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Les marchés publics peuvent-ils sauver la filière viande?

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A quelques jours du Salon de l'agriculture, la Fédération nationale bovine (FNB) appelle ses adhérents à conquérir les marchés publics pour "sauver la filière viande". Cela passe notamment par une meilleure rédaction des appels d'offres. Explications de Pierre Poullain, directeur-adjoint de la FNB.

Les marchés publics peuvent-ils sauver la filière viande?

Quel est l'état de la filière viande aujourd'hui ?

Pierre Poullain, directeur-adjoint de la Fédération nationale bovine (FNB) : La filière viande connaît une situation paradoxale marquée par une stabilité générale de l'offre (+3% 2015/14) et de la demande interne qui reste stable. Les exportations sont en hausse (+3,4% en 2015/14). Cependant, les modalités de fonctionnement de la filière questionnent sa pérennité à court terme avec un écrasement du revenu des éleveurs (écart vente départ ferme/coût de production à -60 cts par kilo carcasse sur les animaux femelles), l'âge moyen des éleveurs et l'absence de perspectives ainsi que le coût élevé de l'installation. La filière fait l'objet d'une remise en cause structurelle. Des progrès importants sont à réaliser en restauration hors domicile où 70 % des 280 000 tonnes de viande bovine sont importées. Nous travaillons pour que la viande locale se retrouve dans les assiettes des consommateurs!

De quelle façon les adhérents doivent-ils conquérir ces marchés publics ?

La reconquête des marchés publics tient de notre capacité à convaincre les élus des collectivités territoriales et organismes publics concernés, de l'impact économique et territorial d'un approvisionnement national. Elle relève, dans un second temps de la faculté d'apporter, par l'exemple et le conseil, des réponses aux questionnements de nature réglementaire pouvant exister au niveau des services de gestion en charge de ces contrats. A ce jour, aucun obstacle de nature juridique, ne contrevient à l'approvisionnement en viande de France. Il s'agit donc d'une question de nature technique impliquant un changement de manière de faire. C'est une vraie réflexion de la part des syndicats et des chambres d'agriculture.

Y-a-t-il des points de blocage sur ces dits marchés ?

Les points de blocage sont liés à la difficulté de transformer la vision politique en une réalité technique au sein des services en charge de la gestion de ces appels d'offres. Dans la mesure du possible, nous travaillons à accompagner les services des rédacteurs en charge des dossiers d'appels d'offre sur des critères d'approvisionnement plus local.