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L'hôtellerie et l'aérien d'affaires, à la croisée des chemins

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Bousculés par les nouvelles attentes des voyageurs d'affaires et challengés par les nouveaux entrants issus, entre autres, de l'économie collaborative, les acteurs de l'hôtellerie et de l'aérien d'affaires ont revu leurs modèles économiques pour s'adapter à la nouvelle donne.

A l'occasion de la journée dédiée au Travel Management organisée par Décision Achats, le 31 mais dernier, une table ronde a permis de pointer les grandes tendances qui impactent déjà et impacteront demain ces deux secteurs.

Si les fournisseurs de solutions hôtelières et aériennes innovent à la fois dans leurs offres et dans la relation (plus directe et sur le long terme) avec leurs clients, qu'attendre concrètement de ces nouvelles offres ? Comment parviennent-elles à s'imposer dans des politiques voyages encore un peu figées ? Comment répondent-elles aux attentes des entreprises ?

Michel Dieleman (AFTM), Stéphane Bartaire (Adagio) et Jean-Charles Périno (La Compagnie), ont débattu et échangé avec la salle.

Michel Dieleman, vous êtes président de l'AFTM. Quel regard portez vous sur l'évolution de ces deux secteurs ?

"Les nouveaux entrants de l'économie collaborative bouleversent la donne historique du secteur car favorisent le "bleisure" (contraction de business et leisure). Si les vertus économiques de leurs offres sont intéressantes pour les entreprises, reste maintenant à intégrer ces nouveaux acteurs dans les politiques voyages et les outils de gestion. Et ce n'est pas simple. Il convient aussi de prendre en compte les problèmes juridiques qui peuvent en découler si la maîtrise de l'activité n'est pas assurée, notamment en matière de responsabilité de l'entreprise".

La salle a d'ailleurs réagit car trois directeurs achats ont déclaré avoir tout simplement interdit le recours à Airbnb en interne pour les problèmes juridiques qui y sont associés.

Michel Dieleman poursuit que "cette tendance au "bleisure" élargit la fonction des travel managers car elle intègre d'autres activités ou paramètres comme la flotte auto, les alternatives aux voyages (audio et visioconférence, téléprésence), la maîtrise des datas ou encore l'analyse prédictive.

On observe par ailleurs une meilleure prise en compte des attentes du voyageur qui est, on l'oublie parfois, le 1er acteur du déplacement professionnel ! Les entreprises prennent conscience qu'augmenter le confort du déplacement revient à préserver la productivité des collaborateurs".

Stéphane Bartaire, directeur des ventes du groupe d'appart/hôtels Adagio. A quels besoins répondez-vous ?

"Nous apportons une réponse aux besoins à la fois des travel managers/réservataires et des voyageurs : des coûts optimisés (dégressivité tarifaire à partir de la 4ème nuit), de la sécurité (réception 24/7, vidéosurveillance, coffre-fort ...), une facilité de réservation (interlocuteur unique, outils multicanal), flexibilité de contrat (CGV,CGA), ainsi qu'une bonne disponibilité (réseau de 100 aparthotels, 2 gammes).

Côté voyageurs, nous garantissons un bon niveau de confort (ménage, cuisine équipée, wifi offert, fitness, piscine, relation de proximité avec les équipes car longs séjours, Programme de fid etc), des services (à la carte, réception 24/7) et une bonne autonomie (emplacements centre-ville ou quartiers d'affaires)."

Jean-François Perino, co-fondateur de la Compagnie, vol 100% classe Affaires. En tant que nouvel entrant, comment vous positionnez-vous ?

"Nous proposons des vols 100% classe Affaires entre Paris et New-York et entre New-York et Londres à des prix très compétitifs. Pour y parvenir, le data mining est au coeur de notre business. Nous nous différencions également par les services "comme à la maison" car nous possédons deux appareils, bientôt trois, avec un vol quotidien, il arrive donc souvent que les voyageurs d'affaires se retrouvent avec les mêmes équipes à bord qui les reconnaissent et se souviennent de leurs habitudes. Côté modes de réservations, ils sont de plus en plus hybrides : 60% des vols sont effectués en ligne contre 40% par les TMC".