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Supply chain responsables : "Les acheteurs sont un maillon de la chaîne"

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Portée par le récent vote de la loi sur le "devoir de vigilance" à l'Assemblée Nationale, la société d'ingénierie en commerce international, Acte International, a rappelé l'importance aujourd'hui pour les entreprises de mettre en place des supply chain responsables.

Supply chain responsables : 'Les acheteurs sont un maillon de la chaîne'

Présent sur le salon du transport et de la logistique (SITL) à Paris la semaine dernière, la société d'ingénierie en commerce international, Acte International a rappelé que si "le commerce international est un magnifique vecteur de développement économique pour tous les pays, il ne doit pas être pratiqué dans n'importe quelles conditions". La catastrophe du Rana Plaza au Bengladesh en 2013, avait ainsi mis en lumière les dérives de cette course folle aux prix et pointé la défaillance, en termes de responsabilités, des donneurs d'ordres - ici les industries textiles - quant aux problématiques environnementale, éthique et sociale.

La récente loi sur le "devoir de vigilance", votée en première lecture à l'Assemblée Nationale le 27 mars dernier, obligera désormais les grandes entreprises (+ de 5000 salariés) à établir et mettre en oeuvre un "plan de vigilance" destiné à prévenir les atteintes aux droits de l'homme et à l'environnement ainsi que la corruption chez les sous-traitants ou fournisseurs avec qui elles ont une relation commerciale durable.

Les acteurs de la supply chain

Acte International a rappelé que les acheteurs et commerciaux étaient les premiers maillons de la chaîne en tant que négociateurs, suivis par ceux qu'Anne Le Rolland, fondatrice et présidente d'Acte International, nomme les "ouvreurs de marché", c'est-à-dire les intermédiaires, agents, traders, distributeurs et importateurs.

En face, on trouve les fournisseurs et clients, rodés aux pratiques import et export de leurs pays, les administrations et autorités de contrôle (douane, fisc, conformité, certificateurs) et sous-traitants (sociétés de contrôle qualité, société d'audit social, environnemental, sécurité bâtiment).

Vers des supply chain responsables

Anne Le Rolland a expliqué que les thèmes couverts dans ce que l'on nomme aujourd'hui des supply chain responsables allaient de l'environnement, à la prévention de la corruption (éthique des affaires) en passant par la santé, la responsabilité sociale dans l'entreprise (du dirigeant) et la responsabilité sociétale.

Pour évaluer le caractère responsable des supply chain, Acte International étudie avec l'entreprise un certain nombre de points comme les pratiques de sourcing, les pratiques d'achat, la formalisation des politiques RSE de l'entreprise, les modes de contrôle et outils de surveillance, le niveau de compétence interne, les process de décision interne, les pratiques commerciales, financières, douanières et logistiques.

Le plus souvent, les maillons faibles des supply chain concernent tout ce qui impacte le prix de revient des produits : délais, coûts (main d'oeuvre, matières premières, couts logistiques,...), règles internationales d'accès au marchés, règlementations nationales d'accès aux marchés.

Plusieurs étapes

Un tel travail nécessite de suivre un certain nombre d'étapes. Un diagnostic tout d'abord qui permet de détecter les risques dans la supply chain internationale ainsi que d'évaluer le coût de non-conformité.

Fort de ce diagnostic, l'entreprise pourra mettre en place un plan d'amélioration (formation, formalisation, déploiement, communication), puis un audit de validation, de certification ainsi qu'une gestion des cas de non-conformité.

L'impulsion doit venir d'en haut

Mais en interne, les acheteurs ont-il les moyens de contribuer à la mise en place de ce chantier responsable ? "Si l'objectif premier que l'on donne aux acheteurs c'est d'acheter le moins cher possible sans leur dire qu'ils doivent être alertes quant aux aspects éthique, social et environnemental des sites de production, on ne peut leur reprocher leur course aux prix le plus bas", pointe Anne Le Rolland.

La décision doit donc être impulsée par les directions générales afin que les différents maillons de la chaîne soient sensibilisés et formés. "Nous formons des acheteurs sur les achats responsables et notre difficulté c'est que, très souvent, ils nous disent que ce n'est pas leur responsabilité. Notre rôle est de leur expliquer qu'ils sont un maillon de la chaîne qui permettra de choisir le bon fournisseur. Et ce rôle, ils doivent aujourd'hui pleinement le jouer", poursuit la fondatrice d'Acte International.

Et preuve que les choses évoluent dans le bon sens, la société est de plus en plus sollicitée pour ses formations d'"acheteur international responsable" et non plus uniquement d'acheteur international.