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Acheteurs : vos directions sont-elles plutôt stratégiques ou opérationnelles?

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Vos directions achats sont-elles plutôt stratégiques ou opérationnelles? Telle fut la question posée à l'occasion d'une journée organisée par Crop & Co le 8 avril dernier. Illustration avec les achats indirects d'Auchan.

Acheteurs : vos directions sont-elles plutôt stratégiques ou opérationnelles?

"Les acheteurs sont d'éternels conquérants, à la recherche de nouveaux territoires", entérine Philippe Portier, professeur à l'EM Lyon Business School, à l'occasion d'une journée achats organisée le 8 avril à Lyon par le cabinet Crop & Co. Ce dernier propose un benchmark des organisations achats pour les aider à "gagner de nouveaux domaines de manière cohérente avec leurs ressources".

Pour ce dernier, les directions achats peuvent être classées selon 4 axes de réflexion : un axe stratégique (pratiques orientées vers le futur)ou opérationnel (optimisation du présent). Elles peuvent également être classées en fonction de leurs relations avec leurs fournisseurs : transactionnelles (pratiques orientées vers des contrats), ou plus relationnelles (avec un pilotage en continu avec les fournisseurs). [cf.schéma].

Oxygen : le plan de rationalisation achats d'Auchan

Chez Auchan, les achats indirects sont encore jeunes (2009). Selon le cabinet Crop & Co, ils se situent dans un axe stratégique / opérationnel. Ces achats indirects naissent après un audit réalisé par le cabinet de conseils Oliver Wyman. La raison ? 70 % achats indirects n'étaient alors pas réalisés par des professionnels et il n'existait aucun moyen de contrôles sur les 14 000 acheteurs. Ce programme de rationalisation des achats indirects lancé en 2009 a été baptisé Oxygen : "un système de jeu adopté d'après le profil de l'entreprise Auchan décentralisé, commerçant, etc", explique Pascal Delval, directeur achats indirects chez Auchan. Si auparavant, la dépense était perçue comme compte comptable, désormais l'acte d'achat est envisagé comme une dépense à optimiser. "Nous sommes responsabilisés. Avec un mot d'ordre : Achetez comme si c'était pour vous", insiste le directeur des achats indirects. Aujourd'hui, les achats s'élèvent à 4,5 milliards euros (2 milliards en exploitation et 2, 5 brut en dépenses d'investissement). Aujourd'hui, un collaborateur gère un portefeuille de 40 millions d'euros de dépenses. Et une nomenclature internationale des achats a été réalisée dans 12 domaines.

Naissance d'une direction achats centrale

Les achats se décomposent avec une direction achats groupe et des directions achats dans 11 pays (Espagne, Italie, Portugal, Luxembourg, Roumanie, Ukraine Pologne, Russie, Hongrie, etc). Il existe en parallèle 34 BU "hyper ou supermarché" avec chacune un directeur général (dg). Les directions achats pays reportent au patron de la direction achats centrale. "Nous avions le choix entre greffer une nouvelle entité comme une direction achats centrale, soit travailler dans le cadre d'une évolution et créer une organisation différente", détaille Pascal Delval. "Notre leitmovitv : faire travailler l'ensemble de l'entreprise car nous sommes constitués en silo. Nous devons les faire travailler ensemble pour créer de la valeur et de la transversalité".

Pour mieux faire accepter cette nouvelle autorité centrale, le dg de chaque DA s'il choisit ses objectifs avec la DA centrale, garde "un pouvoir régalien" pour juger les équipes en place.

Cette nouvelle organisation achats s'est vue confier 3 missions : dégager des marges de manoeuvre d'économies supplémentaires. Des gains ensuite réinvestis auprès des BU, pour "faire en sorte que les équipes attribuent leurs réalisations aux BU", souligne le directeur achats. Mais il s'agit également de répondre aux besoins des clients par des produits et des services adaptés aux prix les plus bas et enfin faciliter la décision d'achats grâce à des outils performants. Dans le plan de progrès annuel, les chiffres et KPI des meilleures BU deviennent les objectifs à atteindre. La DA centrale calcule tandis que la BU valide les gains. Pour cela, les achats travaillent avec l'outil Ariba. "Je m'estime patron d'une communauté. J'ai besoin d'une vision 2.0", conclut le directeur achats d'Auchan.