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Le groupe Lufthansa maintiendra-t-il sa surtaxe de 16 euros?

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Officiellement, c'est à partir de demain que le groupe allemand appliquera sa surtaxe de 16 euros sur les billets "achetés ailleurs que via ses sites web, ses centres de services et ses guichets de l'aéroport". La fin des SBT a t-elle sonné?

Le groupe Lufthansa maintiendra-t-il sa surtaxe de 16 euros?

C'est à partir de demain que la surtaxe annoncée par le groupe Lufthansa sur toute réservation faite à partir d'un GDS doit s'appliquer. Alors, l'appliquera ou l'appliquera pas? Pour l'heure, aucune information n'a filtré. "On se demande bien comment cela va se passer demain", indique Thibault Barat, délégué général de l'AFTM, qui ne parvient pas non plus à savoir ce qu'il advient de cette surtaxe. Pour Véra Strezyk, présidente de GBTA France, la messe est dite : "Je suis persuadée qu'elle va entrer en vigueur. Je n'ai aucune information qui puisse me faire penser que le groupe allemand va revenir sur sa décision", regrette-t-elle.

Rappelons que le groupe Lufthansa (Austrian Airlines, Brussels Airlines, Eurowings, Germanwings, Lufthansa, Swiss notamment), a décidé "d'ajouter un supplément aux billets achetés ailleurs que via ses sites web, ses centres de services et ses guichets de l'aéroport", de 16 euros dès le 1er septembre 2015. Mais au vu de la levée de bouclier qu'a suscité son annonce, le groupe allemand va-t-il maintenir sa position? Et quelles seront les possibilités de négociations, sachant que Concur a déjà signé un accord avec le groupe allemand pour être exonéré de cette taxe. Difficile de maintenir un deux poids/deux mesures...

Un "impact négatif" sur les programme travel

Si elle devait s'appliquer, cette mesure engendrerait fort probablement des coûts supplémentaires pour les agences - les professionnels auront toutefois le choix de travailler gratuitement via le site qui leur est dédié : www.LHGroup-agent.com - et les éditeurs qui les répercuteront tout aussi probablement sur le voyageur et son entreprise. Les associations de voyageurs d'affaires comme l'AFTM ou le GBTA sont montées au créneau sur le sujet appelant la compagnie aérienne allemande "à reconsidérer son échéance". Ces dernières estiment notamment que "cette stratégie planifiée aura un impact négatif sur les programmes de voyages d'affaires avec une augmentation directe des prix pour les programmes de voyage d'affaires sans aucun avantage correspondant".

Cette mesure risquerait aussi d'entraîner la diminution de la transparence des prix si cette une taxe dite DCC (Distribution Cost Charge) est appliqué non seulement par Lufthansa, mais aussi par d'autres compagnies aériennes dans l'industrie.

L'AFTM balaie la possibilité, pour ses adhérents, de recourir au site dédié aux professionnels : "Les PME pourront peut être passer par là, mais en l'état actuel des choses, les grands comptes ne pourront se passer des SBT", commente Thibault Barat.

Et qu'en est-il des SBT ?

Cette annonce de surtaxer les réservations GDS pourrait bien révolutionner le business travel, et notamment l'usage des SBT qui s'appuient justement sur ce mode de distribution. Alors, le glas sonne t-il pour le SBT? "Loin de là", répond Etienne Penaud, fondateur du cabinet Atlans, "mais si d'autres compagnies suivent un tel mouvement, ce qui est probable, on peut s'attendre à un véritable bouleversement du marché du voyage d'affaires remettant en cause le modèle traditionnel des SBT sommés d'évoluer, notamment en terme de paramétrage pour favoriser une connexion directe avec les compagnies aériennes". L'expert voit, dans ce mouvement une confirmation de "l'orientation croissante du marché vers une plus grande désintermédiation, avec un lien plus direct entre le réservataire et le prestataire final propre à laisser le champ libre aux réservations en open booking".

Une chose est certaine, le projet du groupe ne verra pas le jour en Chine, en Nouvelle-Zélande, en Iran, en Libye et au Yémen a rapporté le magazine américain Travel Weekly. Le Brésil a obtenu un report de la facturation. La Chine a, pour sa part, indiqué que "Le choix de la compagnie allemande n'est pas légal en raison de l'équité tarifaire exigée dans le pays". Cette taxe serait aussi impossible à Hongkong, en Iran, en Lybie, au Yémen et en Nouvelle-Zélande, selon le recensement du magazine américain Travel Weekly.

Pourquoi cette surtaxe?

Au sein du groupe Lufthansa (Austrian Airlines, Brussels Airlines, Eurowings, Germanwings, Lufthansa, Swiss notamment), où l'on veut réaliser des millions d'euros d'économies sur les coûts de distribution, on a calculé qu'une réservation via les GDS coûte à la compagnie 18 euros tandis qu'on line, le coût ne s'élève qu'à 2 euros. Le groupe allemand a donc décidé que cet argent serait mieux dans sa poche. Il a décidé "d'ajouter un supplément aux billets achetés ailleurs que via ses sites web, ses centres de services et ses guichets de l'aéroport", de 16 euros dès le 1er septembre 2015. Soit demain...