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"L'hydrogène est une technologie prometteuse et maîtrisée, mais il faut des points de recharge"

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Les véhicules à piles à combustible, alimentés à l'hydrogène, arrivent sur le marché européen. Alors que l'Observatoire du véhicule d'entreprise vient d'y consacrer son dernier Cahier*, son président, Bernard Fourniou, revient sur les perspectives de cette technologie pour les flottes d'entreprises.

'L'hydrogène est une technologie prometteuse et maîtrisée, mais il faut des points de recharge'

Vous parlez de carburant du futur avec un point d'interrogation. Le marché est-il prêt ?

Il semble que cette technologie soit au point. La question de la sécurité, soulevée après que des véhicules aient pris feu quelques années auparavant, est désormais maîtrisée. Quant à l'autonomie, elle devient intéressante. Deux véhicules sont aujourd'hui disponibles en France, le ix35 de Hyundai et la Kangoo Symbio Fcell. Sur cet utilitaire, actuellement testé par La Poste,l'autonomie annoncée est de 320 kilomètres à comparer aux 200 kilomètres d'autonomie de la dernière génération de Renault Zoe par exemple.Enfin, le véhicule à hydrogène paraît prometteur car il ne rejette que de la vapeur d'eau ce qui répond aux préoccupations actuelles. Il pourrait être une formule complémentaire d'autres solutions de mobilité.

Peut-on envisager son intégration dans les flottes d'entreprises ?

Dans l'immédiat, cela paraît difficile en raison du faible nombre de stations : six sont actuellement opérationnelles en France et deux nouvelles sont annoncées très prochainement en région parisienne. Une entreprise peut envisager de s'équiper si elle se trouve à proximité de l'une d'elles. Sinon, le coût est énorme : les chiffres évoqués oscillent autour d'un million d'euros pour investir dans une station de recharge en hydrogène à 300 bars, voire 5 millions d'euros pour une station à 700 bars. Quelle entreprise acceptera d'investir autant pour un marché qui est encore expérimental ?

Existe-t-il d'autres solutions pour permettre à ces véhicules de se développer?

Il existe un projet de distribution de piles à combustible. Plutôt que d'investir dans une station de recharge, il suffirait de se rendre chez un distributeur pour remplacer sa réserve d'hydrogène par une pleine. Dans ce cas, le véhicule hydrogène pourrait être un complément à la voiture électrique grâce à une autonomie plus importante. Avec 400 à 700 kilomètres, elle permettrait de remplacer des véhicules basés dans les grandes villes, dont le rayon d'action serait compris entre 100 et 200 kilomètres.




*Le cahier de l'OVE: L'hydrogène, carburant du futur ?, 93 p., octobre 2015, 36 €.

Lire la suite en page 2 : L'État doit-il soutenir ce marché ? et Les constructeurs étoffent leurs offres

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