Mon compte Devenir membre Newsletters

Sourcing de prestations SI: yes you can!

Publié le par

"Avant de commencer à forer, il faut regarder l'état du terrain". Le point sur la stratégie de sourcing des fournisseurs à adopter en matière d'achats de prestations SI, avec le cabinet de conseil en organisation et management Sia Partners, rencontré au Club Achats de l'IAE Paris Alumni.

Sourcing de prestations SI: yes you can!

Pourquoi une bonne stratégie de sourcing est-elle fondamentale en matière d'achats SI ? Les directions des systèmes d'information doivent aussi composer avec moins de budget pour répondre aux demandes multiples des clients. A cause du silotage dont elles font l'objet, elles ne sont pas armées pour répondre à ces questions : chaque ligne métier a son vocabulaire, ses décisions propres... et du point de vue achats, cette réalité ne permet pas de peser vis-à-vis du marché. Les arbitrages Make or Buy et les modèles de sourcing ne sont pas alignés entre eux, ni avec les enjeux de l'activité en question. "Il faut tout remettre à plat pour faire des choix marquants et structurants, afin d'élaborer une véritable stratégie de sourcing", annonce Isabelle Catry-Martin, directrice du pôle procurement and sourcing advisory chez Sia Partners.

D'abord, il est conseillé d'harmoniser le vocabulaire et de faire le "plan du terrain". Cela signifie identifier les différents types de prestataires : internes, externes, externes forfaitisés dans les murs et externes forfaitisés hors les murs de l'entreprise. Sia Partners a examiné la situation dans une grande entreprise du secteur public, dont le schéma a révélé qu'il n'y avait pas de choix stratégique marqué. Même si une logique de forfaitisation de l'intégration applicative en ressort, une grande part des métiers IT est encore réalisée en interne. Et pour cause, la stratégie de sourcing doit s'accomplir en fonction de l'organisation historique de l'entreprise.

En remappant cette information sur deux axes (activité par importance stratégique), Sia Partners en a conclu que plus le métier était stratégique, plus il était traité en interne. "On s'est rendu compte, dans le cas de cette entreprise du secteur public, qu'une forte proportion d'internes devraient passer en externe et inversement pour une meilleure rentabilité au niveau de l'architecture des sites" explique Olivier Crouzet, directeur de programme du pôle CIO advisory chez Sia Partners. Le besoin d'expertise extérieure pour l'architecture est certes fort pour les acheteurs, qui ne peuvent souvent pas la faire réaliser en interne. Mais le risque en l'externalisant, c'est de ne pas capitaliser en interne sur ce qui est l'avenir même de la société.

Trois grands modes de sourcing

Ces activités à réaliser en externe ne peuvent pas toutes être achetées de la même manière. Les modes d'achats peuvent être classés sur deux axes : l'importance stratégique par le potentiel d'industrialisation qui prend en compte les prix du marché, et la compétitivité de ses propres équipes par rapport au marché. Trois grands modes en ressortent :

- la staff augmentation ou régie qui permet d'acheter des moyens en cas de besoin ponctuel de ressources pour augmenter sa propre capacité à faire (assistance technique globalisée ou unitaire) ;

- l'agile sourcing qui se sert d'écosystèmes ouverts pour avoir accès à l'ensemble du marché, comme des plateformes de freelance pour trouver dans un temps court la ressource de niches que l'acheteur n'a pas dans son panel. Ce process permet à des sociétés de petite taille d'intégrer des panels alors qu'elles n'ont pas l'ensemble des caractéristiques pour les intégrer normalement. "C'est compliqué à réaliser dans un modèle public, avec le risque de confier une prestation à une entité que l'acheteur ne connaît pas et qui n'est pas capable d'entrer dans son process achats, reconnaît Olivier Crouzet. Mais c'est incontournable ! C'est le modèle du Vendor Management System, un outil qui simplifie le processus et permet de piloter des ressources agiles et toutes les prestations en moyens ou résultats" ;

- Enfin, l'outsourcing, pour un forfait simple ou un centre de services, permet de facturer à l'unité d'oeuvre ou à la tâche et de générer des gains de productivité.

"Il faut externaliser ce que le marché sait mieux faire, soit plus vite, moins cher et/ou de meilleure qualité", résume Isabelle Catry-Martin. Un bon moyen de se focaliser sur les projets stratégiques et de mieux gérer les besoins d'expertise ponctuels sur les autres projets.

Lire la suite en page 2: La valeur ajoutée métier