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Travailler en mode TCO

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Optimiser le coût de sa flotte implique d'identifier de manière exhaustive les postes qui composent le TCO. Or, les entreprises maîtrisent rarement l'intégralité de ce spectre de dépenses. Leur analyse est pourtant un préalable indispensable pour débusquer dérives et coûts cachés.

Travailler en mode TCO

Faut-il encore parler de TCO? Pour les loueurs longue durée, qui ont popularisé cette notion, le "coût de détention" d'un véhicule était à l'origine destinée à apporter à leurs clients une visibilité sur d'autres coûts que la simple acquisition d'un véhicule. En revanche, la notion de TCO s'est étoffée au fil du temps pour intégrer un spectre plus large, celui du "TCO mobilité". L'Observatoire du véhicule d'entreprise (OVE), qui le mesure chaque année, le décompose en trois parties: un TCO véhicule, qui représente 75% de ce TCO mobilité, auquel s'ajoute un TCO conducteur (20% du total) lié à l'usage qui est fait de chaque véhicule, ainsi qu'un TCO flotte incluant l'ensemble des coûts administratifs et de gestion (5% des coûts d'usage).

"Le TCO conducteur peut majorer le TCO véhicule de 40%", alertait Bernard Fournioux, le président de l'OVE, à l'occasion de la présentation du TCO Scope 2016. La maîtrise des coûts d'achats ne suffit pas à contrôler le TCO puisqu'un usage inapproprié des véhicules est susceptible d'entraîner une dérive des dépenses d'assurance et de réparation, de carburant, de pneumatiques ou encore une multiplication des dépenses liées au paiement des amendes (chaque PV nécessitant entre 15 et 30 minutes de traitement par un collaborateur ou une dépense de l'ordre de 5 à 10 euros si la tâche est externalisée).

Autrement dit, à l'exception des frais financiers et de la fiscalité, "presque tous les coûts sont influencés par la façon de conduire", ainsi que le souligne le TCO Scope.

Améliorer les trois TCO

Des efforts de formation tels que l'organisation de sessions d'écoconduite peuvent avoir un double impact sur ce TCO conducteur: économiser de l'ordre de 15% sur la consommation de carburant tout en réduisant le nombre de sinistres voire d'amendes en raison d'une conduite plus apaisée. Autre levier efficace: le choix d'une solution de télématique embarquée, permettant à la fois de limiter les distances parcourues et de suivre les comportements des conducteurs.

Enfin, l'édition d'une "charte du conducteur" (susceptible d'être intégrée dans le règlement intérieur de l'entreprise) ou d'un "livret du conducteur" que chaque collaborateur devra signer, fixe des principes à respecter, incluant l'observance du code de la route et, au-delà, des mesures d'amélioration du comportement au volant: s'arrêter dans un endroit sûr pour passer ses appels téléphoniques, stationner son véhicule en marche arrière (pour jouir d'une meilleure visibilité au moment de quitter sa place de parking), etc.

Quant au TCO flotte, il peut s'optimiser en faisant appel à une prestation de fleet management. Ainsi, le gestionnaire de parc s'affranchit de la gestion opérationnelle et quotidienne de son parc pour mieux se concentrer sur ses enjeux stratégiques. Cette délégation de la gestion courante à un fleeter, qu'il soit un cabinet indépendant ou un loueur longue durée, a un double impact: d'une part, rechercher une maîtrise des dépenses courantes, d'autre part, réduire le temps passé à ces tâches en interne donc les moyens humains or, dans une approche complète du TCO, le nombre de collaborateurs affectés à la gestion de flotte est une composante à part entière, bien que souvent négligée, du calcul des coûts.

Cependant, les progrès les plus spectaculaires sont à rechercher du côté du TCO véhicule en maîtrisant le choix des modèles en fonction de leur prix d'acquisition mais surtout de leur dépréciation.

Adapter sa car policy

La car policy constitue le premier outil de maîtrise de ce TCO véhicule dans la mesure où elle permet de proposer aux collaborateurs les modèles les plus efficients en termes de coûts d'exploitation et de consommation. Il convient également de prendre en considération le prix d'acquisition du véhicule, certains modèles profitant de remises constructeurs beaucoup plus fortes que d'autres (parfois de 20 à 30% du prix catalogue).

"Il est judicieux de demander à son loueur de coter trois ou quatre types de voitures", préconise Olivier Rigoni, dirigeant du cabinet Cogécar. Un autre levier consiste à toujours raisonner à partir des usages des collaborateurs pour adapter sa car policy, notamment en termes de choix des énergies. Au-delà de 15000 kilomètres parcourus annuellement, le choix d'une motorisation diesel autorise les meilleurs prix de revient kilométriques. En revanche, en deçà de ce seuil, le TCO Scoped 2016 démontre que l'essence devient plus économique. Cependant, tel n'est plus le cas pour les motorisations hybrides essence dont les bonnes performances en termes de sobriété sont pénalisées par la quasi disparition du bonus à l'achat.

Par ailleurs, la car policy doit permettre de piloter le parc en fonction des évolutions du marché automobile et de la valeur résiduelle (VR) des véhicules. Il paraît peu judicieux de continuer à référencer un véhicule boudé par les acheteurs sur le marché de l'occasion ou dont la réputation est entachée par une fiabilité douteuse. Comme l'explique Olivier Rigoni, "il convient de se montrer opportuniste en rédigeant une car policy ouverte permettant de retirer des voitures qui vont se dépositionner". La VR reste en effet la principale composante du loyer, bien au-delà des frais financiers. "Une hausse des taux de 1% se traduit par une dépense supplémentaire de l'ordre de 8 à 10€ par mois alors que l'enjeu d'une variation sur la VR est de l'ordre de 8000 à 16000 euros par véhicule", rappelle-t-il.

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