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"Notre marché de gaz est solidaire territorialement", Jean-Charles Manrique (Approlys)

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La centrale d'achat territoriale Approlys vient de lancer un important marché de gaz avec un maillage dense. Avec l'ambition affichée de desservir la plus grande partie du territoire. Explications de Jean-Charles Manrique, directeur de la centrale.

Jean-Charles Manrique, directeur de la centrale d'achat Approlys

Jean-Charles Manrique, directeur de la centrale d'achat Approlys

Décision Achats : Approlys vient de lancer un important marché de gaz. Comment avez-vous procédé?

Jean-Charles Manrique, directeur de la centrale d'achat : Nous avons fait le choix d'une moindre optimalité par souci d'égalité et de solidarité territoriale en allant jusqu'à desservir les plus petits points de distribution. Ainsi, sur ce marché, nous avons une commune de 131 habitants qui sera desservie et nos plus petits points de distribution vont jusqu'à concerner des appartements de fonction. Au total, ce marché de gaz divisé en 3 lots concerne les bâtiments des trois départements, mais également 44 collèges du Loiret. Au total, il s'applique à 140 points de livraison. Il se base sur une consommation d'une capacité de 45 Gwh. Une assistance à maîtrise d'ouvrage a été effectuée pour établir un contrat de performance énergétique.

Sur cinq candidats, Approlys n'en a retenu que deux. Soit Total et un opérateur espagnol Endesa. Nous avons fait attention par exemple que le fournisseur retenu ne se ravitaille pas en Ukraine étant donné le contexte politique. [Ndlr : Effectivement, le producteur de gaz russe Gazprom répond encore à ce type de marché]. Enfin, Approlys a menée une réflexion sur les énergies alternatives mais sans succès.

Sur ce marché complexe, car nouveau et jugé très technique , les prix obtenus génèrent une économie d'environ 15 % à 20 % sur les coûts globaux du MWh pour chaque département. Dans le détail, nous misons sur près de 300 000 euros d'économies pour l'ensemble des 3 départements si on se base sur les références de consommation de l'hiver 2013. Un hiver jugé peu rigoureux.

Ce type de marché est très technique avec une structure de prix volatil. La décomposition du prix est complexe car elle doit intégrer la voltailité du prix et la problématique de distribution (points de stockage, etc). Le prix est ainsi calculé au jour le jour.

Ce marché a une durée d'un an. Il sera remis en cause dès 2015 lors de la " 2ème version d'Approlys ". Le marché concernera alors non seulement la fourniture de gaz mais également celle d'électricité.

D. A : Après moins d'un an d'existence, quel bilan dressez-vous de la centrale d'achat?

J-C. Manrique : Nous nous considérons comme une entreprise pour un achat public performant ". Sur le budget prévisionnel de la 1ère année, nous avons déjà dégagé près de 25 % d'économies. Soit près de 600 000 euros d'économies sur les frais d'administration.

Outre le marché de gaz, Approlys a d'ores et déjà lancé deux autres marchés pour les départements du Loiret, d'Eure-et-Loir et de Loir-et-Cher. Ils concernent la fourniture des sels de déneigement, ou encore des équipements, la maintenance et l'hébergement en système de visioconférence.

A titre d'exemple, la centrale achètera près de 5000 tonnes par an de sel pour déneiger les routes. A titre d'exemple, aujourd'hui, une commune achète près de 100 euros la tonne de sel. Tandis qu'un département peut être fourni pour 36 euros la tonne. Imaginez l'échelle d'économies en mutualisant les marchés. De même, le marché informatique représente " plusieurs dizaines de milliers d'euros de gains. Il s'intègre dans le projet baptisé RIV (réseau interdépartemental de visioconférence).