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DossierSauter dans le grand bain du public

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2 - Une cadre encore rigide...

Temporalité plus longue, environnement et cadre juridique différents... Le secteur public ne manque pas d'arguments pour séduire les acheteurs du privé.

Si les acheteurs privés et publics poursuivent le même objectif, à savoir l'optimisation de leurs politiques d'achats et la réduction des coûts, l'environnement et le cadre juridique dans lesquels ils évoluent diffèrent. Recrutée en 2006 par Christophe Aurand, directeur général adjoint de la Ville de Sens (Yonne), Chantal Lefranc venait de l'industrie, plus précisément d'une société spécialisée dans la fabrication de parasols et parapluies. Après 20 années passées en tant que responsable des achats et des approvisionnements, elle a subi la liquidation puis la fermeture de sa société, et a alors décidé de suivre une formation d'acheteur international à la CCI de Dijon.

C'est à ce moment-là qu'elle a appris que son profil intéressait fortement le secteur public. " Depuis un certain nombre d'années, dans mon emploi dans le privé, j'avais instauré des règles de mise en concurrence et des procédures qui s'apparentaient à ce que je fais aujourd'hui dans le cadre de la fonction publique et du code des marchés, explique-t-elle, avant de poursuivre : la différence essentielle est que les rapports sont beaucoup plus directs dans le privé. Dans le public, il faut passer par des procédures écrites pour les projets qui excèdent 15 000 euros HT. Dans le privé, vous pouvez déjà sélectionner en amont les personnes avec qui vous souhaitez travailler, tandis que dans le public, il faut publier un avis de publicité. Il y a plus de souplesse dans le privé que dans le public. "

Autre différence : la notion de temps. Le secteur public doit prendre en compte des délais incontournables, généralement plus longs que dans le privé, même si cette différence a tendance à diminuer, selon la responsable achats de la Ville de Sens. " Certes, les délais sont plus longs dans le public, mais un bon acheteur dans le privé va maintenant écrire un cahier des charges, donner des contraintes, etc. On n'achète plus à la petite semaine. Un acheteur privé qui travaille dans une grosse société doit respecter également certaines procédures. "

Salaires : l'écart entre le public et le privé se réduit

L'étude publiée en novembre 2013 par l'Insee a eu le mérite de remettre les pendules à l'heure côté rémunérations pratiquées dans les secteurs privé et public. Ainsi, si les salaires augmentent moins rapidement dans le public, le revenu salarial moyen reste supérieur à celui du privé. En 2011, il atteignait 19 530 euros annuels pour les personnes travaillant principalement dans le secteur privé et les entreprises publiques, contre 21 970 euros dans les trois versants de la fonction publique. L'écart de revenu de 12 % entre public et privé vient principalement d'une plus grande stabilité des emplois (la durée d'emploi sur l'année dans la fonction publique est en effet supérieure de 10 % à celle du privé) et, dans une moindre mesure, d'un salaire horaire plus élevé (+ 2 %).


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