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L'open booking a-t-il de l'avenir?

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Davantage connectés et donc plus autonomes, les voyageurs d'affaires souhaitent garder la main sur leurs réservations. Ce faisant, ils contraignent les travel managers à adapter leurs pratiques.

L'open booking a-t-il de l'avenir?

Selon l'étude annuelle de la GBTA (Global Business Travel Association), les dépenses des entreprises françaises en matière de déplacements professionnels ne faiblissent pas.

En 2014, elles ont enregistré une croissance de 2%, tandis que 2015 devrait se solder par une hausse de 3%, qui s'explique notamment par l'inflation des voyages d'affaires effectués à l'intérieur de l'Hexagone.

Dynamique, le marché connaît dans le même temps de profondes mutations. La première d'entre elle se ­rapporte aux usages, puisque les collaborateurs en déplacement prolongent souvent leur séjour dans le cadre privé. À ce titre, ils apprécient de pouvoir piloter eux-mêmes leurs réservations, afin de se sentir plus libres et moins "corsetés" par rapport à leur employeur.

La digitalisation des canaux d'achat, la multiplication des sites de réservation, la montée en puissance de l'ubérisation et l'émergence de la génération Y accentuent ce phénomène, qui complexifie la gestion des déplacements par les travel managers et rend plus incertaine l'optimisation des dépenses. Est-ce à dire que l'open booking va rebattre les cartes? Loin d'être récente, cette pratique, qui connaît un regain de vitalité grâce au digital, permet aux voyageurs d'affaires de bénéficier des tarifs négociés avec les fournisseurs, en effectuant leurs réservations directement sur le site du prestataire.

De fait, l'open booking fait naître de nouveaux comportements. Dans l'édition 2015 de son Livre Blanc "Les voyageurs d'affaires", l'Association française des travel managers (AFTM) en dresse ­d'ailleurs l'inventaire. Il y est notamment question de "blurring" (profiter d'un déplacement professionnel pour se cultiver et visiter des sites), de "bleisure", ­(prolonger à titre privé un séjour qui s'achève un ­vendredi) et de "Bring Your Own Device" (utilisation de ses propres devices dans le cadre de l'entreprise). Ce vent de liberté, s'il est apprécié, ne doit pas faire oublier que 65% des salariés sont pleinement satisfaits de la politique voyage proposée par leur employeur et que 91% considèrent la mobilité comme une réelle opportunité(1).

(1) Enquête marché "Le voyageur d'affaires", AFTM, mai 2015.

GDS: la Lufthansa fait l'unanimité... contre elle

L'annonce du groupe Lufthansa (Austrian Airlines, Brussels Airlines, Eurowings, Germanwings, Lufthansa, Swiss notamment) de surtaxer de 16 euros les réservations effectuées via un GDS - ces systèmes de réservation informatique servant d'intermédiaires entre acheteurs et fournisseurs - a provoqué l'ire des professionnels européens du secteur. En France, le Syndicat national des agents de voyages a fait savoir son désaccord.

Quatre réseaux volontaires (Cediv, Manor, Selectour Afat et Tourcom) ont dénoncé solidairement l'attitude de Lufthansa et demandé à leurs membres de privilégier les offres alternatives à celles des compagnies du groupe allemand.

GTBA a également fait connaître son opposition. Sidérée par la stratégie de la compagnie aérienne d'écarter les GDS du marché, l'AFTM a d'ailleurs lancé une concertation auprès de ses adhérents. Résultat: près de la moitié des travel managers (49 %) s'interrogent sur la poursuite de leurs relations avec Lufthansa.

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