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[Gestion des risques] Le risk manager, un allié précieux de la direction achats

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Grâce à sa capacité à identifier, prévenir et financer les risques, le risk manager est aussi un allié de la direction achats. Son rôle est celui d'un garde-fou face aux multiples risques fournisseurs.

[Gestion des risques] Le risk manager, un allié précieux de la direction achats

Apparue en France il y a une vingtaine d'années, la fonction de risk manager a aujourd'hui largement pris ses quartiers chez les grands comptes et tend même à se démocratiser dans les ETI voire les PME. Une tendance de fond qu'explique Marc Bartel, associé au sein du cabinet de conseil en recrutement Heidrick & Struggles : "Le risque est monté dans la liste des priorités des entreprises. Certaines commencent même à le considérer comme un outil offensif et un avantage concurrentiel." Le gestionnaire de risques travaille en étroite collaboration avec la direction générale, la direction financière et la DSI. Mais il a également son rôle à jouer auprès de la direction des achats. Et pour cause, le contexte économique difficile a renforcé significativement le risque de défaillance des fournisseurs. Celui-ci se classe même en cinquième position des risques pris en charge par le risk manager, dans le dernier baromètre en date de l'Association pour le management des risques et des assurances de l'entreprise (AMRAE). En effet, 67% des gestionnaires de risques interrogés citent le risque fournisseurs comme faisant partie de l'univers des risques qu'ils sont amenés à gérer au quotidien, derrière les risques opérationnels, de fraude, environnementaux et de sécurité. Pour autant, la bonne entente entre le risk manager et la direction achats ne va pas toujours de soi. "Cette relation dépend beaucoup de la culture de l'entreprise, observe François Malan, vice-président de l'AMRAE. On se rend compte que parfois ces deux fonctions éprouvent des difficultés à travailler ensemble et qu'il peut y avoir des tensions. La raison, c'est que la direction achats est très orientée sur les prix et le moins disant. Or, le risk manager a besoin de définir un cahier des charges qui ne soit pas seulement basé sur le coût mais qui prenne aussi bien en compte l'ensemble des risques liés à la transaction."

Main dans la main

Grâce à sa méthodologie et sa capacité à cartographier précisément les risques encourus, le risk manager apporte une plus-value certaine à l'acheteur. Son rôle est précisément celui d'un garde-fou face aux multiples risques fournisseurs (choix de prestataires pérennes, compétence, qualité des produits, non-défaillance, etc.) ainsi que l'émergence de risques nouveaux (risque de réputation, cybercriminalité...). "Dans un contexte économique peu florissant, la tendance est de vouloir réduire les coûts à tous les niveaux, mais cela ne doit pas se faire au détriment de la prise en compte du risque", estime Stéphane Romano, codirigeant du cabinet de recrutement Cala Partners. L'équipe en charge de la gestion des risques et la direction achats doivent travailler main dans la main." "Le rôle du risk manager est de s'assurer que les fournisseurs respectent bien les règles d'éthique, renchérit Marc Bartel. Il doit alerter la direction achats sur ces sujets et veiller à ce qu'il y ait bien, dans les contrats, des clauses qui empêchent par exemple les fournisseurs à recourir au travail des enfants. Il doit s'assurer de qui est le vrai producteur, d'où viennent les produits et que la réglementation est bien respectée." Autant de préoccupations qui ont un prix, mais "mieux vaut payer un peu plus cher et que le risque soit proche de zéro"

Lire la suite en page 2: Les missions du risk manager