 20 fournisseurs chinois.

>> Suite de l'article en page 2.