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[Tribune] L'agilité organisée et maîtrisée au service du projet au forfait

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L'approche agile consiste à privilégier une collaboration avec le client plutôt qu'un contrat, un logiciel opérationnel plutôt qu'une documentation précise et complète, ou encore l'adaptation au changement plutôt qu'un plan détaillé et des dates figées.

[Tribune] L'agilité organisée et maîtrisée au service du projet au forfait

Lorsqu'un prestataire est engagé dans un projet "au forfait", c'est généralement dans un but de contrôle du budget initial, de respect d'un planning de livraison bien précis et d'un périmètre de fonctionnalités bien identifiées. L'"approche agile" (plutôt que la "méthode agile") consiste, elle, à raisonner en termes de "gestion de produit" et non plus en "gestion de projet". Est-ce possible alors de réaliser avec succès un projet agile en mode forfaitaire ? Comment lier les contraintes d'un contrat au forfait aux changements culturels imposés par l'agilité ?

Depuis plusieurs années maintenant, l'agilité séduit et efface peu à peu les autres méthodes comme le fameux cycle en V en place depuis 1980. Pourtant, l'approche, la philosophie, l'esprit ou même le courant agile implique un réel changement de culture et de raisonnement que les protagonistes des projets oublient parfois. En effet, on privilégie une collaboration avec le client plutôt qu'un contrat, un logiciel opérationnel plutôt qu'une documentation précise et complète, ou encore l'adaptation au changement plutôt qu'un plan détaillé et des dates figées.

Mais alors ? L'agilité s'adresse-t-elle à tout le monde ?

On peut très bien gérer l'organisation de son mariage en Scrum avec quelques post-it à la maison. Une association de golf peut aussi mettre en place son site web en suivant une approche identique. Un éditeur de logiciels ou un service R&D peut aussi plus facilement appliquer les principes de l'agilité car la notion de contrat au forfait n'existe pas ou est beaucoup plus souple. Mais un client avec un cahier des charges de 300 pages et des spécifications de 1200 pages et qui choisit un prestataire en off-shore le moins cher possible, lui, aura plus de difficultés à suivre les concepts agiles. En tout cas, ce n'est pas la meilleure solution ! Mais c'est bien entendu possible, si tout le monde est prêt à accepter quelques changements dans sa façon de voir le succès d'un projet, que ce soit le client qui va devoir s'investir tout au long du projet, ou que ce soit le prestataire qui devra s'outiller efficacement pour que les processus soient les plus fluides possibles.

Oui, tout le monde peut devenir agile... mais à des degrés et des niveaux d'intégration différents.

Finalement, le client doit-il abandonner l'idée d'un budget fixe ?

Le client doit avant tout être conscient qu'il est au coeur de son projet, que le prestataire n'est plus un sous-traitant mais un partenaire, et que les risques sont partagés. Lorsque le client souhaite une modification, il doit avoir conscience et accepter les effets que cela peut éventuellement avoir sur le périmètre, mais aussi sur le planning et si ce n'est pas suffisant sur le budget.

Cela peut sembler évident lorsque présenté hors du contexte d'un projet, mais prévoir, estimer et planifier 10 fonctionnalités, puis changer le besoin en cours de projet, et choisir de faire finalement 15 fonctionnalités a forcément un impact quelque part. L'approche agile n'annihile pas ce genre d'impact, mais elle offre par contre plusieurs possibilités pour prendre en compte le changement.

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Christophe Pouly et Michel Marien, Digital Commerce, Keyrus