Mon compte Devenir membre Newsletters

Fêtes de fin d'année : quand la supply chain doit s'adapter

Publié le par

Comment lisser les pics d'activité de la supply chain pendant les périodes de fêtes? Avec quelles méthodes? Et quels sont les points de vigilance? Réponses de Magali Revol,directrice associée d'Oresys, cabinet de conseil en management et organisation.

Fêtes de fin d'année : quand la supply chain doit s'adapter

Comment gérer les périodes de tension dans la supply chain comme pendant les fêtes de fin d'année?

Magali Revol d'Oresys : La supply chain doit s'adapter aux rythmes de vente cycliques, fêtes de fin d'année ou dans la distribution ou événements exceptionnels comme le lancement du dernier Harry Potter. Pour lisser au maximum ces pics d'activité, il faut travailler sur les maillons très amont de la supply chain. Il est préconisé de faire de la prévision des ventes (que l'on soit fournisseur, producteur ou distributeur). Il faut définir la récurrence ou non des ventes et ensuite appliquer des modèles mathématiques au moment pertinent (période temps, modèle ...).

Ensuite, il faut sécuriser les appro auprès des fournisseurs via par exemple la nouvelle méthode de planification DDMRP (Demand Driven Material Requirement Planning) qui vient des Etats-Unis. Celle-ci pourrait remplacer celle utilisée ces dernières années, le MRP (pour Material Requirement Planning). Ses deux atouts principaux : limiter les stocks de sécurité à tous les niveaux et indiquer aux approvisionneurs les actions prioritaires à mener par des codes couleurs.

L'omnicanal exacerbe la question des stocks et de la préparation de commande. Stocker et préparer pour les points de vente n'est pas pareil que stocker et préparer pour des particuliers qui ont commandé sur internet. La question se pose de réaliser le stockage et le picking sur le même entrepôt; a minima, il devient indispensable d'avoir une vision consolidée des stocks pour limiter les ruptures et faciliter le transfert de stock entre deux sites (entrepôt, magasins ...).

Comment percevez-vous la collaboration entre les achats et la supply chain?

M. R : Les achats et la supply chain ne travaillent pas suffisamment ensemble. C'est également le cas du marketing qui ne travaille pas non plus assez avec la supply chain. Le département marketing définit la promesse client et le délai. Il va promettre la plus belle offre possible mais il ne comprend pas toujours les contraintes logistiques. De leur côté, les achats qui s'occupent en général du référencement fournisseur doivent intégrer les contraintes d'approvisionnement et de production dans les négociations et les approvisionneurs doivent essayer de ne pas surstocker sans tomber en rupture.

Enfin, la supply chain utilise-t-elle les nouvelles technologies (RFID, drones, robots, ...)?

M. R : Dans les entrepôts, on expérimente les drones pour les inventaires. On expérimente également des objets connectés comme les Google glass qui permettent de visualiser les ordres de commande directement sur l'écran et d'avoir les deux mains disponibles. Les entrepôts s'automatisent de plus en plus notamment aux USA et en Allemagne, phénomène dont la France commence à s'inspirer. On peut aussi miser sur les puces RFID pour tracer les produits et savoir où ils se situent sur la chaîne.