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Assurance flottes: 5 leviers pour optimiser son budget

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Obligatoire, l'assurance d'une flotte automobile constitue une dépense qui peut être réduite moyennant une analyse de son risque et l'adaptation de son contrat. Cinq étapes permettent d'y parvenir.

Assurance flottes: 5 leviers pour optimiser son budget

Ni la fiscalité ni le prix des carburants ne devraient diminuer dans les mois à venir. Dans ce contexte, le poste "assurance", qui représente 9,8% du coût de détention d'un véhicule, d'après la dernière édition du TCO Scope de l'Observatoire du véhicule d'entreprise (OVE), constitue un gisement d'économies d'autant plus prometteur que la flotte est importante.

1. Passer en auto-assurance

Plutôt que de faire appel à un assureur, l'entreprise peut couvrir elle-même son risque d'accident de la circulation. Cette possibilité s'applique à la couverture des dommages. En revanche, la souscription d'un contrat d'assurance reste obligatoire pour couvrir la responsabilité civile (RC). Avec cette formule, l'entreprise gagne sur deux tableaux: d'une part, elle ne rémunère plus la compagnie d'assurances (entre 25 et 30% de la prime étant constitué de ses "frais de chargement"). D'autre part, elle échappe à une ponction fiscale puisque la prime d'assurance dommages pour une voiture particulière est frappée de 18% de taxes non récupérables.

L'impact financier devient significatif au-delà d'un millier de véhicules assurés mais cette stratégie n'est pas pertinente dans tous les cas puisqu'elle nécessite de la trésorerie. "Avant tout transfert de garantie, nous commençons par évaluer la capacité d'auto-financement de l'entreprise", explique Benoît de Fontenay, associé au sein du cabinet de conseil Euklead. Au-delà des chiffres, le recours à l'auto-assurance est une question de culture interne: l'entreprise est-elle disposée à dégager une part de ses moyens disponibles pour couvrir ses sinistres automobiles? Il est possible de tester l'auto-assurance sur une petite partie de sa flotte (sur un site, par exemple) grâce un service d'assurance en ligne baptisé Easyfleet. Conçu par le courtier Satec, il se destine aux flottes de 20 véhicules maximum pour lesquelles le client peut choisir de ne souscrire que la couverture RC.

2. Faire le tri dans les garanties

L'entreprise peut également recourir à une forme d'auto-assurance partielle en souscrivant un contrat d'assurance dommages au périmètre réduit par l'exclusion de certaines prestations. Ainsi, il ne sera pas nécessaire d'inclure dans le contrat le bris de glace ou le vol d'accessoires. "Le bris de glace n'est pas un aléa avec une forte intensité puisque la réparation coûte entre 400 et 600 euros en moyenne, indique Florent Lebigot, directeur des services clients entreprises de Satec. En auto-assurance, en bénéficiant des tarifs que nous négocions avec un réseau de garages, le client peut économiser 20 à 40% sur ce poste dès la première année."

En revanche, souscrire une garantie incendie paraît pertinent: bien qu'il survienne rarement, cet événement peut avoir des répercussions considérables. Si une voiture prend feu dans le parking de l'entreprise, par exemple, les flammes peuvent se propager aux véhicules voisins faisant grimper la facture dans des proportions exponentielles. "L'entreprise doit raisonner en termes de gravité, en envisageant les conséquences d'un accident, plutôt qu'en fréquence", préconise Benoît de Fontenay.

Par ailleurs, certaines garanties complémentaires ont leur utilité telles que la couverture du conducteur (qui ne sera pas protégé par la RC si l'accident n'est pas de la faute d'un tiers). Quant à la garantie "force de la nature" (distincte de la couverture "catastrophes naturelles" ), elle permet, sans arrêté ministériel, d'indemniser les dommages résultant des caprices de la météo, par exemple des dizaines de voitures à débosseler et de pare-brise à remplacer après qu'un site a été frappé par la grêle. Enfin, dans le cadre d'un contrat de location longue durée, la garantie "perte financière" évitera que le loueur continue à réclamer à l'entreprise les loyers correspondant à des véhicules détruits dans un accident.

Pas de diminution attendue du niveau des primes

À moins de prendre des mesures concernant la structure de son contrat flotte et la maîtrise du risque routier, les entreprises disposent de faibles marges de négociation sur ce marché. Les assureurs font en effet grise mine car la rentabilité des contrats s'érode fortement depuis quelques années. En cause, une courbe des accidents de la route qui ne diminue plus depuis trois ans avec pas moins de 3400 décès et 56000 accidents corporels annuels.

En outre, les tribunaux contraignent à indemniser plus généreusement les victimes. Quant à la facture des sinistres matériels, elle a augmenté de 2,6% en 2015, selon Sécurité et réparation automobiles (SRA), l'organisme qui fournit les données de référence aux assureurs. Enfin, après une guerre des tarifs, qui a éreinté ce marché de 2 milliards d'euros (soit 10% de l'assurance automobile en France), les compagnies ne se battent plus aussi férocement pour assurer des flottes. Mieux vaut donc travailler dans la durée avec son courtier dans le cadre du contrat souscrit, plutôt que de miser sur une remise en concurrence à intervalles serrés.

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